Une étude américaine récente souligne le lien entre un risque de cancer de la prostate accru en cas de maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI). Décryptage.

Un risque de cancer de la prostate multiplié par 5 en cas de MICI

Une étude épidémiologique menée pendant près de 20 ans a étudié l’incidence du cancer de la prostate chez les hommes souffrant d’une MICI par rapport à des hommes dits sains. Ce sont plus de 10 000 hommes qui ont été suivis. 1 033 d’entre eux de la cohorte souffrent de la maladie de Crohn ou de la rectocolite hémorragique (RCH) et 9306 sont considérés comme sains.

Afin de déterminer un risque de cancer de la prostate accru, l’équipe du Dr Shilajit Kundu a analysé le dosage du PSA de la cohorte. Le PSA, ou APS pour Antigène Prostatique Spécifique est une molécule sécrétée par la prostate chez les hommes. Cette molécule joue notamment un rôle dans la liquéfaction du sperme après éjaculation. L’analyse du PSA et le toucher rectal sont les examens les plus courants pour détecter un cancer de la prostate. Plus le taux est élevé (les chercheurs considèrent le seul de 3ng/ml), plus le risque de cancer de la prostate est élevé.

Et les résultats de l’étude soulignent que le risque de développer un cancer de la prostate à 10 ans était 4 à 5 fois plus élevé chez les hommes souffrant d’une MICI. Le responsable de l’étude souligne que « cette étude suggère que les hommes avec une MICI ont un risque plus élevé de cancer de la prostate que la population en général ». Aussi ces patients doivent-ils être « dépistés plus attentivement qu’un homme qui ne souffre pas de MICI ».

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI)

De l’importance du dépistage ?

Le dépistage d’un cancer de la prostate doit être plus régulier à l’âge de 50 ans ou en cas d’antécédents familiaux. Le test de l’APS permet de détecter un cancer de la prostate à un stade précoce. Néanmoins, comme le souligne la Société Canadienne du Cancer, ce test peut aussi être en cause dans de fausses alarmes.

Un résultat faux positif indiquerait qu’un homme souffre d’un cancer de la prostate alors que ce n’est pas le cas. L’APS engendre régulièrement un faux positif et seulement 1 résultat anormal sur 4 est réellement un cancer. Se pose ainsi le problème du surdiagnostic, avec l’administration de traitements alors que la santé du patient n’est pas menacée.

A contrario, en cas de faux négatif, le taux d’APS est normal alors que le patient souffre bel et bien d’un cancer de la prostate. Le faux négatif laisse 15% des cancers de la prostate dans l’ombre.

Il est important de savoir que le taux d’APS évolue naturellement avec l’âge et qu’un taux plus élevé que la moyenne n’est pas forcément le prodrome d’un cancer de la prostate. La Société Canadienne du Cancer souligne que le taux d’APS élevé peut également être causé par :
– une augmentation de la taille de la prostate liée à une hyperplasie bénigne de la prostate,
– une inflammation ou une infection de la prostate,
– une infection urinaire,
– une échographie transrectale et ou une biopsie pratiquée récemment,
– un climat plus chaud,
– des promenades plus fréquentes à vélo.

Microbiote intestinal et MICI : et si tout était lié ?

Sources

European Urology,
Société Canadienne du Cancer,
Medisite,

LQDP