La ministre de la Santé Agnès Buzyn a dévoilé vendredi 20 septembre le nouveau programme national nutrition santé 2019 (PNNS). Son objectif principal est clair : « permettre aux Français de rester en bonne santé tout au long de leur vie grâce à de bons réflexes pour mieux manger et bouger ». Tour d’horizon de ce quatrième PNNS.

Programme national nutrition santé 2019

Le 4e PNNS a 3 objectifs principaux : « Diminuer de 15% l’obésité et stabiliser le surpoids chez les adultes ;  diminuer de 20% le surpoids et l’obésité chez les plus jeunes ; Réduire le pourcentage de personnes âgées dénutries de 30% ». Ces objectifs ne sont pas nouveaux et les solutions que proposent ce plan, pas plus. Hormis le nutri-score qui change petit à petit les habitudes des Français et qui participe à la suppression de certains additifs. 

L’activité physique, oui mais…

Près de la moitié des adultes sont en surpoids, afin d’enrayer cette évolution due à la sédentarité, le 4e PNNS propose de développer l’activité physique. Pour les adultes en bonne santé, on encourage de bouger plus. Le Pr Salomon, Directeur général de la santé précise : « les adultes doivent davantage bouger, se rendre à pied ou à vélo à leur travail. »

Pour les adultes malades chroniques ou atteints d’une affection longue durée (ALD), le plan préconise de renforcer « la prescription d’activité physique adaptée par les médecins et développer la pratique d’activité physique adaptée pour les personnes atteintes de maladies chroniques. »

Conseiller une activité physique à un adulte n’est pas nouveau et, de plus, le conseil doit se faire en fonction de l’état de santé du patient. En effet, la HAS considère l’activité physique comme une thérapie non médicamenteuse à part entière depuis 2011. Les professionnels de santé ont déjà été mis à contribution. En 2017, une loi rappelle que les médecins traitants peuvent prescrire une activité physique adaptée aux capacités et aux risques de leurs patients atteints d’une affection longue durée exonérante. Cependant, l’activité physique n’est pas remboursée par l’assurance maladie. De plus, les médecins ne sont pas formés pour ce genre de prescription. Enfin, les pharmaciens ont été également mis à contribution. En 2018, une convention a été signée afin de développer les connaissances des étudiants en pharmacie et en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) sur l’activité physique comme facteur de santé. Ils seront formés pour promouvoir la pratique régulière d’une activité physique auprès des patients atteints de maladies chroniques.

Assis plus de 7h par jour… et si la sédentarité était le mal du siècle ?

Les constantes : le surpoids des adolescents…

Le nouveau PNNS souhaite « diminuer de 20% le surpoids et de l’obésité chez les enfants et les adolescents ». On parle de ce surpoids depuis plus de 20 ans et il reste toujours un problème de santé publique. Ont été incriminés : les écrans (jeux et télévisions, etc.), les parents (mauvaise éducation nutritionnelle, absence, etc.), le manque de sport… Aujourd’hui il semblerait que la précarité soit la cause la plus retenue. En effet, une constante est claire : les enfants d’ouvriers ont un IMC plus élevé que ceux des cadres. Et cette constatation peut aussi être faite sur les enfants vivants dans des régions défavorisées. 

Quelle solution proposer pour faire maigrir des personnes quand on ne peut diminuer la précarité ? Se tourner vers les acteurs économiques pour « réduire les teneurs en sel, en graisses et en sucre des aliments, tout en augmentant les quantités de fibres. La France s’est engagée auprès de l’OMS à réduire de 30% la consommation de sel des Français d’ici 2025 ». Est-ce vraiment auprès des géants de l’agro-alimentaire qu’il faut se tourner ? Rappelons que taxer les boissons sucrées a eu une conséquence économique étonnante, l’augmentation du prix des produits. En effet Coca-cola a réduit son taux de sucre dans sa boisson star mais également la taille de la bouteille pour un prix supérieur (le downsizing). Faire payer une taxe aux entreprises, c’est bien faire payer le consommateur.

Oui, les enfants consomment trop de sucre

Et la dénutrition des personnes âgées

Face à cette obésité, la dénutrition des personnes âgées pose aussi un problème car elle peut entraîner une baisse de la qualité de vie voire d’une mortalité. Le 4e PNNS vise une réduction du « pourcentage de personnes âgées dénutries vivant à domicile ou en institution de 30 % au moins pour les plus de 80 ans. » Pour atteindre cet objectif, il faut plus de personnel dédié aux personnes âgées. Repérer la dénutrition chez une personne âgée demande en effet du temps, de l’écoute. Et pour cela, il faut que le personnel soit assez nombreux pour repérer les premiers signes de dénutrition. De plus, doit-on encore parler de la qualité de la nourriture distribuée dans les hôpitaux ? Des efforts ont été faits certes mais en 2018, le Conseil national de l’alimentation, une instance consultative indépendante, placée sous l’égide des ministres chargés de l’agriculture, de la consommation et de la santé, signalait que « le statut nutritionnel des patients se détériore de façon significative lors des séjours hospitaliers » et que « l’importance de l’état nutritionnel du patient sur l’évolution de sa maladie est largement sous-estimée ». Ainsi, des études montrent qu’il existe « une relation entre la durée du séjour et le risque de dénutrition ».
Le CNA dresse un état des lieux sévère. Une sous-consommation massive (touchant jusqu’à plus de 50 % des patients), des repas aux apports nutritionnels insuffisants, un gaspillage alimentaire excessif (les patients en court séjour (hôpital) produisent environ deux fois plus de pertes, 362 g/repas et par personne, que les résidents de long séjour (hôpital ou maison de retraite) ; 166 g/repas et par personne. À titre indicatif, le poids moyen de l’alimentation (hors boissons) d’un adulte sain est de l’ordre de 1,100 à 1,200 g par jour et par personne.)». 

Bon à savoir, une « semaine nationale de la dénutrition » va être mise en place. Elle visera, chaque année, à sensibiliser le grand public, les professionnels de santé et du secteur social, à cette maladie qui touche notamment nos aînés.

Dénutrition, quand l’absence de faim tue

Une récompense pour le Nutri-score

« On a un outil français, mis en place par des scientifiques français, plébiscité par nos concitoyens, le nutri-score qui permet de choisir en toutes connaissances de causes dans les rayons le plat qui lui apparaît le plus fiable en termes de qualité et d’équilibre nutritionnel. Les industriels se sont engagés. Ils ont amélioré la composition des aliments grâce au nutri-score qu’on voit de plus en plus dans les rayons. », se félicite le Pr Salomon.

C’est vrai que le nutri-score est de plus en plus utilisé mais aussi mieux identifié par les utilisateurs. Il a un impact sur les choix de produits alimentaires pour plus de 4 personnes sur 10 connaissant le logo. Ce logo a fait changer durablement certaines habitudes alimentaires chez 25 % de consommateurs (+ 10 points par rapport à avril 2018). « Deux ans après son lancement officiel, la notoriété de cet étiquetage nutritionnel a fortement progressé, passant de 58 % en avril 2018 à 81 % en mai 2019. Près de 9 Français sur 10 se disent favorables à ce qu’il devienne obligatoire » peut-on lire dans le rapport du 20 septembre 2019 édité par Santé Publique France.

Une conséquence inattendue du Nutri-score

Cet engouement pour le nutri-score mais aussi pour les applis qui s’appuient notamment sur le nutri-score, est utilisé par les enseignes de distribution. Ainsi, L’Usine Nouvelle révélait ce mois-ci qu’Intermarché s’est allié à Yuka, une application qui note les aliments en prenant en compte le nutri-score pour 60 %, la présence d’additifs pour 30 % et pour 10 % le bio. L’enseigne demande à ce que le produit affiche un seuil supérieur à 50%, sinon l’application propose un autre produit. Conséquence : près de 900 recettes seront changées et 140 additifs seront supprimés.   

Première bougie du Nutri-Score

Sources

Santé publique France,
Conseil national de l’alimentation,
Sport santé formation,
L’Usine Nouvelle,
Santé publique France.

Léa Coulanges

1 réponses à “Quatrième programme national nutrition santé, des nouveautés ?”

  1. En tant que pharmacien hospitalier praticien spécialisé en micro nutrition ( DUI) je suis volontaire pour faire de la vulgarisation des connaissances dans toutes structures : étab de santé , écoles , facs , clubs sportifs …

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