Nous sommes nombreux à plébisciter les compléments alimentaires afin de pallier à d’éventuelles carences ou à dessein préventif. Mais si une supplémentation en vitamine D ou en oméga-3 était finalement sans bienfait sur notre santé ? LQDP fait le point.

Pourquoi une supplémentation en vitamine D ou en oméga-3 ?

Les oméga-3 sont voués à un engouement certain depuis plusieurs années car ils auraient un effet préventif et protecteur sur les maladies cardiovasculaires. On peut lire qu’ils auraient une efficacité certaine sur l’hypertension, l’hypertriglycéridémie, la douleur ou l’hypercholestérolémie. L’huile de foie de morue est notamment très en vogue.
Un apport plus conséquent en vitamine D permettrait de prévenir et d’améliorer les symptômes du psoriasis, de l’ostéoporose, du diabète de type 1 et des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) ou du cancer.

Mais a-t-on des preuves de tous ces bienfaits avancés ? Deux nouvelles études ont souhaité mettre un terme sur cette opacité relative aux bienfaits d’une supplémentation en oméga-3 ou en vitamine D. Pour ce faire, un essai randomisé contrôlé sous placebo a été mené sur 25 871 personnes. Des hommes âgés de plus de 50 ans et des femmes de plus de 55 ans ont été suivis sur un délai médian de 5,3 ans. Il s’agit là de l’étude la plus longue et la plus vaste sur le sujet. Les sujets ont reçu de la vitamine D à raison d’une dose quotidienne de 2 000 UI et 840 mg d’oméga-3 dans une capsule d’huile de poisson, doses recommandées par l’American Heart Association, notamment en prévention secondaire – action à un stade précoce de l’évolution de la maladie –  des maladies cardiovasculaires.

Oméga 3 et oméga 6 : c’est quoi au juste ? Sont-ils vraiment bons pour notre santé ?

Supplémentation en vitamine D et en oméga-3 : inutile ?

Au terme de cette étude, la supplémentation en oméga-3 ne constitue pas un bénéfice évident dans la lutte contre les événements cardiovasculaires majeurs, comme l’AVC ou le décès d’origine cardiovasculaire par exemple. Sur les 805 événements cardiovasculaires survenus durant l’étude, 386 concernaient le groupe bénéficiant de la capsule d’huile de poisson et d’oméga-3 et 419 concernaient le groupe contrôle, une différence donc non significative. Néanmoins, l’étude souligne une réduction significative des infarctus du myocarde. Une baisse qui est « à considérer avec prudence étant donné l’absence d’ajustement pour les facteurs confondants. »

La supplémentation en vitamine-D n’est pas non plus concluante quant aux décès par cancer, il n’apparaît en effet pas de baisse de risque de cancer du sein, de la prostate ou bien du côlon.

Près de 4 cancers sur 10 pourraient être évités en limitant les facteurs de risque

Sources

– Manson JE et al., « Vitamin D Supplements and Prevention of Cancer and Cardiovascular Disease », N Engl J Med.,  2019, 380, p. 33-44,
– Manson JE et al., « Marine n−3 Fatty Acids and Prevention of Cardiovascular Disease and Cancer », N Engl J Med., 2019, 380, p. 23-32,
Keaney JF,  « VITAL Signs for Dietary Supplementation to Prevent Cancer and Heart Disease », N Engl J Med., 2019, 380, p. 91-93
Journal International de Médecine,
Univadis.

Jonathan Epaillard

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