La rectocolite hémorragique (RCH) est une pathologie qui atteint le côlon et le rectum. Très douloureuse, cette pathologie n’est pas sans conséquence sur le mode de vie : régime strict avec une hygiène de vie très contraignante. Mais l’espoir reste possible : des greffes fécales de donneurs pourraient induire une rémission chez les patients, ouvrant des perspectives intéressantes pour soigner les patients !

Des greffes fécales en anaérobiose ouvrent un réel espoir pour soigner les patients atteints de RCH

Les résultats sont là : une greffe fécale effectuée dans un milieu sans oxygène (dit milieu anaérobie) donne lieu à une rémission de la rectocolite hémorragique, avec un taux de rémission de 32 %. Ce résultat est intéressant lorsque l’on compare à des témoins (c’est-à-dire des patients à qui on a donné des placebos), où le taux de rémission est de seulement 9%. Cette étude, dirigée par le gastro-entérologue Sam Costello, a été conduite sur 73 patients atteints de RCH.

Pour le moment, la transplantation fécale n’est pas autorisée pour soigner la RCH. Elle est actuellement seulement utilisée pour soigner les infections récidivantes à Clostridium difficile. Bien que prometteuse, la transplantation doit pour le moment être pratiquée que dans le cadre de recherche expérimentale. Car les recherches évoluent ! Il y a quelques années, la transplantation fécale était utilisée avec des selles fraîchement émises et donc réutilisées dans des délais courts. Puis des selles congelées ont été utilisées avec des résultats intéressants également. Maintenant, l’étude du milieu montre son importance : la recherche est loin de nous avoir tout dévoilé, et d’autres études sont nécessaires pour pérenniser les résultats d’une part et pour optimiser les conditions d’utilisation de la greffe fécale d’autre part.

Le microbiote fécal, parent pauvre du microbiote intestinal

Le milieu anaérobie : le point clé de cette étude

Le point clé de cette étude est le contexte dans lequel s’est effectuée la greffe fécale : le milieu sans oxygène. Si la « bactériothérapie » ou « fécothérapie » semble de plus en plus prometteuse pour soigner ce type de pathologie, les conditions de greffe fécale ne sont pas toujours identiques d’une étude à l’autre. Contrairement à la plupart des études déjà réalisées pour faire des greffes fécales à des patients atteints de RCH, ici la greffe fécale a été effectuée avec des selles traitées par un traitement anaérobie. Ce milieu sans oxygène permet de sélectionner certaines bactéries et donc de mieux cibler le type de bactéries qui resteront pour la greffe fécale. Très porteuse, cette étude a déjà abouti à une collaboration avec un laboratoire pharmaceutique pour développer ce type de greffe fécale en milieu sans oxygène.

La rectocolite hémorragique : une pathologie difficile

La RCH se caractérise par des poussées évolutives douloureuses, associées à des saignements dans les selles, et des périodes de rémission. Des troubles du transit sont présents également, avec également douleurs abdominales, crampes, fatigue, anémie, fièvre, perte de poids…
La gravité d’une crise pourrait se classifier de la façon suivante :
– Légère : on va aux toilettes moins de 4 fois par jour, avec ou sans pertes de sang ;
– Modérée : on va aux toilettes de 4 à 6 fois par jour, et le patient se sent mal. Il peut y avoir des saignements ;
– Grave : on va aux toilettes plus de 6 fois par jour, il y a émission de selles très liquides avec pertes de sang. D’autres symptômes sont associés (fièvre, anémie, etc…).

Tout savoir sur la rectocolite hémorragique ou RCH

Les traitements médicaux ont principalement pour but d’atténuer les douleurs et les symptômes associés à cette pathologie. Car c’est là toute la difficulté de cette pathologie : il n’existe pas de traitement curatif.
Le principal traitement de laRCH  est basé sur la diététique, avec un régime sans résidus strict. Cela permet de mettre le côlon au repos et d’éviter toute agression de celui-ci. Dans les formes les plus lourdes, une alimentation entérale voire même parentale sera proposée au patient.

Sources

JAMA Network,
Association française de formation médicale continue en hépato-gastro-entérologie,
Physiothérapie pour tous,
Pourquoi Docteur,
– Bases physiopathologiques de la diététique, module BP6, Caron F. et Gandonnière J.C., Cours CNED BTS Diététique 2ème année, 2013.

Raphaelle Santarelli