Le paracétamol entre dans la composition d’environ une soixantaine de médicaments. Il est utilisé essentiellement pour ses propriétés analgésiques (contre la douleur) et antipyrétiques (contre la fièvre). Si les doses sont respectées, le paracétamol ne présente aucun danger. Mais en cas de surdosage, le danger peut être réel. Explications.

Le paracétamol, quelles doses sont recommandées ?

Le paracétamol est très bien toléré si les doses sont respectées. Un adulte peut en prendre jusqu’à 3 grammes par jour, voire 4 grammes par jour en cas de douleurs intenses. Chez un enfant la dose maximale est calculée en fonction de son poids (10 à 15 mg par kilo). Il fait effet 20 min après sa prise et a une durée d’action d’environ 4 heures, intervalle recommandé entre deux prises. Cependant, il ne faut jamais oublier que ce médicament, comme tous les autres, a des effets secondaires.

Les chemins du médicament

Lorsqu’un médicament vous est prescrit, on vous conseille voire on vous impose un mode d’administration : voie orale, par intraveineuse, etc. Précisons qu’il existe différentes voies, les voies utilisées en cas d’urgence améliorent la biodisponibilité, c’est-à-dire la proportion de la substance qui atteint la circulation sanguine, c’est la voie intramusculaire et les injections (intraveineuses et sous cutanée), la voie transdermique prolonge la durée d’absorption du médicament. La voie orale, utilisée pour le paracétamol, entre autres, est la plus courante. 

Le mode d’administration participe à la biodisponibilité du médicament. Si le médicament est pris par voie orale, il va donc passer par le foie qui va transformer la biodisponibilité du médicament. Le foie a trois principales fonctions, l’une d’elles est de « détoxifier » l’organisme en métabolisant l’alcool, les drogues et les médicaments. Il va donc éliminer une partie des substances actives du médicament, c’est ce qu’on appelle l’ « effet premier passage , pris en compte dans le dosage du médicament.

Les pouvoirs cachés du foie

Du paracétamol à la molécule toxique

Le paracétamol contient une molécule qui, lorsqu’elle subit l’ « effet premier passage », la transforme en un produit toxique pour le foie. En cas de surdosage, le Pr Bruno Mégarbane, chef de service de réanimation médicale toxicologique à l’hôpital Lariboisière (Paris), explique à France Info : « Ce toxique s’accumule dans le foie, ce qui entraîne la destruction des cellules hépatiques ». Le foie a une exceptionnelle capacité de régénération, c’est pourquoi en cas de prise accidentelle d’une surdose de paracétamol, il peut ne pas y avoir de répercussions cliniques. Mais si le surdosage a entraîné une destruction massive des cellules du foie, la transplantation peut être nécessaire.

Bon à savoir, plus le foie est fragile, davantage les risque augmentent. À ce jour, l’ANSM rappelle que la mauvaise utilisation du paracétamol est la première cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse en France.

Les reins aussi

Le foie n’est pas le seul organe à être en danger en cas de surdosage, les reins le sont aussi. Lorsqu’on sait que l’élimination du paracétamol se fait essentiellement par voie urinaire (90 % de la dose administrée est éliminée par le rein en 24 heures), on comprend la prudence des professionnels de santé. Cependant, les risques existent c’est pourquoi il est conseillé « de ne pas dépasser 3 grammes par jour en cas d’insuffisance rénale sévère ».

N’oubliez pas, surdosage peut vouloir dire danger.

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Sources

ANSM,
HAS,
Centre Antipoisons belge,
Centre hépato-biliaire,
France Info,
Vidal.

léa Coulanges

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