Qui n’a pas déjà ressenti un vague frisson en songeant à la vieillesse face à un miroir ? Si ce sentiment ne vous est pas inconnu, vous êtes comme la majorité des Français qui ont peur de voir leur corps vieillir. Sommes-nous à l’aise avec notre corps et son évolution ? Enquête.

Ce corps vénéré

Nous avons beau rejeter le culte de l’image et du corps qui s’est emparé de la société occidentale, force est de constater que notre corps – ce corps social, offert à tous – est au cœur de nos préoccupations. Un sondage mené par Harris Interactive a interrogé un panel de 1 000 personnes, représentatif de la population française, sur le corps comme vitrine de soi. Le corps, notre nouvelle obsession ? Il semblerait, oui. D’ailleurs, n’a-t-on pas remplacé l’expression « bien dans ses baskets » par « bien dans son corps » ? Mais, sommes-nous à l’aise avec notre corps ? Pour 71 % des sondés, la réponse est affirmative, malgré des complexes dans 60 % des cas, surtout chez les plus jeunes (72 %) et les femmes (70 %).

Mais peut-on toujours se sentir « bien dans son corps » quand on constate, impuissant, que ce dernier vieillit ? Le vieillissement du corps constitue une préoccupation dominante chez les sondés, à l’image de la société et de Yann Moix. En effet, à la question « quel sont tous les mots, toutes les représentations qui vous viennent à l’esprit lorsque vous pensez à votre corps? », les sondés ont d’abord pensé à la santé, à la forme, puis au vieillissement. C’est dire l’inquiétude des Français à l’égard des années qui passent. Ils sont d’ailleurs 77 % à avoir peur de voir leur corps vieillir physiquement et de ne plus pouvoir effectuer toutes leurs activités actuelles. Et 62 % des interrogés sont angoissés à l’idée de voir leur corps changer, vieillir esthétiquement (prise ou perte de poids sans aucune maîtrise, perte des cheveux…), davantage encore chez les 18-24 ans qui partagent cette angoisse dans 75 % des cas.

Sommes-nous trop gros ? Enquête sur la perception de notre corps

Se plaire à soi, avant tout

Pour 91  % des personnes interrogées, il est important d’aimer son propre corps. Mais le regard qu’accordent les autres à notre enveloppe ? Ces autres, à qui on s’expose inconsciemment chaque jour ? Fait presque étonnant, les sondés sont “seulement” 59 % à souhaiter que leur corps plaise aux autres. Ce sont les hommes qui se révèlent davantage concernés par la perception de leur corps par l’autre. Il s’agit donc de se plaire à soi, avant tout.  Mais, quelles normes nous permettent d’émettre un avis sur notre propre corps ? Sommes-nous objectifs face à notre propre image ou, au contraire, gouvernés par les représentations véhiculées par la société ? Si on se limite aux statistiques dégagées par cette étude, 46 % des 18-24 ans sont influencés par les corps que l’on retrouve sans cesse dans les magazines ou la publicité, ces derniers étant érigés comme une source d’inspiration, à qui il faut ressembler, chez cette population. Force est donc de constater l’impact de l’apparence dans notre pensée.

En outre, ce corps, qui se doit ferme et athlétique, les Français le préfèrent habillé (à 82 %) que nu. Le vêtement permettrait-il de dissimuler quelques complexes, comme celui de la bedaine ? Pour 45 % des femmes sondées et 40 % des hommes, le ventre se révèle être la partie la moins appréciée. Si les femmes sont davantage complexées par leur ventre, elles n’apprécient guère leurs cuisses (23 %), leurs fesses (17 %) puis leur poitrine (16 %). A contrario, si les hommes exècrent avant tout leur ventre, viennent ensuite les cheveux (15 %), le nez (13 %), puis le torse (12 %). Et, si 76 % des personnes interrogées accordent du temps à l’apparence, on peut aisément avancer que ce culte du corps, de l’image, a encore de beaux jours à venir.

9 défis healthy pour être bien dans son corps

Source

– Enquête Harris Interactive, « Entre apparence(s) et identité(s) : le corps, une vitrine de soi ?« , octobre 2018.

Jonathan Epaillard