Selon une définition de l’OMS et de la Food and Agriculture Organization des Nations Unies,  un probiotique désigne un micro-organisme vivant qui, lorsqu’il est administré en quantité suffissante, exerce un effet bénéfique pour la santé de l’hôte. Les probiotiques sont des bactéries partenaires de l’intestin. Elles exercent une influence bénéfique sur la flore intestinale, le système immunitaire et le bien-être en général, en empêchant la colonisation des organismes pathogènes. Explications.

Les probiotiques et le microbiote

Les probiotiques sont des bactéries présentes dans notre microbiote. Même si les scientifiques estiment qu’environ 40 à 100 000 milliards de bactéries, appartenant à 400 espèces différentes ayant chacune leurs propres caractéristiques, peuplent notre intestin, nous avons chacun notre propre microbiote. Il faut l’imaginer comme un tout personnel et stable qui n’évolue qu’avec la vieillesse. En raison notamment des changements de mode de vie, des habitudes alimentaires ou de la prise de certains médicaments.

Pour tout savoir sur le microbiote intestinal :

Tout savoir sur le microbiote intestinal

Tout facteur favorisant le maintien de l’équilibre du microbiote ou sa résistance à la modification chez une personne en bonne santé pourrait dès lors être considéré comme bénéfique. Et c’est là qu’entrent en scène, les probiotiques !

Les probiotiques : quels effets ?

Les probiotiques permettraient de rééquilibrer la flore intestinale, la flore vaginale et de renforcer le système immunitaire. L’Inserm a fait beaucoup de recherches sur les effets des probiotiques. Des chercheurs de cet institut ont montré que les probiotiques avaient des vertus antalgiques semblables à celles de la morphine. Ils sont donc indiqués pour les femmes souffrant de douleurs, notamment digestives.

Selon une autre étude, « l’administration de certains probiotiques permettait d’améliorer les symptômes d’anxiété ou de dépression chez des personnes malades comme chez des personnes saines ; d’autres ont montré que l’adaptation du régime alimentaire pouvait améliorer le déclin cognitif. Ces pistes restent pour l’heure extrêmement précoces et demandent à être confirmées ».

Mais ce n’est pas tout !

Les probiotiques seraient aussi très bénéfiques lors des traitements des cancers : « l’analyse du microbiote pourrait devenir un test systématique avant la mise en œuvre d’un traitement, prédictif de la réponse thérapeutique. Si nécessaire, des traitements spécifiques du microbiote y seraient adjoints : des probiotiques connus pour être capables de booster les lymphocytes intratumoraux pourraient être associées au traitement conventionnel anticancéreux ».

Les probiotiques ont aussi été étudiés contre « les maladies intestinales chroniques  inflammatoires (MICI), comme la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Jusqu’à présent, les premiers essais cliniques conduits avec des probiotiques n’ont pas été concluants. Toutefois, de nouvelles études sont attendues. »

Pour tout savoir sur les MICI :

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI)

D’autres études ont montré que les probiotiques atténueraient la dépression et favoriseraient la santé cardiaque. Certaines données suggèrent même qu’ils peuvent être bénéfiques pour votre peau.

On le voit les bénéfices ainsi que les perspectives thérapeutiques des probiotiques sont nombreux. Et nous n’en sommes qu’au début !

Probiotiques : qu’est-ce qu’on mange ?

Probiotiques : qu'est-ce qu'on mange ?

Les aliments riches en probiotiques – nous ne ferons qu’une liste exhaustive, car celle-ci serait trop longue – sont :

Le kéfir

C’est une boisson issue de la fermentation du lait, fabriquée en ajoutant des grains de kéfir à du lait de vache ou de chèvre. Comme le yaourt, le kefir améliore la santé des os et aide à lutter contre les problèmes digestifs et les infections. Le kefir contient plusieurs variétés majeures de bactéries bénéfiques et de levure. Ce qui en fait une source de probiotiques variés et efficaces.

Pour aller plus loin :

Kéfir et kimchi : les aliments fermentés bons pour les pathologies digestives !

Les yaourts

Ce n’est pas un hasard si votre médecin vous conseille de manger du yaourt lors d’un traitement aux antibiotiques. C’est ce dernier qui dérègle la flore intestinale et provoque constipations ou diarrhées.
Le yaourt participe à la bonne formation osseuse et peut être une alternative au lait pour les personnes intolérantes au lactose, car les bactéries transforment une partie du lactose en acide lactique, une des raison pour laquelle le yaourt a un goût amer.

Mais attention, ne mangez pas n’importe quel yaourt. Selon le site des produits laitiers « le yaourt est en effet fermenté avec deux bactéries spécifiques (Lactobacillus bulgaricus et Streptococcus thermophilus), dans des conditions définies avec précision par la réglementation ». Dans la même catégorie vous avez aussi ce qu’on appelle les laits fermentés « … ils sont ensemencés avec d’autres ferments que ceux du yaourt, par exemple Bifidus, Acidiphilus ou Caseiphilus. Les paramètres de fermentation (taux d’ensemencement, durée, température) varient également, mais, comme dans les yaourts, les bactéries lactiques restent vivantes : ce sont les fameux probiotiques ».

La choucroute…

Mais aussi tous les légumes fermentés contenant des bactéries lactiques et acides, obtenus par fermentation lactique, comme les pickles, les cornichons, les olives…. Un des plus vieux plats traditionnels d’Europe, fait de chou fermenté et généralement accompagné de saucisses et de lard. Pour la petite histoire, ce mode de préparation du chou viendrait de Chine. Tout viendrait du IIIe siècle avant notre ère, par les constructeurs de la Grande Muraille pour résister au froid. Rappelons que le chou, riche en soufre, en calcium, en phosphore, en cuivre et en iode, est aussi un reminéralisant et un reconstituant de première qualité. Il possède une substance bactéricide qui lui permet d’exterminer certains germes microbiens. Il est également riche en vitamine A, B1 et B2, magnésium, potassium et calcium, chlorophylle, fer, protides et glucides, etc.

La choucroute grande gagnante des probiotiques ?

Lactofermenté, le chou devient la source la plus riche de probiotiques et d’enzymes vivants. La choucroute est riche en fibres, vitamines C, B et K, et en sodium. Elle contient aussi du fer et du manganèse. Elle contribue ainsi à la bonne santé des intestins. Et la choucroute a plus de vitamines C, plus d’enzymes, plus de vitamines du groupe B, de la vitamine K.

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Fermentation naturelle : notre microbiote ou la révolution des aliments vivants

D’autres aliments mais à base de soja fermenté sont aussi riches en probiotiques. Il s’agit pour les plus connus de la sauce soja, du miso, du tempeh

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources

ANSES,
– Inserm, « Une bactérie probiotique produit un puissant antidouleur »,
Lanutrition.fr,
– Inserm, « Microbiote intestinal (flore intestinale) : une piste sérieuse pour comprendre l’origine de nombreuses maladies »,
Produits-laitiers.com,
– Ritchie ML, Romanuk TN,  « A meta-analysis of probiotic efficacy for gastrointestinal diseases. », 
PLoS One, 2012, 7(4), e34938,
– Baquerizo Nole KL et al., « Probiotics and prebiotics in dermatology. », J Am Acad Dermal, octobre 2014, 71(4), p. 814-21,
– Olivieira Leite AM et al., « Microbiological, technological and therapeutic properties of kefir: a natural probiotic beverage. », Braz J Microbiol, octobre 2013, 44(2), p. 341-9.

Léa Coulanges

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