Si depuis quelques mois le sucre semble être la cible des médias, il ne faudrait pas oublier un de nos autres compagnons du quotidien : le seul. En effet, il existe également des risques liés à une consommation excessive de sel que nombre d’entre nous ont tendance à oublier. Explications.

Quels risques liés à une consommation excessive de sel ?

Certes, le sel se révèle nécessaire au bon fonctionnement de notre organisme. Néanmoins, les personnes qui ont la main lourde sur la salière s’exposent à davantage de risques. LQDP alarmiste ? Peut-être mais, toujours est-il que selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les décès imputés à une consommation excessive de sel représentent 2,5 millions de personnes à l’échelle mondiale. Rien qu’en France, près de 35 000 décès pourraient être évités grâce à une consommation de sel adaptée. Les maladies concernées ? L’hypertension, les maladies cardiovasculaires, l’ostéoporose, le cancer gastrique ou même l’insuffisance rénale.

Les Français consomment-ils trop de sel ?

Oui, un grand oui même ! Si l’OMS préconise une consommation quotidienne de l’ordre de 5 g/j et par personne, soit une cuillère à café, les Français ont la main trop lourde. Actuellement, en France, la consommation quotidienne moyenne quotidienne serait de 8,7 g/j chez les hommes et de 6,7 g/j chez les femmes. Quant aux enfants, la consommation moyenne de sel est de 5,9 g/j chez les garçons et de 5,0 g/j chez les filles, avec des variations en fonction de l’âge. Bien évidemment, il faut ajouter 1 à 2 g de sel par jour, dus au salage de l’eau de cuisson et des plats, par la grande majorité d’entre nous. Un petit calcul de tête plus tard, les hommes consomment le double des apports quotidiens recommandés en sel, et les femmes n’en sont pas si loin..

La peur vous envahit subitement lorsque vous pensez à tous ces petits plats auxquels vous ajoutez une pincée de sel ? Pensez à la table Ciqual, de l’ANSES, afin de connaître la teneur en sel (mais aussi en lipides, en sucres, en protéines…) des aliments que vous avez l’habitude de consommer.

Peut-être la raison pour laquelle les députés pensent à une éventuelle taxe sel :

La taxe sel, nouvelle arme contre les maladies chroniques ?

Le consommateur de sel à la loupe

Nous avons rencontré Adeline et Leïla, deux grandes consommatrices de sel. Aucun mets, aussi raffiné soit-il, n’est dégusté sans avoir été en amont recouvert de sel. C’est bien ça le problème : nombreux sont ceux qui agrémentent leurs plats avant de les goûter.

Visualisez une pizza achetée au rayon frais. Ce soir, l’idée même de cuisiner vous donne des vertiges. Vous sortez donc la pizza du frigo et la mettez au four. Raisonnable, vous ne mangez que la moitié de cette pizza, moitié sur laquelle vous aurez en amont ajouté une (grosse) pincée de sel. Eh bien, vous avez atteint voire dépassé l’apport quotidien recommandé, une part (1g ) salée par vos soins (1g ) suffisant à atteindre presque la moitié des apports quotidiens recommandés.

En effet, si ce geste aussi habituel qu’anodin, a des conséquences sur le long terme, certains aliments accroissent considérablement votre apport quotidien en sel, comme :

– le pain et les biscottes,
– la charcuterie (notamment le saucisson et le jambon secs),
– les bouillons,
– les produits de grignotage salés, les snacks,
– les sauces et les condiments,
– les fromages,
– les soupes et les potages,
– les quiches et pizzas,
– les plats cuisinés…

Industriels ou consommateurs : quels coupables ?

Si vous êtes comme Adeline, comme Leïla, comme toutes ces personnes qui utilisent le sel sans même y penser, déculpabilisez ! Vous n’êtes pas les seuls responsables. En effet, dans les pays dits développés, 80 % de l’apport de sel de notre alimentation provient des… aliments ultra-transformés (encore eux, oui) ! Vous l’avez peut-être oublié mais, depuis le Moyen-Age, le sel est utilisé afin d’augmenter la conservation des aliments. Et ça, les industriels l’ont bien compris…

Tout savoir (pour les éviter !) sur les aliments ultra-transformés (AUT)

Les 7 commandements d’une consommation raisonnée de sel

1 – Les aliments bruts, vous préparerez ;
2 – La quantité de sel utilisée dans l’eau de cuisson, vous réduirez ;
3 – Les plats, vous goûterez ;
4 – Les herbes aromatiques et les épices, vous essaierez ;
5 – La salière, vous cacherez ;
6 – Les grignotages salés, vous oublierez ;
7 – Les légumes crus de saison à l’apéritif, vous proposerez.

Sources

Organisation Mondiale de la Santé,
Table Ciqual,
Anses,
Service-public.

Jonathan Epaillard