Depuis quelques décennies maintenant, l’axe microbiote-intestin-cerveau est de plus en plus étudié. Car si le microbiote était peu considéré jusqu’à présent, il apparaît que les bactéries du microbiote joueraient un rôle clé à la fois au niveau intestinal ainsi qu’au niveau du cerveau. Alors, quel est l’impact de ces bactéries sur nos organes ?

Les bactéries produisent des métabolites d’une grande utilité

Des souris dépourvues de germes bactériens (= axéniques) présentent des troubles du développement neural. Pourquoi ? Car certaines cellules du tube neural utilisent les acides gras à chaînes courtes issus de la fermentation des bactéries pour leur maturation. Si pas d’acides gras à chaînes courtes, pas de maturation.
Il semblerait ainsi que les métabolites produits agissent localement au niveau de cellules du système endocrinien ou du système immunitaire.

Des bactéries dans le cerveau : une découverte inattendue

Les premières années de vie déterminantes

Jusqu’aux trois ans de l’enfant, le développement cérébral ainsi que le développement de son microbiote intestinal sont importants. Tout d’abord, on sait que le type d’accouchement a une influence sur le développement du microbiote de l’enfant. Les enfants nés par voie basse entrent directement en contact avec le microbiote vaginal, ainsi qu’avec des germes fécaux. Ces derniers viendraient renforcer l’immunité chez le nouveau-né.

En revanche, les enfants nés par césarienne présentent un risque plus élevé d’être sujets à l’asthme, à des maladies inflammatoires chroniques intestinales, ou à des maladies liées à l’immunité.

L’allaitement joue un rôle dans le développement du microbiote intestinal : les enfants allaités ont un microbiote plus dense en Bifidobactérium. Les oligosaccharides présents dans le lait maternel favoriseraient en effet le développement du microbiote intestinal chez l’enfant. Et toujours chez l’enfant, il a été montré que le microbiote intestinal a son rôle à jouer dans les performances cognitives.

Pour en savoir plus sur le microbiote du nouveau-né

Malheureusement tout n’est pas encore bien compris dans cette relation microbiote intestinal et cerveau. Mais il faut savoir quela communication entre les intestins et le cerveau est bi-directionnelle : des signaux vont du sens intestin vers le cerveau et inversement. Et le microbiote agirait sur le cerveau avec au moins deux façons identifiées :
– Via les neurones du système nerveux entérique (système nerveux propre à l’intestin)
– Via le nerf crânien X

Des facteurs perturbant le microbiote auraient un impact sur le fonctionnement cérébral

On sait que certains facteurs extérieurs viennent perturber l’équilibre du microbiote intestinal. C’est le cas par exemple des antibiotiques. Alors, c’est quoi le rapport avec le cerveau ? Eh bien des études ont montré que la prise d’antibiotiques diminue la quantité de certains métabolites cérébraux (comme la sérotonine). Et l’antibiothérapie augmenterait également l’anxiété et la dépression. Inversement, des patients atteints de pathologies cérébrales ont un microbiote intestinal altéré et souffrent généralement de troubles du transit intestinal.
Enfin des études cliniques suggèrent que des perturbations de l’axe microbiote-intestin-cerveau seraient associées à des pathologies comme l’autisme, le déficit de l’attention, la maladie de Parkinson ou bien même l’Alzheimer. Si on transfère du microbiote intestinal de souris dépressives à des souris axéniques, ces dernières vont voir leur humeur et leur comportement modifiés.
A l’inverse, des probiotiques administrés à des sujets sains ont la capacité à influencer l’activité du cerveau.

Les antibiotiques c’est la panique !

Pour chouchouter une bonne relation intestin-microbiote-cerveau, quel réflexes avoir ?

Le Dr Mayer, gastro-entérologue spécialisé dans la relation intestin-cerveau-microbiote, propose quelques pistes pour un microbiote en pleine forme, et ce, en vue d’un fonctionnement cérébral optimal :
1- Mangez des fibres, bien entendu !
2- Limitez les graisses animales : celles-ci favorisent l’inflammation, et diminuent la sensibilité du nerf vague au niveau intestinal. Du coup, il y a une perte de la sensibilité aux signaux de la satiété

3- Évitez les additifs alimentaires : ceux-ci sont associés à une augmentation du taux de Bacteroides et Clostridiales. Ces bactéries produisent à leur tour des métabolites qui augmentent la résistance à l’insuline. Les émulsifiants provoquent une inflammation intestinale, altérant comme les graisses animales les signaux de satiété.
4- En cas de stress ou d’anxiété, privilégiez les aliments fermentés pour enrichir le microbiote.
5- Mangez à l’abri du stress ! Un état émotionnel négatif (stress, colère, tristesse) réduit la diversité des bactéries du microbiote. Celles-ci sont agressées par des acides de l’estomac, ce qui rend la paroi intestinale poreuse. Donc le sujet sera inévitablement exposé à une inflammation intestinale
6- Évitez le grignotage : jeûner permet de « nettoyer » l’intestin de métabolites indésirables. Et de fait, le nerf vague sera plus à même de ressentir les signaux de satiété.
7- Effectuez une activité physique : en bougeant, on limite le stress et donc on favorise une meilleure diversité du microbiote intestinal.

Une activité physique régulière pour prendre soin de son microbiote intestinal

Sources

NCBI,
Univadis,
Gut Microbiota For Health,
Sciences et avenir,
Sciences et avenir.

Raphaelle Santarelli

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