Le lien entre graisses alimentaires et maladies cardiaques paraît évident : les graisses, et notamment les graisses animales, augmentent le risque de maladies cardiaques. Mais le microbiote intestinal pourrait également jouer un rôle dans ce lien entre graisses et maladies cardiaques. Et la vieillesse n’arrange pas ce lien : un régime gras et caloriques associé à un âge avancé a un impact sur la composition du microbiote intestinal, avec modification du système immunitaire conduisant à une inflammation. Et tous ces paramètres mèneraient à des risques cardiovasculaires. On vous explique tout !

Graisses, microbiote intestinal et maladies cardiaques : le combo infernal

Des chercheurs américains ont travaillé sur le lien entre graisses, maladies cardiaques et microbiote intestinal, avec le postulat qu’un régime riche en lipides induit des modifications du microbiote intestinal. Et ces altérations pourraient jouer un rôle dans le risque d’insuffisance cardiaque. Les résultats de l’étude montrent que :
– Un régime riche en graisses et très calorique modifie le microbiote intestinal, avec une prédominance aux genres Allobaculum et Firmicutes chez les souris vieillissantes ;
– Une augmentation de l’inflammation chez les souris vieillissantes finalement associée à une insuffisance cardiaque ;
– Une modification du profil sanguin, avec une augmentation de neutrophiles ;
– Un risque accru de maladies cardiaques.

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont travaillé sur des souris vieillissantes (18 mois) et jeunes (2 mois). Celles-ci ont été nourries avec un régime riche très calorique et un régime riche en graisses, contenant 10% d’huile de carthame durant 2 mois. Elles ont été comparées à des souris recevant un régime équilibré et standard, avec seulement 4% d’huile de carthame. Les échantillons de fèces ont été recueillis au cours de l’expérimentation, et une analyse du microbiote a été réalisée. De plus, une analyse du profil sanguin a été effectuée.

Autre fait notable de cette étude : chez des souris plus jeunes nourries avec le régime calorique et gras, l’inflammation n’a pas été autant observée que les souris vieillissantes suite à une crise cardiaque alors même que leur microbiote était altéré. En d’autres termes, cela suggère que la souris vieillissante est plus exposée à des risques d’inflammation, de perturbations du microbiote et de maladies cardiaques comparée à la souris jeune.

Tout savoir sur le microbiote intestinal

Déséquilibre du microbiote intestinal et risque cardiaque : un lien surprenant mais réel

Si l’on sait dorénavant que le microbiote intestinal joue sur de nombreuses pathologies intestinales, cela n’est pas le cas pour le lien entre microbiote et maladies cardiaques. Et pourtant … !
De nombreuses études suggèrent ce lien. Les mécanismes ne sont pas encore connus, et des hypothèses sont à l’étude. Par exemple, certains micro-organismes du microbiote ont la capacité à synthétiser la lécithine, une molécule qui influe sur la sensibilité aux maladies cardiovasculaires de l’hôte. Et des chercheurs ont montré une augmentation de la lécithine chez des souris atteintes de maladies cardiaques. Et, chez ces mêmes souris à qui on administre des antibiotiques, le risque de maladies cardiaques est diminué. En d’autres termes, le risque de maladies cardiaques n’est plus seulement lié à la génétique, mais une partie pourrait être liée à la composition du microbiote.

Et chez l’homme, la même observation

Bien sûr, on peut décrier ces résultats en observant que ce sont des tests chez les animaux, et qu’il faut tester chez l’homme. Eh bien encore une fois, ces études expérimentales sont confirmées par des études chez des humains. Par exemple, des chercheurs ont testé la corrélation entre la rigidité des vaisseaux sanguins (qui est un facteur de risque de maladies cardiaques) avec la composition du microbiote chez des femmes. Les femmes présentant une rigidité des artères ont un microbiote beaucoup moins diversifié, et inversement (les femmes avec des artères plus souples ont un microbiote très diversifié). Une estimation montre que 10% de cette rigidité artérielle serait due à la flore intestinale ! Un chiffre non négligeable quand on sait que la rigidité des artères est associée au risque d’hypertension artérielle, d’athérosclérose ou bien même d’accident vasculaire cérébral.

Alors en conclusion, chouchoutez votre microbiote ! Un régime riche en fibres, quelques yaourts, des aliments à base d’oméga 3 et une alimentation peu grasse et peu sucrée seront déjà une belle base pour avoir une flore intestinale bien portante. Et pensez également aux probiotiques !

5 aliments au top pour votre microbiote

Sources

– V. Kain et al., « Obesogenic diet in aging mice disrupts gut microbe composition and alters neutrophil:lymphocyte ratio, leading to inflamed milieu in acute heart failure », FASEB, 2019, 33(5):6456-6469,
– C. Chong Nguyen et al., « Le microbiote intestinal et son implication dans la maladie cardiovasculaire », JLE, 2018,  Vol.30 Num. 1,
Sciences et Avenir,
La Nutrition,
Santé Log.

Raphaelle Santarelli

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