La douleur peut être une réalité du quotidien pour certains. Douleur articulaire, musculaire… d’origine inflammatoire, organique, … Les causes sont multiples mais le fait est bien là : on a mal et on ne pense qu’à ça ! En quoi l’empathie pourrait-elle nous aider dans tout ça ?

Douleur et empathie, 2 notions liées…

D’un côté il y la douleur que nous ressentons. Celle-ci est la traduction d’une perception sensorielle : nos nocicepteurs, des récepteurs sensibles à la douleur et présents dans tout l’organisme, sont sollicités et transmettent l’information au cerveau. Celui-ci reçoit l’information et l’interprète en tenant compte d’autres informations à sa disposition : le contexte, l’environnement, l’expérience, … La douleur est alors localisée et ressentie.
Ces informations annexes sont importantes dans la perception de la douleur. Elles expliquent pourquoi nous ne ressentons pas tous la douleur de la même manière, et pourquoi la perception diffère d’un cas à l’autre chez une même personne.

La douleur, une fatalité ?

D’un autre côté, il y a l’empathie, cette faculté à se mettre à la place de l’autre, à partager son ressenti, que celui-ci soit positif ou négatif. L’empathie s’applique notamment à la douleur : en ayant de l’empathie, j’ai conscience de la douleur de l’autre sans pour autant me l’approprier.
L’empathie fait intervenir des zones du cerveau très proches des zones activées en cas de douleurs cependant, les circuits sont différents. Dans le premier cas, les zones concernées sont liées aux émotions, dans le second cas elles sont liées à nos sens.

Les études de comportement ont permis de cerner le concept d’empathie :
– L’empathie n’est pas innée, mais elle s’acquiert au cours de l’enfance
– On peut ressentir de l’empathie même sans avoir vécu la souffrance de l’autre
– Nous sommes capables de moduler notre empathie. Par exemple, nous avons plus d’empathie pour une personne que nous connaissons et que nous aimons que vis-à-vis d’une personne que nous n’aimons pas.

L’empathie d’origine génétique ?

Empathie et corps médical

Cette capacité à nuancer son empathie est parfois nécessaire. Comme dans le cas des personnels soignants ou des personnes qui sont confrontées quotidiennement à des situations difficiles : réduire son empathie permet alors de se protéger vis-à-vis d’un trop-plein d’émotions.

Faire preuve d’empathie à l’égard d’un patient qui souffre permet pourtant de soulager sa douleur. C’est ce qu’a récemment montré une équipe de l’Inserm qui a mené successivement deux expérimentations :

– Lors de la première expérimentation, l’équipe de recherche a confirmé le rôle de l’empathie sur la perception de la douleur. Une pression douloureuse était appliquée à des sujets qui entendaient dans le même temps soit des phrases empathiques, soit des phrases neutres, soit des phrases non-empathiques. Conclusion : lorsqu’ils entendaient des phrases empathiques, les sujets évaluaient leur douleur de façon moins importante que dans les 2 autres cas. Une réduction de 12% de l’intensité de la douleur a ainsi été reportée, ce qui n’était pas le cas lorsque les personnes entendaient des phrases neutres ou non-empathiques. Cette expérimentation a donc confirmé que l’empathie pouvait influer sur la douleur perçue.

– La seconde expérimentation a permis d’affiner les mécanismes en action. A l’aide de l’imagerie médicale, l’équipe de recherche a observé les zones du cerveau sollicitées lors de la sensation douloureuse. Leur focus portait sur les zones sensorielles (qui apportent l’information de la douleur) et les zones émotionnelles (qui modulent le message reçu par le cerveau). Les chercheurs ont alors observé que les phrases empathiques modulaient non pas la sensation de la douleur mais les émotions qui lui sont liées. En modifiant le contexte par une attitude empathique, la sensation douloureuse est alors atténuée.

Tandis que l’équipe de recherche continue à explorer les arcanes de l’empathie, son rôle semble central dans la prise en charge et l’accompagnement des patients.

Soulager la douleur en sollicitant le cerveau : le pari de Lucine

Sources

Inserm,
Inserm,
Cortex Mag.

Béatrice Février

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