Le régime cétogène fait beaucoup parler actuellement ! Pourquoi ? Car de récentes études montrent son effet bénéfique dans des pathologies comme le diabète ou l’épilepsie. Mais, car il y a toujours des mais en matière d’alimentation, ce régime fait polémique. Alors, pourquoi tant de haine envers ce régime ?

Le β-butyrate, un corps cétonique au cœur de la polémique

Le β-butyrate, petite molécule clé du régime cétogène, est produit lors de la production des corps cétoniques. Ceux-ci sont créés lorsqu’on adopte le régime cétogène (ou également le régime « low carb »). Pour rappel, le régime cétogène limite fortement la consommation de glucides (notamment les féculents), et favorise les protéines et les graisses. Or, les cellules du cerveau et du cœur demandent comme source d’énergie principalement des glucides. Donc comme l’alimentation en apporte peu dans le cadre de ce régime, ces cellules vont faire appel à d’autres substrats, issus de la dégradation des acides gras. Et ce fameux β-butyrate va être l’un des principaux substrats utilisés par ces cellules.

Ce β-butyrate ne diffère que très peu du butyrate produit par des bactéries coliques lors de la fermentation. Ce butyrate a des effets anti-inflammatoires et d’autres propriétés intéressantes (il agirait également dans le contrôle du poids). De fait, des chercheurs se sont penchés sur le β-butyrate pour voir si les effets sont similaires.
Et là, surprise, ce β-butyrate ne montre pas d’effet anti-inflammatoire. L’effet observé est même pro-inflammatoire. Les recherches effectuées ont également montré que le β-butyrate n’a pas les mêmes effets que le butyrate libéré par les bactéries au niveau des gènes.

Puiser dans les graisses grâce aux corps cétoniques : la base du régime cétogène

Des effets bénéfiques, mais…

Certes, le régime fonctionne : il fait maigrir ! Ça c’est la bonne nouvelle. Et outre l’effet sur le poids, ce régime est prometteur pour améliorer le quotidien des malades chroniques : diabète, maladie d’Alzheimer, épilepsie, AVC, sclérose en plaques…De plus, certaines études suggèrent que l’absence de sucre dans ce régime permettrait de ralentir la croissance de tumeur, car les cellules cancéreuses se nourrissent plus de sucres que d’acides gras. Que de bonnes nouvelles donc !

… Des carences

En revanche, l’ANSES souligne que ce régime ne suit pas les recommandations alimentaires et apporte donc des carences. C’est le cas par exemple du calcium : il est observé une diminution de la masse osseuse, avec une perte de 1 à 2 % de la densité minérale osseuse. Par ailleurs, peu d’études cliniques ont étudié l’effet de ce régime sur le statut vitaminique ou minéral. Donc prudence avec ce régime quant à vos apports en certaines vitamines et sels minéraux.
Du fait de l’apport excessif en protéines, un bilan rénal doit être effectué au cours de ce régime. Ce bilan est obligatoire pour toute personne présentant des risques d’insuffisance rénale, avant même d’initier ce régime.

Et des effets secondaires gênants

Et il faut également faire attention aux surplus de lipides apportés ! Car il est nécessaire de bien choisir les protéines et les graisses du régime cétogène, sous peine de voir son bilan sanguin qui explose en cholestérol ou autres marques de risques de maladies cardiaques.
Enfin ce régime est pauvre en fibres ! Et on le sait, les fibres, c’est bien pour le transit. C’est bien également pour notre microbiote intestinal. Donc ce régime induit des perturbations du transit, que ce soit vers de la constipation (manque de fibres) ou des diarrhées (excès de graisses).
Outre l’aspect nutritionnel, il y a cette fameuse céto-grippe, vous connaissez ? C’est la dure adaptation à ce régime. Et cette phase d’adaptation s’accompagne d’effets secondaires à ne pas négliger : vertige, fatigue, nausées, maux de tête

Alors attention, ce régime n’est pas anodin. Que ce soit à visée thérapeutique ou pour perdre du poids, ce régime ne s’effectue que sur quelques mois. Il est indispensable de vous faire suivre par un professionnel de santé. Et enfin, faites un bilan sanguin avant et après ce régime pour vérifier les modifications sur certains paramètres (cholestérol, marqueurs rénaux, glycémie, etc…).

Comprendre l’alimentation cétogène ou low carb, c’est l’adopter !

Sources

Inserm,
Anses,
L’express,
La nutrition,
Yuka.

Raphaelle Santarelli, diététicienne WeCook

2 réponses à “Le régime cétogène : bénéfique ou dangereux ?”

  1. Bonjour,
    Je ne suis pas en accord avec cet article.
    Ce type de régime a prouvé son efficacité concernant certain patients épileptique, effectivement une étude à été mené et montre de bon résultat.
    Mais est compétemment déconseillé dans toute autre pathologie, voir même dangereux. Notamment dans le diabète, car peut entrainé une acidocétose, qui une complication grave ; mais aussi dans toute pathologie cardiovasculaire, en lien avec la surconsommation de lipides. Concernant le cancer aucune étude n’a été satisfaisante, il y a différents types de cancer (sarcome, carcinome etc.) sauf si cela à été conseillé par un oncologue, ne faite pas se régime alimentaire.
    Je reviens une un terme qui me choque, on ne peut pas guérir une pathologie chronique, celle-ci peut être stable, mais disparaitre non.
    Et vous ne parlez, de l’impact du régime qui peut entrainer des troubles du comportement alimentaire, qui sont difficile à traiter par la suite.
    Bref effectivement, il y a une perte de poids, mais il y a beaucoup trop d’effet négatif sur le corps et la santé, car se type d’alimentation équivaut à un jeun.

  2. Cela fait un petit moment que j’entend parler de ce regime alimentaire, et avant meme de lire cet article je n’étais pas réellement convaincue. Je ne voyais pas comment éliminer ou presque éliminer une catégorie de nutriments pouvait nous être bénéfique… Il est vrai et reconnu que limiter sa consommation de sucre et éviter les sucres raffinés est une bonne choses et peut améliorer notre santé, mais éviter les glucides à tout prix me parait un peu extreme.
    De mon coté j’ai essayé de limiter ma consommation de sucre en suivant de près mes macros grace à une application (https://www.yazio.com) pour être sure de ne pas être en carence, et je pense que c’est largement suffisant si on ne souffre pas d’une maladie comme le diabète ou qu’on n’a pas de cholesterol.

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