Quand on sait qu’un mauvais sommeil favorise la prise de poids, augmente le risque d’hypertension, fragilise notre système immunitaire, et pourrait être lié à la dépression, on a toutes les raisons de vouloir faire une grasse matinée plus souvent ! Alors si en plus bien dormir nous aide à perdre du poids, on vote pour la grasse matinée ET la sieste !

Pourquoi mal dormir nous fait prendre du poids ?

S’il est connu qu’un mauvais sommeil peut favoriser une prise de poids, les raisons en sont diverses :
– Qui dit sommeil raccourci dit phase d’éveil plus longue, donc autant de temps pour manger et grignoter…
– Les personnes qui dorment peu ont une préférence plus marquée pour les aliments ayant du goût (généralement les aliments gras et/ou sucrés)
– La fatigue liée au manque de sommeil se traduit par une diminution de l’activité physique…

Tous ces éléments sont en faveur d’une balance énergétique positive : les apports caloriques dépassent les besoins et la prise de poids s’installe… Sans parler des dérèglements physiologiques qui se mettent en place dans l’organisme (contrôle glycémique, …).

Les faits sont là : moins je dors, plus je suis gros

L’équipe de recherche en charge de l’étude PREDIMED Plus a exploité les données relevées auprès de ses participants pour étudier ce lien entre sommeil et poids.

Dans leur population, constituée de personnes âgées de 55 à 75, ayant une surcharge pondérale et un syndrome métabolique, les scientifiques ont observé qu’une heure de sommeil supplémentaire était associée à un IMC et un tour de taille plus faible, ainsi qu’à une réduction de l’obésité et du diabète de type 2. A l’inverse, un sommeil de mauvaise qualité, défini par une plus grande variabilité du sommeil, était associé à un risque accru de développer un diabète de type 2.

La combinaison des deux paramètres (durée et variabilité du sommeil) leur a permis de définir différents profils, allant du « bon dormeur » (personne dont la durée de sommeil correspond aux recommandations pour sa tranche d’âge et avec une faible variabilité du sommeil) au « mauvais dormeur » (personne dont la durée de sommeil est inférieure aux recommandations pour sa tranche d’âge et avec une forte variabilité du sommeil). Les personnes ayant un profil de « mauvais dormeur » avaient un IMC, une glycémie à jeun et une hémoglobine glyquée plus élevés et avaient plus de risque d’être obèse ou de présenter un diabète de type 2 comparativement aux personnes ayant un profil de « bon dormeur ».

3 minutes pour comprendre pourquoi on ne perd pas de poids pendant un régime

Quand bien dormir m’aide à perdre du poids

En reprenant les données de leurs participants après un an de suivi, les chercheurs ont fait d’autres découvertes :
– Les personnes qui avaient la durée de sommeil la plus longue au début de l’étude sont celles qui ont perdu le plus en tour de taille,
– A l’inverse, les personnes qui avaient la plus grande variabilité du sommeil sont celles qui ont perdu le moins de poids et dont l’IMC a le moins diminué au cours de l’année.

Ces données confirment donc bien le lien entre sommeil et perte de poids.

Faut-il alors revoir les recommandations hygiéno-diététiques et recommander le sommeil pour les personnes souhaitant perdre du poids ?

Dormez : c’est (vraiment) mieux pour votre santé !

Sources

– Rosique-Esteban N et al. Cross-sectional associations of objectively-measured sleep characteristics with obesity and type 2 diabetes in the PREDIMED-Plus trial. Sleep. 2018 Dec 1;41(12).
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30285250

– Papandreou C et al. High sleep variability predicts a blunted weight loss response and short sleep duration a reduced decrease in waist circumference in the PREDIMED-Plus Trial. Int J Obes (Lond). 2019 Jun 19. https://www.nature.com/articles/s41366-019-0401-5

Béatrice Février

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