Les scientifiques savent désormais que les perturbateurs endocriniens (PE) sont en cause dans certains cancers. Même si nous pouvons rendre quelques précautions, il est difficile de les éviter. Afin d’informer de manière claire la population, l’Institut national du cancer (Inca) édite régulièrement des Fiches repères qui sont un état des lieux des connaissances pour un sujet précis. Cet été est parue la fiche sur les PE, qui nous renseigne donc sur ces fameux PE. Petit tour d’horizon.

Perturbateurs endocriniens, petit rappel

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a une définition très claire des PE : « les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets néfastes sur cet organisme ou sur ses descendants ».

Cependant, il est dur d’éviter ces PE car nous les trouvons dans beaucoup de produits courants. L’Inca en a dressé une liste :

Les dérivés phénoliques (bisphénols, parabènes, halogéno-phénols)

Dans les contenants alimentaires (canettes, boîtes de conserve, bouteilles en plastique, pots de yaourts, films alimentaires), les cosmétiques (crèmes hydratantes, gels douche, shampoings, maquillage), les tickets de caisse, les lentilles de contact…

Certains pesticides (atrazine, éthylène thiourée)

Utilisés dans l’agriculture, les jardins particuliers, le nettoyage urbain ou retrouvés dans l’alimentation non biologique;

Des produits biocides

Comme les anti-poux ou les traitements des animaux domestiques ;

Des retardateurs de flammes (polybromodiphényls)

Ceux-ci sont présents dans les mousses pour les mobiliers, les tapis et les équipements électroniques ;

Des phtalates

Présents dans les jouets en plastique, le vernis à ongles, les produits d’entretien, les barquettes alimentaires, les bouteilles en plastique et certains ustensiles de cuisine;

Des alkylphénols (nonylphénols)

Retrouvés dans les emballages plastiques, les lingettes jetables, les détergents, les lessives ou les cosmétiques.

On en trouve également dans l’alimentation et l’environnement (eau, sols, air et végétaux). Nous sommes donc en contact permanent avec les PE et désormais les scientifiques savent qu’ils sont la cause de certains cancers.

Nouveau plan contre les perturbateurs endocriniens : à quoi doit-on s’attendre ?

Quels cancers pour quels perturbateurs endocriniens ?

Les PE causent surtout des cancers hormonodépendants c’est-à-dire cancers du sein, utérus, prostate et testicules. Certains traitements contenant des PE qui sont avérés cancérigènes par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), ont été et sont encore la cause de cancer hormonédependants. Ainsi :

Le diéthylstilbestrol, plus connu sous le nom de distilbène

Traitement contre les fausses-couches, a causé des cancers du sein, chez les femmes, chez leurs filles, des cancers du vagin et chez les garçons des cancers des testicules et de la prostate. On parle également de malformation.

Les traitements hormonaux de la ménopause

Qu’ils soient à base œstrogènes ou estroprogestatifs, augmentent les risques de cancer du sein, de l’endomètre et des ovaires.

Les contraceptifs oraux estroprogestatifs

Ils augmentent les risques de cancers du sein, utérus et foie. Cependant, ils protègent du cancer de l’endomètre et des ovaires.

Autres cancers liés aux perturbateurs endocriniens

Certains PE, déclarés potentiellement cancérogènes par le CIRC, sont aussi la cause de cancers autres. Les PCB sont la cause de cancer du sein et de lymphome malin non hodgkinien. Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), provoquent des cancers du poumon, vessie et peau. Les phtalates, sont la cause de tumeurs du foie et du testicule. Certains pesticides organochlorés, sont à l’origine de cancers du foie, testicule, sein et lymphome malin non hodgkinien.

Perturbateurs endocriniens : comment affectent-ils notre santé au quotidien ?

Conseils de précaution à l’égard des perturbateurs endocriniens

L’Inca ne fait pas que signaler les PE et leur implication dans certains cancers, elle conseille également quelques principes de précaution qui nous permettent de réduire notre exposition aux PE.

Exposition par voies aériennes

1- Aérer pendant au moins 10 min son logement chaque jour quelle que soit la saison.

2- Limiter les utilisations des produits d’entretien et bien en respecter le mode d’emploi.

3- Ne jamais utiliser plusieurs produits d’entretien à la fois.

4- Eviter les sources de polluants de l’air intérieur (diffuseurs de parfums, bougies, encens…).

Arrêtez de faire le ménage : c’est aussi nocif que la cigarette !

Expositions alimentaires

1- Privilégier les aliments bio.

2- Privilégier le fait maison.

3- Eviter les plats préparés et les aliments ultra-transformés (barrs chocoatés, encas sucrés et salés, sodas…).

4- Eviter de chauffer des aliments dans des contenants en plastique.

Ne pas consommer plus de 2 fois par semaine du poisson (limiter sa consommation les anguilles, barbeau, brême, carpe, silure).

 

Pour découvrir les fiches repère de l’Inca, c’est par ici

Léa Coulanges

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