L’antibiorésistance se développe et le sujet devient un problème de santé publique. Selon les chiffres de 2015, 125 000 patients déclareraient une infection due à une bactérie résistante par an en France et l’antibiorésistance serait responsable de 5 543 décès. Autant d’hospitalisations et de décès qui pourraient être évités et dont le nombre risque d’augmenter si l’on ne change pas nos pratiques vis-à-vis des antibiotiques.

La lutte contre l’antibiorésistance s’organise !

Face à cette émergence de l’antibiorésistance, plusieurs approches sont possibles :
– Raisonner l’usage des antibiotiques ;
– Trouver des solutions de substitutions : nouveaux antibiotiques, phages… ;
– Comprendre les mécanismes de résistance des bactéries pour les contourner.

Les phages attaquent

C’est sur ce dernier point que des chercheurs de l’Université d’Hamilton au Canada ont orienté leurs investigations.

Quand les antibiotiques attaquent, les bactéries contre-attaquent

Ils se sont intéressés à une classe d’antibiotiques en particulier, les polymyxines, qui sont des molécules efficaces même dans certaines situations d’infections causées par des bactéries multi-résistantes. Il s’agit donc d’antibiotiques utilisés en dernier recours de traitement.

Or, des cas de résistance aux polymyxines commencent à émerger, remettant en cause notre capacité à traiter ces mêmes infections.

Antibiorésistance : quand les bactéries font de la résistance

Les scientifiques ont donc cherché à comprendre quels changements ayant lieu dans les bactéries entraînaient l’apparition de cette antibiorésistance.

La résistance des bactéries face aux antibiotiques élucidée

En travaillant dans des conditions in vitro, les chercheurs ont réussi à identifier les facteurs responsables de l’antibiorésistance.

Il était connu que cette molécule exerce son activité antibiotique en se fixant sur la paroi des bactéries et en y créant des pores. Ces micro-trous déstabilisent l’intégrité de la bactérie ce qui entraîne sa destruction.

Deux mécanismes différents pourraient alors expliquer la résistance à l’antibiotique :
– Une diminution de la charge électrique présente naturellement à la surface de la bactérie. L’attraction de la molécule antibiotique est alors réduite.
– Un épaississement de la membrane bactérienne, qui rend sa perforation plus difficile.

Ainsi, en étudiant la capacité des bactéries à faire évoluer leur charge électrique et l’épaisseur de leur membrane, il serait possible de prédire les capacités de résistance des bactéries ciblées par les polymyxines.

Sources

– Khondker A, Dhaliwal AK, SaemS, Mahmood A, Fradin C, Moran-Mirabal J, Rheinstädter MC.  « Membrane charge and lipid packing determine polymyxin-induced membrane damage. », Communications Biology,  2019, 2(67),
The Lancet,
Ministère des Solidarités et de la Santé,
Pourquoi Docteur.

Béatrice Février

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