Le surpoids et l’obésité sont des pathologies qui s’accroissent très, trop, rapidement. Mais, phénomène assez nouveau, et inquiétant, c’est que ces pathologies touchent de plus en en plus d’enfants, alors que jusqu’à présent, les pathologies n’étaient « réservées » qu’aux adultes. En cause ? La malbouffe et la sédentarité. Mais pas seulement : des produits chimiques présents dans des aliments contenant du plastique pourraient aussi induire cette obésité infantile.

Les bisphénol S et F, obésogènes ?

Il s’agit là de résultats d’une étude épidémiologique faite par des américains. A partir d’enquêtes alimentaires faites auprès d’américains, ils ont établi un lien entre aliment, présence de bisphénol F (BFF) et S (BFS), et la masse corporelle chez les enfants. Et ce lien est le suivant : les enfants présentant les taux les plus importants de BPS et de BPF dans leurs urines étaient plus susceptibles d’être obèses que ceux avec de plus faibles niveaux. Des résultats plus qu’alarmants pour deux raisons :
– Cela montre que non seulement la malbouffe et la sédentarité jouent sur l’obésité, mais que les produits chimiques ont leur place dans cette pathologie
– Des résultats alarmants car depuis 2015, le bisphénol A est interdit et est remplacé par d’autres composés, comme le Bisphénol S et F. Ce remplacement ne serait donc pas non plus sans conséquence pour l’homme.

Et pour compléter ces résultats, il a été démontré que le bisphénol S était obésogène chez des souris mâles.

Du bisphénol A à d’autres composés chimiques : des effets similaires

Le bisphénol A est une substance chimique utilisée dans de nombreux matériaux depuis plus de 50 ans, comme les plastiques alimentaires. Mais ce bisphénol est largement décrié du fait de son action comme perturbateur endocrinien (il mime en quelques sortes les actions d’hormones sexuelles). Il représente particulièrement un risque pour la femme enceinte et l’enfant à naître.

Alors, ce bisphénol A a été remplacé par du bisphénol F et S (entre autres) depuis 2015. Ces composés sont présents dans les canettes en aluminium, certains plastiques, les tickets de caisse ou bien les étiquettes alimentaires. De prime abord, c’est une super idée. Mais comme cela arrive souvent, on se rend compte après coup que ce n’est pas si adapté pour l’homme : par exemple, le bisphénol S serait 250 fois plus absorbé par l’organisme que le bisphénol A. Il persisterait 3 fois plus longtemps dans l’organisme, et serait bien plus toxique que le bisphénol A. D’autres études doivent être menées pour une meilleure réglementation sur ce bisphénol (en 2016 : seulement 89 études sur ce composé étaient comptabilisées, contre 9663 pour le bisphénol A).

Perturbateurs endocriniens : comment affectent-ils notre santé au quotidien ?

Bisphénol F

Quant au bisphénol F, encore peu d’études portent sur ce composé. Mais sa composition restant proche de celle du bisphénol A, il devrait y avoir le même intérêt chez les chercheurs et également la même réglementation que son homologue.

Une récente étude a quand même permis de déterminer que le bisphénol S serait associé à des maladies métaboliques (comme l’obésité, diabète) et endocriniennes, alors que le bisphénol F serait plus associé à des maladies métaboliques.

4 astuces pour limiter l’exposition à ces composants

Difficile donc de tout concilier face à la présence de ce type de composants, des pesticides et la volonté de bien manger. On se retrouve devant un vrai casse-tête ! Voici quelques conseils, qui pourraient limiter l’exposition aux composés chimiques :

1- Limiter les produits ultra-transformés : en plus d’être mauvais pour la santé, ils sont souvent sur-emballés,

2- Favoriser le choix de produits bruts, non emballés (en vrac),

3- Privilégiez autant que possible les contenants comme le verre, le papier,

4- A la caisse si c’est possible, demandez à recevoir vos tickets de caisse par internet.

Ces conseils, même s’ils restent succincts, diminueront légèrement votre exposition aux composés de la classe des bisphénols.

Du plastique dans notre estomac… LQDP vous dit bon appétit !

Sources

Anses,
– Pelch K. et al., « A scoping review of the health and toxicological activity of bisphenol A (BPA) structural analogues and functional alternatives »,  2019, Toxicology, 1 ;424 :152235,
Sciences et Avenir,
La nutrition.fr,
Futura Sciences,
Thierry Souccar.

Raphaelle Santarelli

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