On sait les bactéries présentes dans tous les milieux et à différents endroits de notre corps : intestins, poumon, peau, bouche, oreille, vagin… Qu’ils soient en contact direct avec le milieu extérieur ou non, tous ces organes sont envahis de bactéries qui nous veulent généralement du bien. Mais certains milieux semblaient encore résister à cette invasion et garder un caractère sacré : le fœtus dans le ventre de sa mère ou bien notre cerveau…

Et s’il n’en restait qu’un : le cerveau

Après la découverte de bactéries dans le placenta, les chercheurs sont maintenant sur la piste de bactéries présentes dans le cerveau !

Lors du congrès annuel de la Société de Neurosciences aux Etats-Unis le mois dernier, une équipe de recherche a présenté des résultats d’analyses montrant la présence de bactéries au cœur même de tissus cérébraux.
Pour être honnête, la découverte est fortuite : les chercheurs voulaient comparer des cerveaux de personnes atteintes de schizophrénie avec ceux de personnes saines. Mais la chose à laquelle ils ne s’attendaient pas était la présence de petits objets en forme de bâtonnets… Après renseignement auprès de spécialistes, il s’avérait que ces corps étaient en fait des bactéries ! Et surprise supplémentaire : il s’agissait de bactéries appartenant à des familles courantes dans l’intestin, à savoir des Firmicutes, des Proteobacteria, et des Bacteroidetes !

Pourquoi le microbiote du nouveau-né est-il essentiel ?

Le cerveau, nouveau cheval de bataille ?

Le lien entre le cerveau et le microbiote intestinal n’est pas nouveau : de nombreuses interactions ont déjà été identifiées entre ces 2 composantes de notre organisme. Ainsi, les chercheurs ont identifié que notre microbiote pourrait transmettre des informations venant de notre intestin au cerveau mais qu’il pourrait également jouer un rôle dans le développement de différentes maladies neuropsychiatriques telles que la schizophrénie, l’autisme, la maladie d’Alzheimer ou plus couramment la dépression, l’anxiété etc.

Microbiote intestinal, cerveau et dépression : et si tout était lié ?

Ce qui est nouveau ici, c’est de découvrir que les bactéries pourraient influencer le cerveau non pas de manière indirecte via des molécules transportées jusqu’au système nerveux ou via les messages transmis au cerveau, mais en étant directement au contact des tissus cérébraux.

Mesdames, messieurs les chercheurs, de nouveaux champs d’horizons s’ouvrent à vous !

Sources

Science, article « Do gut bacteria make a second home in our brains ? »
– Inserm, article sur le Microbiote intestinal,
– Courrier International, article « Il pourrait y avoir des bactéries dans notre cerveau »

Béatrice Février