Les MICI, on vous en parle depuis quelques temps déjà. Que ce soit la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique (RCH), nous avons vu que l’origine était malheureusement encore méconnue. Ce qui apparait clairement cependant c’est que l’alimentation n’a pas de rôle dans la survenue des MICI. Cela ne veut pas dire que l’alimentation n’est pas importante lorsqu’on a une MICI, au contraire !

L’alimentation pour diminuer les symptômes des MICI

Soyons clairs, l’alimentation ne va pas avoir pour but de traiter ou de guérir de la maladie. Elle va malgré tout permettre de diminuer ou faire disparaitre certains symptômes de la maladie ou même du traitement que vous avez !
Pour complexifier encore un peu plus votre quotidien, votre alimentation ne devra pas être la même que vous soyez en phase de poussée ou en phase de rémission. De plus, l’alimentation sera à adapter en fonction de votre état nutritionnel, de votre tolérance… Complexe ! Mais ne vous inquiétez pas, LQDP vous explique la marche à suivre au niveau alimentation lors des deux phases.

Pour ne plus rien ignorer sur les MICI : quels traitements pour la maladie de Crohn ? Et pour la rectocolite hémorragique ?

MICI : l’alimentation en phase de poussée

Pendant la phase de poussée, l’alimentation va jouer un rôle majeur avec 3 objectifs principaux :

1 – Éviter ou corriger les éventuelles carences nutritionnelles

En phase de poussée, vos apports énergétiques sont à augmenter pour palier ou prévenir d’une éventuelle dénutrition. Veillez donc à avoir des bons apports nutritionnels, notamment en protéines mais il ne faut pas pour autant négliger les vitamines, minéraux et oligo-éléments.

2 – Contrebalancer les effets de la prescription médicamenteuse

En plus des conséquences liées à la maladie (anémie, fatigue, diarrhée…), le traitement médicamenteux peut lui aussi engendrer des effets secondaires : prise de poids, augmentation du risque d’ostéoporose, problèmes cutanés
Pour palier à ses effets secondaires liés notamment à la prise de corticoïdes, il faut :
Limiter les produits sucrés,
Augmenter les apports en protéines,
Insister sur les apports en calcium et en vitamine D.

3 – Améliorer votre qualité de vie

Lorsqu’on a une MICI, on peut être victime de diarrhées. L’alimentation peut contribuer à les diminuer et pour cela, on privilégiera un régime pauvre en fibres alimentaire et en lactose, couramment appelé dans le milieu de la diététique « régime sans résidus ». Ce régime sans résidus est souvent vite élargi en régime sans fibres d’origine végétale dès l’amélioration des selles. Et en voyant ce qui est conseillé de manger dans un régime sans résidus, on comprend vite pourquoi on essaie de l’élargir rapidement !

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En pratique ça donne quoi ?

Quand tout va mal en début de phase de poussée, on recommande un régime sans résidus c’est-à-dire qu’on va éliminer de l’alimentation tous les aliments apportant des résidus. On appelle résidus la fraction alimentaire qui est non digérée et non assimilée par l’intestin grêle qui parvient jusqu’au colon où elle sera fermentée par la flore colique. Les fibres d’origines animale (collagène, élastine…) et végétale (pectine, cellulose…), le lactose, les amidons résistants, les résidus glucidiques (inuline des artichauts, raffinose des choux…) sont autant de résidus que l’on retrouve dans notre alimentation.

Les habitudes alimentaires des patients souffrant de MICI

Les aliments conseillés au cours d’un régime sans résidus « strict »

1 – Produits laitiers

– Préparation délactosée,
– Fromages à pâte pressée cuite du type Emmental, Beaufort, Comté,
– Fromages fondus du type Vache qui rit®.

2 – Viandes, poissons et œufs

– Viande maigre et viande blanche,
– Charcuterie dégraissée découennée non fumée comme par exemple du jambon cuit, du jambon sec, du bacon,
– Poisson maigre et éventuellement poisson demi-gras comme par exemple le bar, l’espadon, le tilapia, la raie,
– Œufs avec un blanc bien cuit.

3 – Féculents

– Biscottes non raffinées et autre équivalent,
– Pain blanc grillé,
– Céréales non raffinées et non cuisinées : riz blanc, semoule, pâtes, tapioca.

4 – Fruits et légumes

– Bouillons de légumes, filtrés, élaborés à partir de légumes peu fibreux et se digérant facilement : courgette, carotte, aubergine, salade, endive, betterave, blanc de poireau, potiron, haricot vert extra fin, épinard, tomate, cœur de fenouil,
– Bouillons de fruits filtrés légèrement sucrés (5g max de sucre pour 100g d’eau) réalisés à partir de fruits peu fibreux et se digérant facilement : pêche, brugnon, nectarine, poire, pomme, abricot, agrume.

5 – Matières grasses

– Huile, beurre et margarine végétale.

Tout savoir sur le régime sans résidus

Un régime très strict

Le régime sans résidus « strict » comme son nom l’indique est très strict (là on ne vous apprend rien !). Et c’est pour cela qu’on l’élargit très rapidement dès l’amélioration des selles. Sinon imaginez, pendant votre période de poussée, exit la crème fraîche, le lait et autres desserts lactés, les fromages frais, les pommes de terre et tout un tas d’autres aliments encore. Il serait difficile de suivre ce régime restrictif pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines ou même plusieurs mois pour certaines personnes souffrant d’une MICI !
Et sans parler des éventuelles carences nutritionnelles que ce régime strict peut causer. Le plus important à retenir pour les personnes atteintes d’une MICI c’est qu’il n’existe pas de conseils diététiques type. Donc, les aliments à supprimer temporairement et la réintroduction des aliments se feront en fonction de la tolérance personnelle. À vous de tester vos limites !

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Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources

– C. Carip et V. Liégeois, Physiopathologie : bases physiopathologiques de la diététique, Editions Tec et Doc, Lavoisier, 2000.
– M. Apfelbaum et al., Dictionnaire Pratique de diététique et de nutrition, Masson, 1981.
– E. Fredot, Régimes, Editions Tec et Doc, Lavoisier, 2011.
AFA Crohn – RCH – France.

Amandine BONNET, diététicienne WeCook

7 réponses à “Que manger avec une MICI ? L’alimentation en phase de poussée”

  1. C’est bien de la souffrance les intestins…..
    J’ai beau enlever pas mal d’aliments. ……
    Parfois je ne sais plus que manger…peur de souffrir gastro….ect

  2. Bonjour,

    Peut-on faire un régime cétogène quand on a une RCH ?

    1. jonathan epaillard dit : Répondre

      Bonjour,
      les sociétés savantes ne recommandent pas de régime spécifique pour les MICI, dont la RCH. Il faut tendre vers une alimentation variée et équilibrée. Le régime cétogène crée au contraire un déséquilibre en favorisant les lipides et en limitant fortement les sources de glucides qui ont pourtant un rôle dans notre alimentation (source d’énergie, de fibres alimentaires, etc.)
      Le régime cétogène est mal équilibré pour les périodes de crises de la RCH. Pendant ces périodes, l’approche est plutôt de palier ou éviter la dénutrition qui est fréquemment rencontrée. De plus, il faut aussi contre-balancer les effets des médicaments couramment pris en période de crise. Et à cela s’ajoute la fatigue, le risque d’anémie… donc une alimentation cétogène n’est pas adaptée au vu de la répartition des macronutriments.

      Certains articles visibles sur internet relient le régime cétogène à la maladie de Crohn. Attention, il faut lire ces articles avec du recul:
      – même si RCH et maladie de Crohn sont toutes 2 des MICI, il s’agit de 2 pathologies différentes
      – les articles citent des cas isolés ayant observé un effet bénéfique du régime cétogène ou des expérimentations, mais ces données à elles seules ne peuvent permettre une extrapolation à tous les patients atteints de Maladie de Crohn voire de MICI en général
      – l’avis du médecin/spécialiste est essentiel avant de débuter un régime spécifique

      En espérant avoir pu répondre à vos interrogations,

      L’équipe LQDP

  3. Que pensez-vous des compléments alimentaires pour essayer de « casser » le cercle vicieux (stress générant des périodes de crises qui obligent à modifier l’alimentation, ce qui bouscule le quotidien…………..Pensez-vous que la RCH est une pathologie qu’on garde à vie ?

    1. jonathan epaillard dit : Répondre

      Bonjour,
      Concernant les compléments alimentaires, il faut vraiment bien les choisir : des centaines de compléments sont disponibles sur le marché, avec des degrés d’efficacité très variables. En cas de RCH, il faut absolument en parler à votre spécialiste avant d’initier la prise de compléments alimentaires.

      Malheureusement, la RCH est une maladie dont on ne guérit pas (encore ?). Néanmoins, les soins actuels permettent le plus souvent d’éliminer les symptômes sur de longues périodes.

      En espérant avoir pu répondre à vos questions,

      jonathan de lQDP

  4. Bonjour, merci pour votre réponse ! Oui il faut sélectionner les compléments alimentaires, je me limite aux probiotiques et glutamine. Sinin je fais très attention au régime et aux ingrédients; il y a des ouvrages avec recettes et menus élaborés par le diététicien Cédric Ménard, cela aide beaucoup à amener de la diversité dans les repas et savoir s’entourer des bons ingrédients.

  5. Bonjour à tous, je commence aujourd’hui une cure le complément alimentaire à base de mélisse vitamine B2 et glutamine ce qui est censé jouer sur le confort intestinal et la mélisse et anti-inflammatoire la pharmacie elle me l’a conseillé cependant difficile pour moi de comprendre quel aliment me font du bien quel aliment me font du mal car parfois tu vas bien avec des aliments gras et parfois tu vas mal d’un seul coup… cependant je traite effectivement les choses parallèle à ma maladie c’est-à-dire le stress par des compliments alimentaire relativement naturels. Galère.. cependant ma pharmacienne m’a parlé d’une liste d’aliments je ne la trouve pas si quelqu’un on possède une je suis preneuse =)

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