Les Français ont-ils conscience de ce que coûtent les traitements contre le cancer ? Et, la santé a-t-elle un prix ? L'Observatoire cancer Institut Curie / Viavoice s'est efforcé d'y répondre lors de son enquête annuelle 2017.

À la chasse au juste prix

C’est un fait. Les Français n’ont majoritairement pas idée des prix engendrés par le traitement d’un cancer. Si les personnes sondées s’inscrivaient à ce bon vieux Juste Prix, on peut affirmer que les gagnants seraient fort peu nombreux. En effet, 3 personnes sur 4 sous-estiment le prix d’une journée d’hospitalisation dans un service de cancérologie. Pour rappel, il oscille entre 1600 € et 2170 €, et 55% des personnes interrogées estiment que cela revient à moins de 500 € par patient.

Avez-vous une idée d’un traitement dit classique de chimiothérapie pour une patiente atteinte d’un cancer du sein ? Non ? Eh bien, vous n’êtes pas seul : 67% des sondés sous-estiment le prix de ce traitement, qui coûte entre 5200 € et 31200 € selon la molécule utilisée, et près d’un quart d’entre eux pensent que ce traitement coûte moins de 500 €.

Alors, que seulement 9% des personnes interrogées aient une idée du prix d’un essai clinique – de 10 000 € à 25 000 € – ne nous étonne guère. Un essai clinique (une étude médicale réalisée sur un patient afin d’évaluer l’efficacité d’un nouveau traitement) coûterait selon 23% du panel moins de 500 €.

Et le prix d’un traitement innovant type immunothérapie ? On passe son tour ? Comme 96 % des Français en fait ! Ce type de traitement affiche des prix compris entre 80 000 € et 116 000 € et près d’une personne sur cinq pense que son coût serait inférieur à 500 €.

Le prix des médicaments, ça intéresse qui ?

En tant que patient bénéficiant d’une prise en charge, on ignore bien souvent le coût des traitements car nous n’avons tout simplement pas d’information dessus. Et les professionnels de santé ? Leur préoccupation principale n’est-elle pas de donner les meilleures chances au patient ? Le prix n’est pas leur priorité, et c’est tant mieux !

Et surtout, qui est le gagnant ?

Les traitements innovants pour le cancer fleurissent comme coquelicots au printemps sur le marché. Chaque traitement – et donc autant de laboratoires pharmaceutiques – devient, l’un après l’autre, LE nouveau traitement anti-cancer. L’innovation et la santé semblent justifier le prix, ce dernier augmente en effet de 6 à 8 % chaque année. À celles et ceux qui l’ignoraient encore, les comptes de la santé publique ont un ennemi : l’industrie pharmaceutique.

Le bateau finira-t-il par couler ?

En France, les médicaments anticancéreux coûtent à l’Assurance Maladie 3,2 milliards d’euros chaque année, soit près de 20 % des dépenses totales de la prise en charge des cancers. Et les surcoûts liés à ces traitements seraient supérieurs à 1 milliard d’euros par an.

Iceberg visible, droit devant

Alors que l’Assurance Maladie connaît des heures difficiles, pourra-t-elle chaque année supporter tant de dépenses supplémentaires ? Prenons l’exemple de l’affaire Sofosbuvir. En 2014, un nouveau médicament contre le virus de l’hépatite C a été commercialisé en France par Gilead, sous le nom Sovaldi. Devinez combien coûtait une boîte ? 13 667 €, soit près de 40 000 € pour un traitement curatif de trois mois !

Depuis ? Le ministère de la Santé et le laboratoire Gilead ont conclu un accord : le traitement curatif de trois mois coûte désormais moins de 28700 €. Preuve que la santé a bel et bien un prix, et pas forcément le juste prix.

Sources

– Observatoire cancer Institut Curie / ViaVoice.
Ministère de la Santé et des Solidarités.
Libération.

Jonathan Epaillard

1 réponses à “Combien devrait coûter, selon vous, un traitement anticancer ?”

  1. […] entre ces derniers et les acteurs des services de santé, et qu’ils ont compris que le prix de certains médicaments – déjà faramineux – continuerait à augmenter, au nom de la santé de […]

  2. Un patient guéri ne rapporte plus. C’est la vision que j’ai de la médecine après avoir dû me battre seule face à des médecins qui n’avaient qu’une idée en en tête,me gaver de traitements et me noyer sous les rdv,plutôt que de trouverles raisons de mon problème de santé.

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