L’empathie, on en entend souvent parler, qu’il s’agisse du cadre personnel ou bien professionnel. Certains sont réputés comme ayant trop d’empathie pendant que d’autres en seraient dénués. L’empathie, c’est la faculté de se mettre à la place de l’autre, de comprendre ce qu’il ressent. Et la recherche signale qu’empathie et génétique ne seraient pas totalement indissociables.

L’empathie en partie génétique

L’empathie est notre capacité à comprendre l’émotion et le ressenti des autres et à y apporter une réponse adaptée. Selon les résultats d’une étude publiée dans Translational Psychiatry, menée par une équipe de l’université de Cambridge, associée à des chercheurs de l’Institut Pasteur et de l’université Paris Diderot, l’empathie serait en partie génétique. « En France, dire que l’empathie a une prédisposition génétique, c’est s’aventurer sur un terrain miné », prévient d’emblée Thomas Bourgeron, généticien et professeur à l’université Paris Diderot. 

Empathie : environnement, éducation, expérience personnelle et… génétique

Les scientifiques ont utilisé les données d’une entreprise américaine qui propose des analyses génétiques à ses clients. 46 000 personnes dont on connaissait le génome ont répondu à un questionnaire, censé mesurer leur degré d’empathie. Les chercheurs ont ensuite comparé leurs réponses à leur génome, et ont pu découvrir que les gènes expliquaient 10 % des différences entre les individus.

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Cependant, n’allons pas trop loin, il n’existe pas de « gène de l’empathie », et Thomas Bourgeron précise, « ce que l’on a montré, c’est que l’on avait des variants génétiques qui étaient plus fréquents chez des personnes avec empathie, et puis d’autres qui étaient plus fréquents chez des gens qui en avaient moins ». Le degré d’empathie serait donc dû à 10 % à la génétique et à 90% à l’environnement, l’éducation et l’expérience personnelle. 

Empathie et maladies psychiatriques

Cette étude a également identifié des variants génétiques associés à l’empathie qui joueraient un rôle dans certaines maladies psychiatriques comme l’autisme, la schizophrénie et certains traits de caractère.

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Le Pr Bourgeron explique, « l’empathie fait partie du cerveau social, et c’est vrai que les personnes atteintes d’autisme ont des problèmes d’interaction sociale, et ont du mal en particulier à comprendre les émotions des autres (…) Ce type d’étude sur l’empathie pointe vers les variants qui sont peut-être impliqués dans le trouble autistique ».

Enfin, les résultats montrent que les filles sont plus empathiques que les garçons. « Cette variation n’est pas due à notre ADN car aucune différence n’a été observée à ce niveau », précise Thomas Bourgeron. Il s’agit plutôt d’une différence d’éducation, de socialisation, et de facteurs biologiques non génétiques.

Léa Coulanges