L'Anses dit stop !

L’Anses et le Keml ont récemment souligné la présence de plus de mille substances allergisantes dans les vêtements en cause dans nombre d’allergies cutanées. Ils proposent aujourd’hui une restriction conséquente de ces susbtances. Explications.

Plus de mille substances allergisantes dans les vêtements

Peut-être avez-vous déjà connu cette sensation en mettant votre nouveau pantalon : des cuisses rouges ayant tendance à enfler et des douleurs ? Vous avez peut-être développé une allergie à certaines substances présentes dans les textiles d’habillement. Puisque ce n’est guère un cas isolé, l’agence de sécurité sanitaire française (Anses) a étudié les substances chimiques présentes dans certains vêtements pouvant être à l’origine d’allergies cutanées. L’agence Suédoise des produits chimiques (Keml) a, quant à elle, réalisé une analyse des options de gestion des risques concernant les substances sensibilisantes cutanées dans les textiles.

L’Anses a notamment testé des articles textiles d’habillement neufs et de chaussures en cause dans des plaintes de clients. Les produits contenaient notamment :
– De la 1,4-paraphénylène diamine (PPD), substance sensibilisante cutanée reconnue, dans 20% des articles textiles d’habillement,
– Du chrome, pour 20% des produits,
– Des nonylphénols (NP) et des nonylphénols éthoxylates (NPEO) pour 20% des articles testés,
– Mais aussi des métaux lourds (cobalt, cuivre, plomb…) dans 16% des produits.

Il est dès lors plus aisé de comprendre que, chaque année, entre 40 000 et 180 000 Européens développent des allergies aux substances chimiques présentes dans certains vêtements.

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Demande de restriction et d’interdiction de ces substances allergisantes

Face à de tels résultats et des allergies cutanées en augmentation, l’Anses et le Keml ont récemment émis une proposition auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Elle recommande la restriction d’un millier de substances « classées comme sensibilisant cutané » mais aussi 25 substances de la famille des colorants dispersés ayant des propriétés sensibilisantes.

Après une évaluation des risques afin de déterminer les concentrations maximales à ne pas dépasser pour la protection des consommateurs, l’Anses et le KEML préconisent :

L’interdiction

Des colorants dispersés avec des propriétés sensibilisantes dans les articles finis en textile, cuir, fourrures et peaux

La restriction

De la concentration des substances sensibilisantes aux seuils suivants :

– 1 mg/kg pour les composés du chrome VI (textile, cuir, fourrures et peaux) ;
– 130 mg/kg (textile) et 110 mg/kg (cuir, fourrures et peaux) pour le nickel et ses composés ;
– 70 mg/kg (textile) et 60 mg/kg (cuir, fourrures et peaux) pour le cobalt et ses composés
– 75 mg/kg pour le formaldéhyde (textile, cuir, fourrures et peaux) ;
– 250 mg/kg (textile) et 210 mg/kg (cuir, fourrures et peaux) pour la 1,4 paraphénylène diamine ;
– 130 mg/kg (textile) et 110 mg/kg (cuir, fourrures et peaux) pour les autres substances classées sensibilisantes cutanées.

Conseil du jour : pensez bien à laver TOUS les vêtements neufs susceptibles d’entrer en contact avec la peau en suivant les recommandations de lavage préconisées par le fabricant. N’oubliez pas qu’avant d’arriver dans la boutique de votre quartier, ce jean a très souvent parcouru des milliers de kilomètres.

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Sources

– Anses, Communiqué,
– Anses, Rapport de l’expertise collective,
France Inter.

Jonathan Epaillard

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