Dans la famille FODMAPs, la lettre « F » correspond à la fermentation. Les FODMAPs désignent de petits sucres fermentescibles par la flore intestinale. Mais savez-vous ce qu’est la flore intestinale ? Et la fermentation ? Et, quel rôle a la fermentation dans le (SII) ? Nous allons vous expliquer tout ça dans cet article ! 

À découvrir sur le même sujet : Comprendre les FODMAPs.

La flore intestinale, indispensable à notre survie

La flore intestinale correspond à tous les micro-organismes présents dans notre organisme, et spécifiquement dans nos intestins ! Eh oui ! De millions, pardon, des milliards de micro-organismes vivent dans notre côlon principalement. Ces micro-organismes sont des bactéries, virus ou des champignons qui pourraient atteindre 2 kgs de notre poids ! Impressionnant, non ?

Le microbiote d’un individu se constitue dès sa naissance, au contact de la flore vaginale après un accouchement par voie basse, ou au contact des micro-organismes de l’environnement pour ceux nés par césarienne.

Les multiples rôles des micro-organismes

En effet, ces micro-organismes, au nombre de 160 espèces, jouent différents rôles :
– Dans notre système immunitaire, ils nous aident à lutter contre les infections.
– Lors de la prévention de l’inflammation ainsi que dans la prévention de certains cancers (comme le cancer du côlon).
– Impliqués dans le processus de digestion, ils améliorent l’absorption de certains nutriments par exemple. Par ailleurs, ils assurent la fermentation des substrats et des résidus alimentaires non digestibles.
– Ils participent à l’élaboration de la vitamine B12 ou d’autres métabolites.

À découvrir sur le même sujet : Le microbiote, un nouveau Graal ?

La répartition dans le tube digestif

Elle dépend de la teneur du milieu en oxygène, des sécrétions du tube digestif, des nutriments disponibles ou bien même de la vitesse du transit. Il en résulte une répartition suivante :
La flore bactérienne est quasi inexistante dans l’estomac, du fait du pH très bas de cet organe et des sécrétions acides.
Dans l’intestin grêle, au fur et à mesure qu’on se rapproche du côlon, on observe une disparition des bactéries aérobies (c’est-à-dire des bactéries qui vivent en présence d’oxygène) au profit des bactéries anaérobies (c’est-à-dire qui peuvent vivre sans oxygène). C’est à cet endroit que sont concentrées certains bactéries telles que Lactobacillus, Streptococcus, et à quelques espèces de la famille des Enterobacteriaceae.
Au niveau du côlon, la flore intestinale est très concentrée du fait d’un transit très ralenti. C’est là où les phénomènes de fermentation sont très importants. La flore y est anaérobie et il y a une large production de métabolite à ce niveau-là de l’intestin. On y retrouve Bacteroides, Eubacterium, Bifidobacterium, Peptostreptococcus, Ruminococcus, Clostridium, Propionibacterium.

Comment fonctionne le microbiote intestinal ? ©Pixscience pour l'Inserm

Comment fonctionne le microbiote intestinal ? – ©Pixscience pour l’Inserm

Les différentes fermentations

La fermentation est une réaction biochimique qui consiste à libérer de l’énergie à partir d’un substrat organique sous l’action d’enzymes microbiennes et à rejeter des produits. En d’autres termes, il s’agit d’une transformation de molécules en d’autres molécules sous l’action d’enzymes bactériennes.
Et, nous l’avons vu plus haut, il existe des bactéries aérobies ou anaérobies, ce qui sous-entend qu’il y aura différents types de fermentations.

– lactique

De l’acide lactique est formé à partir du glucose (petit sucre).

– propionique

Des acides et des gaz sont produits à partir du glucose.

– alcoolique

Il y a donc formation d’éthanol et de dioxyde de carbone à partir du glucose.
Il existe encore de nombreuses réactions de fermentations. Elles sont utiles pour un individu sain afin de finaliser la digestion de certains nutriments non métabolisés au niveau de l’intestin.

Fermentation et syndrome de l’intestin irritable

Chez les personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable (SII), ou colopathie fonctionnelle, une malabsorption de petits sucres au niveau intestinal entraîne une arrivée massive de ces petits sucres au niveau du côlon.

À découvrir sur le même sujet : Comprendre le syndrome de l’intestin irritable (SII).

Et là, les bactéries se régalent ! Elles vont fermenter ces petits sucres, induisant une grande production de gaz.
Ainsi, les diverses fermentations qui s’en suivent sont à l’origine de la formation de différents gaz. Le méthane semble être le gaz le plus produit chez les patients atteints de SII. Cependant, on note également du di-hydrogène, du gaz carbonique, des acides gras volatiles, etc..

Une hypersensibilité intestinale chez les personnes souffrant de SII

Pourtant, ce n’est pas cette augmentation de volume qui est la cause de ballonements. En effet, les recherches ont démontré que le volume des gaz chez les personnes qui se plaignent de ballonnements n’est pas anormal. Malgré une distension visible, les rayons X et la tomodensitométrie ne révèlent pas d’accumulation de grandes quantités de gaz intestinaux.

Une hypersensibilité intestinale peut donc expliquer la sensation de ballonnement abdominal et des maux de ventre. L’intestin hypersensible reçoit alors une sensation de plénitude à un degré de remplissage plus faible que la normale. Les muscles abdominaux se relâchent pour s’adapter à la distension ressentie.

Chez les patients atteints du SII se plaignant de distension, le volume de l’abdomen peut augmenter de 3 à 4 cm en une période de 8 heures. La tomodensitométrie a démontré une modification de ce profil malgré l’absence de changement du contenu en gaz ou de leur distribution. On n’observe pas de modification correspondante chez les témoins normaux.

Parfois, on note une augmentation de lordose lombaire (colonne vertébrale arquée). Peut-être les muscles abdominaux sont-ils affaiblis. La réalité du phénomène est indiscutable, mais le mécanisme demeure malgré tout encore un mystère !

Ainsi, un régime pauvre en FODMAPs ne soignera pas le SII, mais limitera grandement les symptomes liés à cette pathologie.

Et dans notre série dédiée aux FODMAPS, retrouvez :

Bien comprendre les FODMAPs.
O pour oligosaccharaides.
D comme disaccharides.
M pour monosaccharides.
P comme polyols.

Sources

– Cummings J.H., « The large intestine in Nutrition and Disease », Danone Chair Monograph, n°3, 1997, ed. Institut Danone, Bruxelles.
– Barett J.S., « Extending Our Knowledge of Fermentable, Short-Chain Carbohydrates for Managing Gastrointestinal Symptoms », Nutrition in Clinical Practice, 2013, Vol. 28 (3), p. 300–306.
– IA-IPR Physique-Chimie, Abécédaire de chimie organique.
Inserm.
– Dr Paul WIESEL, Gastroentérologue FMH, Centre Médical d’Epalinges, « Ballonnement et flatulences et gaz intestinaux »

Raphaelle Santarelli, diététicienne WeCook

2 réponses à “Dans la famille FODMAPs, on demande la lettre F comme Fermentation !”

  1. […] Pour tout comprendre : F comme Fermentescibles, et comme Fermentation […]

  2. […] Bien comprendre les FODMAPs. – F comme… Fermentation ! – O pour oligosaccharaides. – M comme monosaccharides. – P pour […]

  3. Bonjour
    Comment peut-on faire pour fermenter les légumineuses ? c’est très interessant, merci.

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