On va enfin avoir une bonne excuse à nos rondeurs : la GÉ-NÉ-TI-QUE !! Arrêtons de culpabiliser parce qu’on a mangé 2 carrés de chocolat (ou plus) ou parce qu’on a bu 2 verres d’alcool (ou plus). Car les faits sont là : la génétique pourrait en partie expliquer les surpoids. On va pouvoir dire que c’est la faute à nos aïeuls (oui oui la faute à). Car c’est prouvé : les personnes minces, qui ont un patrimoine génétique de personnes minces, seraient plus qu’avantagées et moins disposées à prendre du poids. Et ça, c’est pas juste !

Les personnes minces moins disposées à la prise de poids

Alors que de nombreuses études ciblent le surpoids ou l’obésité, peu d’études encore s’intéressent aux personnes minces et à leur patrimoine génétique. On le sait, il existe des gènes qui pré-disposent au surpoids. Certes. Mais qu’en est-il pour les personnes minces et sveltes ? Eh bien, après avoir récolté de nombreuses données génétiques, des chercheurs ont proposé un indice qui mesure le risque génétique. Et bingo ! Les personnes obèses ont un indice de risque génétique plus élevé que les personnes minces (ou tout du moins dont le poids est normal). Et inversement : les personnes minces ont un indice de risque génétique plus faible. En d’autres termes : plus vos aïeuls sont minces, plus vous avez des chances d’être mince. Alors retournez dans vos vieux albums photos, observez vos parents, grands-parents et autres ascendants, et faites vous une idée de ce qui vous attend (ou de ce qui attend votre conjoint(e) : il est peut-être encore temps de fuir !). Et la mauvaise nouvelle, c’est que tout individu est programmé pour avoir un certain nombre d’adipocytes, donc les dés sont lancés très tôt.

Surpoids et obésité : des pathologies plus complexes qu’il n’y paraît

On le sait, l’obésité et le surpoids sont des pathologies qui ne cessent de prendre de l’ampleur depuis quelques décennies : à l’échelle mondiale, le nombre de cas d’obésité a presque triplé depuis 1975. En 2016, presque 2 milliards d’adultes étaient en surpoids, dont 650 millions en obésité. Et attention, ces pathologies concernent de plus en plus les enfants et adolescents. Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), ces pathologies sont principalement liées à deux facteurs :
– Une surconsommation d’aliments (qui plus est, d’aliments de mauvaise qualité nutritionnelle) ;
– Une diminution de l’activité physique et un accroissement de la sédentarité.

Et le calcul est simple : si les apports caloriques sont trop conséquents et la dépense énergétique trop faible, il y a fatalement une prise de poids. CQFD ! Oui mais, cela ne semble pas si simple que ça. Certaines personnes peinent à perdre du poids, malgré de faibles apports et une activité physique importante. Car cela peut tout simplement être lié à la génétique. Mais la richesse et l’environnement alimentaire prennent de plus en plus le dessus sur ce qui est génétiquement programmé. Car l’offre alimentaire est telle que cela influe trop notre comportement alimentaire. On mélange les notions d’envie et de faim, il y a confusion entre les besoins physiologiques (faim) et l’aspect psychologique (envie, les émotions qui nous poussent à manger, la solitude qui se comble en mangeant plus, etc…).

Manger ses émotions : rencontre avec le Dr Gauthier

D’autres raisons peuvent expliquer une non perte de poids :

L’aspect hormonal : par exemple, les hormones thyroïdiennes ont un impact sur le poids. De même, le niveau de stress (et donc de cortisol) peut amener à un excès de stockage.
Une mauvaise idée de votre équilibre alimentaire : vous avez l’impression de bien manger, mais en réalité si on regarde de plus près, votre alimentation pourrait être plus variée et diversifiée, moins riche également. Parfois, à tort, on supprime une catégorie d’aliments de peur de prendre du poids. Mais cela influe alors sur l’équilibre alimentaire et sur la perte de poids. N’hésitez pas à vous rapprocher de professionnels de santé pour leur demander conseil.
Vous ne buvez pas assez : l’eau aide à éliminer. Vérifier que vos apports d’eau sont compris entre 1 l et 1.5 l par jour.
Le sommeil : avoir un bon sommeil aide à être à votre poids de forme car un mauvais sommeil influe sur le métabolisme de base.
Le stress et les émotions fortes : la prise de nourriture répond plus à des besoins psychologiques, émotionnels, hédonistes et psychoaffectifs. Et dans ce cas, comme dit plus haut, la prise alimentaire est déconnectée des besoins physiologiques, elle devient déraisonnée.
Les moyens de contraception.
Certaines circonstances : une grossesse, le sevrage tabagique, un deuil, des difficultés personnelles ou professionnelles : autant de facteurs et d’étapes de notre vie qui pourraient avoir un impact sur notre prise alimentaire.

Donc difficile de dire que c’est facile de bannir le surpoids et l’obésité quand on voit tous les paramètres qui peuvent avoir un impact sur la prise de poids. Le plus important est de vous sentir bien dans votre peau et de vous rapprocher de professionnels de santé pour une prise en charge si vous en ressentez le besoin !

Obésité : au-delà de l’impasse ?

Sources

OMS,
Pourquoi Docteur,
– « Régimes », Modules R3, Bousquet R., Meilhat C., et Piasecki S., Cours du CNED du BTS Diététique 2ème année, 2012/

Raphaelle Santarelli