La malbouffe, vraiment difficile d’y résister. Un chocolat, un burger, une pizza… Nous sommes très nombreux à nous autoriser des écarts. Des écarts qui nous font culpabiliser, jusqu’à cacher à nos proches nos petits instants gourmands.

La malbouffe a toujours autant d’adeptes

Une étude menée par l’IFOP a récemment étudié le rapport à la malbouffe d’un millier de Français. Rassurez-vous, si vous craquez souvent pour du chocolat, c’est comme 99% du panel. Le sucré fait l’unanimité puisque 98% des Français reconnaissent un laisser-aller régulier ou occasionnel à l’encontre des glaces. Et près de 8 personnes sur 10 admettent avoir du mal à résister à l’appel de la pâte à tartiner malgré les conséquences sur l’environnement et sur la santé de ce pot de pâte à tartiner.

Quant au salé, ce qui semble avant tout compter est le plaisir. 97% d’entre nous répondent à l’appel des frites quand 96% n’hésitent pas à partager une pizza. Mais qu’en est-il de ce symbole de la malbouffe qu’est le hamburger ? Nous sommes à peine plus résistants car 85% des personnes sondées en consomment fréquemment, à parts égales avec les plats préparés (surgelés ou en conserve), le summum des aliments ultra-transformés. Le kebab, autre symbole de la malbouffe, est davantage boudé par les consommateurs car près de 3 personnes sur 10 n’en mangent jamais.

Tout savoir (pour les éviter !) sur les aliments ultra-transformés (AUT)

La malbouffe au nom du plaisir

Force a été de constater que la malbouffe a longtemps été plébiscitée par son aspect pratique ou bon marché. Pourtant, la malbouffe constitue également une réelle source de plaisir pour les consommateurs. 53% des Français interrogés reconnaissent avoir « beaucoup » de plaisir à manger du chocolat, quand 47% du panel a cette sensation concernant les glaces durant la période estivale. Ces produits pourtant très sucrés sont à ce jour encore considérés comme des petits plaisirs légitimes.

Pour autant, si les consommateurs ont conscience du fort apport en graisses des produits salés, ils sont néanmoins 38% à prendre « beaucoup » de plaisir à manger des frites, 37% pour la pizza, contre seulement 22% pour un hamburger. Une exception à relever concerne les plats préparés car seulement 5% du panel y prend « beaucoup » de plaisir (et on peine à comprendre ces 5%).

Le plaisir de la malbouffe plus répandu chez les femmes

L’enquête menée par l’IFOP révèle que les femmes prennent davantage de plaisir à la malbouffe. En effet, si 48% des hommes prennent beaucoup de plaisir lorsqu’ils s’abandonnent dans la tablette de chocolat, c’est le cas pour 57% des femmes. La pâte à tartiner est source de plaisir pour 16% des hommes contre 26% des femmes, écart presque similaire pour les bonbons avec une différence de 7 points (17% de plaisir pour les hommes, 24% pour les femmes).

Quant aux produits riches en gras et en sel, le plaisir est également plus conséquent chez les femmes. Une pizza par exemple procure « beaucoup » de plaisir chez 39% des femmes, contre 33% des hommes. Les collations salées font plaisir à 24% des femmes mais seulement 16% des hommes.

Comment expliquer de tels écarts ? Les femmes sont plus largement exposées aux normes de minceur sociétales, aussi est-il probable que l’expérience de la malbouffe soit une expérience « plus rare et plus transgressive ». De plus, se laisser tenter par la malbouffe correspond à une sorte de lâcher-prise dont le plaisir est plus conséquent chez la gent féminine, cette dernière étant très sensible au contrôle du poids et veillant à avoir une alimentation équilibrée.

Quid de la culpabilité liée à la consommation de malbouffe ?

Les recommandations du Programme National Nutrition Santé semblent être assimilées par les Français. En effet, lorsqu’ils s’autorisent des petits écarts, la culpabilité est là chez 52% des femmes et 47% des hommes. Quand on se jette sur le pot de pâte à tartiner, sur un hamburger, on transgresse les normes véhiculées par les médias et les recommandations nutritionnelles.  Ainsi, ce sentiment de culpabilité est plus conséquent chez les jeunes femmes (61% des moins de 25 ans, 70% des étudiantes) et les cadres (66%), catégories sociales largement exposées aux discours sur le bien manger.

La pâte à tartiner est particulièrement culpabilisante, du fait de sa très forte teneur en sucre (50%) et de son impact environnemental (20% d’huile de palme). En effet, 52% des femmes âgées de moins de 25 ans ont honte lorsqu’elles s’autorisent une tartine accompagnée de pâte à tartiner (contre 38% des hommes). Chez les femmes cadres, ce sont 63% d’entre elles qui ont honte de leur amour pour la pâte à tartiner.

Cette culpabilité pousse d’ailleurs près d’un Français sur cinq à dissimuler ces petits plaisirs trop sucrés, trop salés ou encore trop gras. Une tromperie qui est plus importante chez les jeunes et les étudiants, avec 30 et 37% de consommation de malbouffe dissimulée.

Une culpabilité variable à l’échelle nationale

Il est intéressant de remarquer que ce sentiment de honte à l’égard de la malbouffe est davantage répandu dans les régions où la prévalence de l’obésité est plus conséquente. Dans le nord-est de notre territoire, la proportion d’obèses est supérieure à la moyenne nationale (+ 5 points), et c’est également là-bas que ce sentiment de culpabilité est le plus élevé. En effet, les habitants des Hauts-de-France et du Grand Est se sentent coupables lorsqu’ils consomment de la malbouffe respectivement dans 55% et 54% des cas. A contrario, ce sentiment de culpabilité est plus bas en Occitanie (43%), région française où le taux d’obésité est le plus faible (11,6% de la population de Midi-Pyrénées). Force est donc de constater qu’en matière de prévention nutritionnelle, la population est bien informée et se préoccupe davantage des petits écarts si l’IMC est élevé.

La malbouffe est parfois le seul petit plaisir que l’on peut s’accorder :

La malbouffe : une preuve d’amour ?

Source

IFOP.

 

Jonathan Epaillard