Clostridium difficile (CD) est en majeure partie, responsable de diarrhées nosocomiales contractées à l’hôpital, que ce soit aux Etats-Unis, au Canada et en Europe.  Cette bactérie est très présente chez les personnes de plus de 65 ans, hospitalisées, sous antibiothérapies et présentant des MICI.  Le traitement le plus efficace est une antibiothérapie qui n’empêche pas un risque de récidive. Depuis 2013, la transplantation de microbiote fécale a montré une réelle efficacité. Décryptage.

L’infection à Clostridium Difficile, multi-récidivante

L’infection à Clostridium difficile (CD) est favorisée par un déséquilibre du microbiote intestinal. Elle est la principale cause de diarrhée infectieuse chez les patients hospitalisés et peut provoquer une inflammation sévère du côlon, parfois fatale (selon les données du CépiDC (INSERM), en 2013, en France, environ 260 personnes décédaient d’une infection liée à C.

Malgré un traitement efficace, cette infection présente des risques de importants de rechute après traitement, entre 2003 et 2009, aux Etats-Unis sur 3958 patients, 421 (36%) présentaient une récidive, parmi eux 36 % décédaient dans les 180 jours. Actuellement, toujours aux Etats-Unis, on estime que 500 000 patients souffrent de CD, ce qui représente un coût de 1,1 milliards de dollars.

Un cercle vicieux

Actuellement le traitement le plus efficace pour une première prise en charge se fait par antibiothérapie. Les plus courants sont le métronidazole, la vancomycine, ou la fidaxomicine. Depuis environ 2 ans, des études ont montré que si on ajoutait à ce traitement du bezlotoxumab, le taux de rechute n’était que de 17 %. Malgré ces résultats significatifs, l’idée d’un traitement par transplantation de microbiote fécal (TMF) n’a pas cessé d’intéresser certains laboratoires. En effet, il est connu qu’un traitement par antibiotiques est dangereux pour le microbiote. Ce traitement expliquerait donc le nombre de récidives créant ainsi un cercle vicieux.

Restaurer le microbiote grâce à la transplantation de microbiote fécal

Pour le Dr Frédéric Barbut, responsable du laboratoire C. difficile associé au CNR Anaérobies à l’hôpital Saint-Antoine (Paris) explique la démarche. « L’idée de la transplantation de microbiote fécal (TMF) est d’interrompre le cycle vicieux en remplaçant la flore du patient par une flore de donneur sain, permettant ainsi de restaurer la diversité microbienne et d’éviter la multiplication de Clostridium difficile ». En 2013, le « New England Journal of Medicine » (« NEJM »), publie les résultats du premier essai clinique évaluant l’efficacité de la TMF. On observe un taux de guérison de 81,3 % après la première transplantation et de 93,8 % à la suite de plusieurs transplantations.

Il faut savoir qu’à ce jour en France, l’infection récidivante à Clostridium difficile est la seule indication validée de la TMF. Il ne reste plus qu’à espérer que les résultats de la TMF soient également convaincants pour d’autres infections ou d’autres pathologies.

Pour aller plus loin :

Les infections à Clostridium difficile, bête noire des hôpitaux

Sources

FMC Gastro,
– L Kyne MB Hamel R Polavaram PC Kelly, « Health care costs and mortality associated diarrhea due to Clostridium Difficile », Clin Infect Dis, 2002 (34),
Le Quotidien du Médecin.

Léa Coulanges