Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, caractérisent une inflammation de la paroi intestinale. On y classe deux types de maladies : la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH). Ces MICI évoluent en différentes phase (phase de poussées et de rémissions).

La maladie de Crohn

La maladie de Crohn est définie par la présence de lésions sur la paroi intestinale séparées par des intervalles de muqueuse sains. Ces lésions sont situées au niveau de l’intestin grêle et du côlon principalement.

Tout savoir sur la maladie de Crohn

À chaque nouvelle poussée, les lésions perforent la muqueuse intestinale, évoluant ainsi en fistule et ulcération. Des hémorragies sont rarement présentes. Les signes de cette maladie sont des diarrhées, douleurs abdominales, nausées et vomissements. Ces signes digestifs peuvent s’accompagner d’une altération de l’état général (fièvre, dénutrition).

La rectocolite hémorragique

La rectocolite hémorragique touche principalement le côlon. On y trouve des lésions continues sans intervalle de muqueuse saine. Elle s’accompagne d’émissions rectales hémorragiques (sang, glaire ou mucus). Outre ces diarrhées mucosanguinolentes, la fièvre, l’altération de l’état général (dénutrition) ainsi que des douleurs abdominales caractérisent cette pathologie. Une anémie peut être présente du fait des hémorragies. Les lésions peuvent évoluer en perforations, voire cancer colique.

Tout savoir sur la rectocolite hémorragique ou RCH

Le rôle de l’alimentation

En effet, l’alimentation joue un rôle clé dans ces deux pathologies. Il faut s’alimenter différemment selon les phases.

En phase de crise ou poussée

– Il faut limiter les diarrhées, contrer l’anémie et maintenir l’état général (lutter contre l’amaigrissement et le risque de dénutrition).

Pour cela, voici 10 conseils principaux :

1 – Favorisez votre apport en protéines (viande, poisson, œufs, abats, crustacé, légumes secs…).
2 – Vous pouvez également enrichir vos préparations avec du fromage râpé, jaunes d’œuf, fromage râpé, du jambon mixé
3 – De même, pensez au lait en poudre, aux yaourts, aux desserts lactés, aux potages, aux préparations à base de riz, à la semoule
4 – Ajoutez des matières grasses :  beurre (sur du pain, dans les légumes, potages et sauces), crème fraîche (dans les légumes, les potages, les purées, sur les fruits cuits, dans le café…), mayonnaise (plus de calories que la vinaigrette)…
5 – Consommez si vous tolérez : entremets, crèmes glacées, desserts lactés
6Limitez les aliments riches en fibres : fruits et légumes, produit complet. Consommez plutôt des aliments dits constipants : bouillons de carotte, eau de riz, banane, compote de coing…

Que manger avec une MICI ? L’alimentation en phase de poussée

7Pensez à boire : les diarrhées peuvent provoquer des déshydratation. Buvez environ 1.5 l à 2l pour compenser les pertes d’eau.
8Evitez le lactose qui favorise les diarrhées. Pour cela limitez fortement votre consommation de lait.
9Attention aux épices et aromates.
10Fractionnez votre alimentation : faites de petits repas, mais mangez plus souvent.

En dehors des poussées

Vous pouvez vous orienter vers une alimentation normale sans restriction pour éviter un régime alimentaire qui créerait des carences. Adaptez votre alimentation selon vos goûts et vos tolérances personnelles : par exemple, voyez si vous tolérez le lait.

Pour les deux phases (poussée ou rémission)

– veillez à votre apport en fer : consommez des aliments riche en fer : viande, poisson, oeufs, abats, crustacé, légumes secs..) pour pallier l’anémie.
– veillez à votre apport en calcium : si vous ne consommez pas de lait, vous pouvez consommer par exemple du fromage mieux toléré.

Les cas particuliers

– Si vous êtes traité par corticothérapie :
évitez le sel et les produits salés (pains, biscuits apéritifs, charcuteries…).

– Suivant les traitements et votre niveau de sévérité de la pathologie :
– veillez à votre apport en zinc : consommez des produits riches en protéine : abats, viandes, poisson, fromages, légumes secs, graines…
– surveillez votre apport en vitamines B9 : consommez du foie, des oeufs, des légumes verts, de la levure alimentaire…
– attention à votre apport en vitamine B12 : consommez des abats, des coquillages, des oeufs, du fromage.

En cas de ballonnement

L’accumulation de gaz dans le tube digestif provoque gonflements du ventre, flatulences, météorisme, borborygmes (= bruits).

Pour améliorer votre confort digestif et éviter trop de gaz, voici 5 nouveaux précieux conseils :

1Limitez les aliments provoquant des gaz : choux (tout type : choux fleur, brocolis, choux de Bruxelles…), légumes secs (pois, lentilles, haricots secs…), oignons, fruits et légumes riches en fibres, fromages affinés, friture, panure, produits à base de polyol…
2 Mangez lentement, sans stress et à heure régulière
3Limitez l’apport de graisses, notamment les graisses cuites ou frites
4Limitez l’apport de boissons gazeuses ou les aliments contenant trop d’air (mousse par exemple).
5Attention aux épices et aromates souvent mal tolérées

De plus, la maladie de Crohn peut provoquer des calculs rénaux :

– soit du fait des diarrhées (l’eau est éliminée dans les selles et les urines sont plus concentrées)
– soit du fait d’une élimination plus importante du calcium dans les selles, ce qui favorise une concentration d’oxalate dans les urines (et donc cela favorise les calculs).

Du coup, limitez fortement l’apport d’aliments riches en oxalate : les betteraves rouges, l’oseille, la rhubarbe, les épinards, les asperges… mais aussi le thé et le chocolat.

Sources

Nutrition du bien portant, Bases nutritionnelles de la diététique, E. Fredot, Editions Tec et Doc, Lavoisier, 2007.
Nutrition : principes et conseils, L; Chevallier, Elsevier Masson, 3ème Edition, 2009.
Physiopathologie : bases physiopathologiques de la diététique, C; Carip et V; Liégeois, Editions Tec et Doc, Lavoisier, 2000.
Dictionnaire Pratique de diététique et de nutrition, M. Apfelbaum, L. Perlemuter, P. Nillus, C. Forrat et M. Begon, Masson, 1981.
Régimes, E. Frédot, Editions Tec et Doc, Lavoisier, 2011.
Nutrition clinique pratique  chez l’adulte et l’enfant, J.L Schlienger, Elsevier Masson, 2ème édition, 2014.
Association François Aupetit.

Raphaelle Santarelli, diététicienne WeCook WeCare

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