La notion d’index glycémique est liée instantanément au diabète. C’est indéniable. Mais plus les études affluent, et plus la notion d’index glycémique devient liée également à d’autres maladies : dépression, acné, inflammation, et même cancer ! Car un régime à base d’aliments dont l’index glycémique est bas diminue effectivement le risque de cancer de l’endomètre.

La qualité des glucides a un impact sur le risque du cancer de l’endomètre

Une méta-analyse a rassemblé les résultats de différentes études afin d’étudier le lien entre la quantité ou la qualité des glucides et le cancer de l’endomètre. Si la quantité de glucides n’a pas de réels effets sur ce cancer, la qualité de ceux-ci, elle, a un effet. Et cette qualité se mesure notamment via l’index glycémique (IG).

Ainsi, plus l’index glycémique des aliments est élevé, plus le risque de cancer de l’endomètre est majoré. Les résultats montrent en effet qu’une augmentation de 10 unités de l’index glycémique élève de 4 % le risque de cancer de l’endomètre.

Et si l’on va plus loin, la charge glycémique augmenterait également le risque de cancer de l’endomètre. La charge glycémique (ou charge glucosée) correspond au lien entre la qualité des glucides et la quantité de glucides de l’aliment. La charge glycémique est le produit entre la quantité de glucides (en grammes) et l’index glycémique de l’aliment. Cette notion est intéressante puisqu’elle permet de comparer les augmentations de glycémie pour une même charge glycémique. Mais cette notion a des limites puisqu’elle ne prend pas en compte l’apport calorique de l’aliment, ce qui fausse ce comparatif.

Pour tout savoir sur l’index ou indice glycémique :

Tout savoir sur l’IG (indice glycémique) et la charge glycémique en 7 points

L’alimentation impliquée dans le cancer de l’endomètre ?

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’alimentation joue un rôle majeur dans le risque de cancer de l’endomètre. Comme de nombreux autres cancers finalement.
Il a été montré que :
– Une masse corporelle importante, un tour de taille important, et un rapport taille/hanche trop important augmentent le risque de cancer de l’endomètre de façon prouvée,
– Une alimentation dont la charge glycémique est trop élevée augmente également le risque de ce cancer
– En revanche, activité physique et café diminuent ce risque.

Les mécanismes mis en jeu : l’hypersinsulisme au centre de l’attention

Pour expliquer ce lien entre alimentation basée sur des aliments à IG élevé et cancer de l’endomètre, il faut se tourner vers la notion de l’hyperinsulinisme. En effet, une consommation excessive d’aliments à IG élevé augmente le taux d’insuline dans le corps (l’insuline étant une hormone secrétée par le pancréas qui permet de réguler notamment la glycémie quand celle-ci devient élevée). Et cette élévation du taux d’insuline augmente à son tour la biodisponibilité d’un facteur de croissance, l’IGF-1. Ce dernier est impliqué dans la croissance cellulaire, dans la diminution de la mort cellulaire, et dans la stimulation des divisions cellulaires de lignées de cellules impliquées dans le cancer de l’endomètre.
Par ailleurs, une alimentation riche en aliments à IG élevé augmente également le stress oxydatif, impliqué lui aussi dans la cancérogenèse.

100 aliments et leur indice glycémique (IG) pour que vous puissiez vous concocter des repas à IG bas !

L’équilibre alimentaire : des réflexes à avoir

En soi, cela paraît surprenant de savoir qu’une alimentation riche en aliments à IG haut augmente le risque de cancer de l’endomètre. Mais finalement, en y réfléchissant bien, on se rend-compte que notre alimentation peut avoir un impact sur de nombreux cancers, même ceux qui n’ont pas forcément un lien direct avec l’alimentation (par exemple, les aliments sont en contact direct avec les organes digestifs, alors qu’ils ne le sont pas avec l’endomètre, les poumons, les ovaires, etc.).

Mais si l’on se réfère au WCRF (World cancer Research Fund), nous voyons que finalement presque tous les cancers sont liés à notre alimentation. Et finalement, si pour certains cancers il y a des spécificités, les grandes lignées restent les mêmes. L’alimentation équilibré, variée, à base de fruits et légumes, tout en évitant les aliments à IG haut (et aliments ultra-transformés) sont les recommandations de base pour prévenir l’apparition de cancers. L’objectif est d’avoir un poids de forme stable dans le temps, et tout ceci est accompagné d’une activité physique régulière.

Alors si vous ne répondez pas à ces recommandations dans les grandes lignes, le changement, c’est maintenant !

Sources

https://www.lanutrition.fr/un-lien-entre-indice-glycemique-et-cancer-de-lendometre
Manuel de nutrition pour le patient diabétique, Louis Monier et Jean-Louis Schlienger, Elsevier Masson, 2018.
– Sadeghi A. et al., « Carbohydrate quantity and quality affect the risk of endometrial cancer: A systematic review and dose-response meta-analysis », Clinical Nutrition, 2019, in press,
Fondation contre le cancer,
Société française de nutrition,
– World cancer Research Fund.

Raphaelle Santarelli

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