L’alimentation est chaque jour davantage incriminée dans la prévalence des cas de cancers dans les pays développés. Mais, ces liens entre alimentation et cancer sont-ils avérés ? Ou est-ce une légende urbaine ? LQDP décrypte l’actualité.

1- Une alimentation bio protège-t-elle davantage du cancer ?

Les études se multiplient afin de souligner l’effet protecteur des aliments issus de l’agriculture biologique contre le cancer. Citons d’abord l’étude publiée en 2014 dans le British Journal of Cancer qui soulignait que le risque de cancer du sang diminuait de 21 % chez les consommatrices de bio. Cette étude avait été menée sur 623 080 femmes. Plus récemment, une étude française a fait grand bruit en mettant en avant un risque de cancer diminué de 25 % chez les consommateurs réguliers de produits biologiques. Un lien plus conséquent pour les lymphomes (-76 %) et pour les cancers du sein chez les femmes ménopausées (-34 %). Attention, ces chiffres sont à interpréter avec modération car aucun lien de cause à effet n’a pu aboutir et les biais semblent inévitables. En effet, les auteurs de ladite étude soulignent que les personnes qui consomment bio ont souvent tendance à être plus attentives à leur hygiène de vie. Les bienfaits des aliments issus de l’agriculture biologiques seraient liés à une moindre exposition aux pesticides, mais ce n’est qu’une hypothèse.

L’alimentation bio diminuerait-elle les risques de cancer ?

2- La viande rouge est-elle cancérogène ?

Diabolisée depuis plusieurs années pour ses impacts sur la santé ou la planète, la viande rouge semble dans une mauvaise passe. D’ailleurs, les recommandations nutritionnelles suggèrent de ne pas dépasser 500 g de viande par semaine et de limiter la viande rouge. Mais pourquoi ? Tout d’abord parce que le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) reconnaît la viande rouge comme « cancérogène probable » notamment pour le cancer colorectal. Ensuite, parce qu’une étude française (sur la cohorte S.U.V.I.MAX) a constaté que ceux qui mangent en moyenne 100 g de viande rouge par jour ont un risque de cancer supérieur de 30 % à ceux qui n’en mangent que 40 g par jour. Le responsable n’est pas scientifiquement identifié, mais les chercheurs évoquent le fer héminique, présent dans la viande, qui favoriserait la formation de composés N-nitrosés cancérogènes.

3- La cuisson au barbecue ou au grill est-elle dangereuse ?

Cuire la viande à haute température favorise la libération de substances chimiques cancérogènes : les amines hétérocycles et des hydrocarbures aromatiques polycycliques. Les premières sont produites sous l’effet de la chaleur par la créatine, naturellement présente dans la viande. Les seconds eux naissent de la décomposition des graisses sur les flammes d’un barbecue. Des substances toxiques volatiles s’échappent alors avec la fumée pour se déposer sur l’aliment.

4- Une consommation excessive de sel favorise-t-elle le risque de cancer ?

À celles et ceux qui ne peuvent s’empêcher de saler chacun de leurs plats (parfois sans les goûter en amont), mauvaise nouvelle : une consommation excessive de sel favorise le risque de tumeur de l’estomac. En effet, le sel est en cause dans l’inflammation des parois et stimule le développement de composés N-nitrosés. Le sel favoriserait également la colonisation par la bactérie Helicobacter pylori, qui augmente le risque de cancer de l’estomac.

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5- Un verre de vin par jour, vraiment bon pour la santé ?

Les études semblent se mettre d’accord : une consommation d’alcool, même modérée a des conséquences sur le risque de développer un cancer. Une étude publiée dans The Lancet, menée dans 195 pays, a étudié la consommation d’alcool au quotidien. Sur 100 000 personnes, 918 personnes buvant un verre par jour seront affectées par un cancer, contre 914 chez celles ne consommant pas d’alcool. Un écart moindre, presque infime en effet. Mais, à deux verres par jour, 977 personnes auront un cancer, et 1 252 à cinq verres par jour. Un verre ça va, mais davantage : s’abstenir.

Quelle alimentation pour minimiser les risques de cancer ou bien de rechute ?

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources

– Julia Baudry, Emmanuelle Kesse-Guyot et al., « Association of Frequency of Organic Food Consumption With Cancer Risk Findings From the NutriNet-Santé Prospective Cohort Study »,JAMA Intern Med., 22 octobre 2018,
– Curl  CL, Beresford  SAA, Fenske  RA,  et al., « Estimating pesticide exposure from dietary intake and organic food choices: the Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis (MESA) » Environ Health Perspect., 2015, 123 (5),
Sciences et Avenir, février 2019, n° 864.

Jonathan Epaillard

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