En avril dernier, vous étiez 82 % à répondre à un petit sondage que la prise en charge de votre douleur par les professionnels de santé était insuffisante. Nous avions résumé la situation dans un article intitulé « La douleur, une fatalité ».
Hasard bienvenu, l’ouvrage La douleur n’est pas une fatalité ! Comprendre et apprivoiser la douleur, sorti en juin 2018 répond à nos attentes.

La douleur, une fatalité ?

Préfacé par le Pr André Grimaldi, l’ouvrage est très complet, que nous soyons douloureux ou non, sur un syndrome qui, lorsqu’il est permanent affecte la vie quotidienne et peut engendrer isolement, dépression… Pour mieux vaincre son ennemi, il faut le connaître. Présentations.

Comprendre et apprivoiser la douleur.

Tout d’abord, rappelons les fondamentaux. « Universellement partagée et totalement singulière […] aucune douleur ne ressemble à une autre et pour un même individu, d’un moment à l’autre. » De plus, le douloureux n’est pas forcément un malade : « Il y a des douleurs sans maladie et, à l’inverse, des maladies sans douleur. » Enfin la douleur c’est aussi un grand nombre de personnes touchées.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « 1,65 milliards de personnes soit 22 % de la population mondiale tous âges confondus […] est concerné. En France, un adulte sur cinq souffre d’une douleur chronique, soit plus de douze millions de personnes. »

À quand une reconnaissance de la douleur ?

Depuis une trentaine d’années, les mentalités sur la douleur ont changé. Ce mouvement évolue très lentement et les politiques ne font pas preuve d’audace en la matière. Au contraire !

En effet, il y a vingt ans, la France était pionnière dans la prise en charge de la douleur. Aujourd’hui, « les médecins expriment leur inquiétude sur l’avenir de cette filière.» Ils déplorent l’absence d’un quatrième plan de lutte contre la douleur, l’insuffisance de la formation initiale…
Si actuellement, on reconnaît la douleur (centres et consultations anti-douleur), on cherche aussi à l’évaluer (échelles d’évaluation de la douleur) voire même à la prévenir (en évitant les douleurs induites par les soins).

De plus, les douloureux demandent à être reconnus. Les médecins parlent de syndrome mais les patients souhaiteraient que l’on parle de maladie. « Personne ne comprend ce que signifie « avoir un syndrome », alors que déclarer « avoir une maladie » permet que celle-ci soit reconnue par son entourage familial et professionnel. »

Des douleurs

La douleur ne survient jamais seule. Il faut un élément déclencheur : une blessure par exemple. En règle générale, la douleur disparaît « lorsque la blessure initiale est cicatrisée ».

Il existe trois types de douleur :

aiguë, lorsqu’elle est liée à une « atteinte tissulaire brutale : traumatisme, lésion inflammatoire, distension d’un viscère… » ;
procédurale, lorsqu’elle est « induite par les soins : ponction, pansement, prise de sang, mobilisation du patient… » et enfin
chronique, lorsque c’est cette douleur qui va affecter le plus la vie de celui qui la subit.

La Haute autorité de santé la définit comme « un syndrome multidimensionnel » exprimé par la personne qui en est atteinte.

– Cette douleur est chronique, quelle que soit sa topographie et son intensité, lorsque la douleur présente plusieurs caractéristiques.
– Elle est persistance ou récurrence, d’une part, lorqu’elle dure plus de 3 mois après un soin correct de la cause.  Et, d’autre part, quand il y a une détérioration significative et progressive des capacités fonctionnelles et relationnelles du patient dans ses activités de la vie quotidienne (école ou travail, domicile) ».

Pas de traitements ?

Parmi les personnes atteintes de douleur chronique, seules 30 % sont soulagées par un traitement. Et lorsqu’on parle de traitement,  les médicaments contre la douleur sont souvent « tous anciens, peu diversifiés, ont une efficacité limitée et sont parfois mal tolérés ».

Des lunettes à réalité virtuelle contre la douleur

La médecine semble dépassée par ce syndrome. « Il faut reconnaître une certaine impuissance de la médecine face à cette pathologie (…) » En effet, face à la douleur, la médecine peut au mieux « l’atténuer, la soulager, mais n’est pas encore parvenue à la vaincre ».

L’exemple de la fibromyalgie

Caractérisée par des douleurs intenses dans tout le corps, la fibromyalgie accuse des douleurs des muscles telles des courbatures intenses, une grande fatigue surtout le matin… Cette pathologie aura eu l’avantage (c’est bien le seul) de faire avancer les choses dans le traitement de la douleur.
Outre un outil pratique de dépistage de cette maladie, on propose actuellement aux malades, un nouveau traitement qui pourrait faire naître beaucoup d’espoirs : la stimulation magnétique transcrânienne.
« Il s’agit d’une technique non invasive de stimulation du cortex cérébral moteur développé dans quelques centres hospitaliers. Cette méthode active des systèmes impliqués dans la modulation de la douleur et qui sont altérés dans certaines douleurs chroniques. »
Ce traitement a fait l’objet d’une étude qui a montré qu’une stimulation par jour (séance de 20 minutes) pendant deux périodes de cinq jours réduit la douleur chez 30 à 40% des patients, avec un effet positif sur la qualité de vie en général.

Une bactérie qui atténue les douleurs du syndrome de l’intestin irritable : une lueur d’espoir ?

Alors, grâce aux progrès, aux malades et aux médecins, on pourra affirmer vraiment que « La douleur n’est pas une fatalité ! »

Pédagogie de la douleur

Ce livre devrait être mis entre toutes les mains de ceux qui souffrent ou de ceux qui ont un proche souffrant. Il est très didactique, son style est clair et a le mérite de vulgariser des concepts médicaux. Savoir, comprendre et, ainsi, être capable de faire preuve d’une réelle empathie.
Ce livre ne tombe jamais dans le travers du pathos. Les expériences de patients sont imaginaires mais inspirées de faits réels.

Comprendre et apprivoiser la douleur

Dirigé par un expert scientifique et écrit par un journaliste et un professionnel du sujet, ce livre fait partie d’une collection qui s’adresse à un large public non spécialiste mais curieux de comprendre l’actualité de sujet d’actualité comme l’alimentation, la santé, l’environnement… Vous trouverez à la fin de cet ouvrage tous les ouvrages utiles ainsi que des adresses de sites internet d’associations mais aussi par spécialité, pour aller plus loin dans le sujet. Une collection pédagogique à mettre entre toutes les mains.

Sources

– Toutes les citations suivies par ce signe sont tirées du livre : La douleur n’est pas une fatalité ! Comprendre et apprivoiser la douleur. Odile Robert et avec le Pr Bernard Calvino. Préfacé par le Pr André Grimaldi. Editions Quae 2018. 182 pages. 19 euros
– La Société Française d’Études et de Traitement de la Douleur

LQDP

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