La gastro-entérite, ou grippe intestinale, est l’infection que nous souhaitons tous éviter quand l’hiver pointe le bout de son nez. Pourtant, chaque année, l’épidémie est la même. Comprenez tout ce qu’il y a à savoir sur la gastro-entérite : ses symptômes, les réflexes à adopter ou encore les traitements.

Définition de la gastro-entérite

La gastro-entérite et plus particulièrement la gastro-entérite virale aiguë (GEA) est une inflammation du système digestif qui peut entraîner des vomissements, des nausées, des diarrhées ainsi qu’une forte déshydratation, de la fièvre voire des maux de tête. Le temps d’incubation varie selon le vecteur pathogène de la maladie. Les symptômes apparaissent brutalement et disparaissent spontanément au bout de 24 à 48 heures dans la majorité des cas.

Épidémiologie

Cette infection saisonnière (hiver et printemps) est très contagieuse. Le réseau Sentinelles, organisme de la santé publique de vigilance sanitaire, recense en continu tous les signalements afin de prévenir et de mieux gérer les épisodes d’épidémies en France.

Selon l’institut de veille sanitaire InVS, le pic de consultations pour gastro-entérite se situe entre décembre et février. Le nombre de consultations par an en France varie de 700 000 à 3,7 millions. La durée des épidémies est estimée à 7,5 semaines en moyenne. 

C’est de saison :

Pourquoi a-t-on de la fièvre ?

Physiopathologie de la gastro-entérite

La gastro-entérite peut être d’origine bactérienne (E. Coli ou Salmonelles) par consommation d’eau ou d’aliments contaminés (cas des toxi-infection alimentaire, TIAC). Certains parasites de la famille des protozoaires peuvent également provoquer des symptômes proches de ceux de la gastro-entérite. C’est notamment le cas pour la dysenterie amibienne causée par une amibe, Entomoeba histolytica. 

Les deux tiers des gastro-entérites sont dues à des virus de type rotavirus (le plus fréquent), norovirus, adénovirus, calicivirus ou astrovirus. C’est la raison pour laquelle la gastro-entérite est de façon inappropriée appelée « grippe intestinale ».

La gastro-entérite à Clostridium difficile peut aussi être causé par des antibiotiques.

Symptômes et complications de la gastro-entérite

Symptômes

Les symptômes sont les suivants :
– Apparition brutale de nausées et de vomissements,
– Diarrhées aiguës caractérisées par des selles très liquides et profuses. Ce symptôme est le principal responsable de la déshydratation qui peut survenir lors de cette infection,
– Fièvre, sueurs et tremblements : ces symptômes sont d’apparitions variables. Une sensation de malaise peut également être ressentie,
– Douleurs abdominales de type crampes,
– Ballonnements et distorsion abdominale.

Si l’infection est d’origine virale, les symptômes surviennent dans la journée (entre 12 et 24 heures). Les infections bactériennes sont fulgurantes : les troubles surviennent dans les heures qui suivent l’exposition à l’agent bactérien responsable de la TIAC.

Complications

La principale complication est la déshydratation. Elle est due à une perte importante en eau et en sels minéraux qui provoquent un déséquilibre osmotique des cellules. La consultation médicale est obligatoire si des co-morbidités apparaissent : sang dans les selles ; fréquence des selles supérieures à 8 par jour, fièvre ou vomissements qui perdurent au-delà de 24 heures.

Certaines TIAC à E. coli peuvent avoir des conséquences sur la fonction rénale.

La gastro-entérite est une maladie « banale » pour la majorité des gens mais qui peut être mortelle.

Personnes et facteurs à risque

Personnes à risque

Les populations à risque sont les nourrissons, les jeunes enfants et les personnes âgées. Les diabétiques ainsi que les malades dont le système immunitaire est affaibli sont aussi à risque.

La déshydratation est le principal risque ; il nécessite des mesures préventives et une surveillance. L’hospitalisation est parfois nécessaire.

Facteurs de risque

Les principaux facteurs concernent l’hygiène tant alimentaire que sanitaire. 

Les modes de préparation alimentaire, la qualité des aliments ainsi que le respect de la chaîne du froid ou de mise à température des aliments (cas de la restauration collective) sont indispensable pour limiter les toxi-infections alimentaires.

Lors des voyages à l’étranger, il faut se montrer particulièrement vigilant si on ne veut pas être confronter à la tourista.

Enfin la prise d’antibiotiques doit être limitée car la gastro-entérite colique à Clostridium difficile (lors ou suite à un traitement antibiotiques) est l’une des formes la plus grave et la dangereuse.

Prévention de la gastro-entérite

Hygiène des mains

Le seul lavage des mains n’est pas suffisant pour éviter la transmission ou la contamination. Une personne exposée à la gastro-entérite peut être contagieuse plusieurs jours après la disparition des symptômes. Le lavage des mains selon les recommandation de l’InVS se fait en 7 étapes et doit être réalisé tant dans la sphère privée que professionnelle en sortant des toilettes, lors de la préparation des repas…

L’usage des gels hydro-alcooliques est recommandé comme solution d’urgence. Ils ne sont pas efficaces pour tous les virus. De plus, ils ne lavent pas mais désinfectent !

Les 6 réflexes à adopter 

1 – Éviter les contacts directs ou indirects avec les personnes malades ou si vous même êtes souffrant.
2 – Vérifier les dates de péremption des aliments frais notamment les œufs, les produits laitiers frais.
3 – Bien laver les légumes et les fruits frais.
4 – Laver régulièrement son réfrigérateur avec de l’eau savonneuse très chaude puis essuyer toutes les surfaces et désinfecter avec un mélange de vinaigre blanc et d’eau chaude.
5 – Si vous en avez la possibilité, opter pour le télétravail si vous êtes souffrant.
6 – Éviter ou limiter les contacts avec les nourrissons, les jeunes enfants ou les personnes fragiles si vous êtes souffrant.

En finir avec la diarrhée grâce à l’alimentation

Traitements de la gastro-entérite

Aucun !

Du repos, du repos et encore du repos ! Pour vous mais aussi pour votre système digestif, les consommations alimentaires doivent être limitées voire évitées pendant les premières heures suivant l’apparition des symptômes.

Il est important de bien s’hydrater et donc de boire régulièrement. La prise de boissons doit se faire en petite quantité au début afin de ne pas provoquer de vomissements. La légende urbaine veut qu’un célèbre cola ait des vertus curatives. Pour se faire il doit être consommé à température ambiante et être si possible sans bulles. Aucune publication ne corrobore ce fait pourtant établi et vérifié par nombre de personnes. Les boissons pour sportifs isotoniques peuvent être intéressantes pour assurer une bonne réhydratation des tissus. Les jus de fruits trop sucrés et trop acides doivent être évités.

Lors de la reprise alimentaire, limiter les produits laitiers et préférer les aliments cuits (légumes et fruits). En cas de diarrhées, le riz blanc sur cuit, la banane, les carottes cuites mais aussi le jus de myrtille sont recommandés. Le régime BYC (Bouillon-Yaourt-Compote) est déconseillé.

Traitements médicamenteux

Pour les nausées et les vomissements

Bien que disponible, ces médicaments sont peu prescrits ; certains sont disponibles sans ordonnance (diménhydrinate). Pour son innocuité, seul le charbon actif est recommandé.

Pour la diarrhée

Il vaut mieux éviter de traiter ce symptôme en première intention car c’est un moyen physiologique d’élimination des vecteurs de la gastro-entérite.

Il existe plusieurs classes de médicaments anti-diarrhéiques :
– Les anti-sécrétoires : interdits chez les enfants et les femmes enceintes,
– Les pansements digestifs sont les plus « connus ». Ils favorisent la restauration de la barrière digestive et limitent la fréquence des selles,
– Les probiotiques,
– Le charbon actif.

Tout savoir sur les probiotiques

Séverine Gailler-Legendre