Chez la femme, le cancer du sein est le premier en termes de mortalité et d’incidence et la prise de poids est fortement associée au risque du cancer du sein. Ainsi, ce cancer est plus fréquent chez les femmes en surpoids et obèses. Mais par quel mécanisme ? Une des pistes : les acides gras sanguins circulants stimulent la prolifération et croissance des cellules cancéreuses. Une piste intéressante à explorer en vue d’identifier des solutions contre ce cancer.

Ces hormones qui ne nous veulent pas que du bien, malgré elles !

Les hormones sont des « messagers » qui transmettent des informations d’un organe à un autre, en restant dans le milieu intérieur de l’organisme (circulant dans le sang pour transmettre l’information). Et on le sait, les hommes et les femmes ont des hormones sexuelles, c’est-à-dire produites par les organes sexuels. Œstrogènes et progestérone sont deux hormones sexuelles d’une importance capitale chez la femme: (elles interviennent dans le développement du cycle menstruel, agissent au niveau des seins pour leur développement et la préparation à la lactation... Ces hormones se lient à des récepteurs présents au niveau de la membrane des cellules du sein. Malheureusement, ces hormones peuvent stimuler le développement de cellules cancéreuses en se liant également aux récepteurs présents sur ces cellules toxiques. On est en présence d’un cancer dit hormono-dépendant.

Acides gras libres et cellules cancéreuses sensibles aux hormones : un duo de choc

Chez la femme en surpoids ou obèse ménopausée, une récente étude a montré que les acides gras – les constituants permanents des lipidescirculants librement dans le sang sont absorbés par les cellules cancéreuses du sein possédant des récepteurs d’œstrogènes. Une fois qu’ils ont pénétré dans la cellule, ces acides gras activent des voies permettant la croissance, la survie et la prolifération de ces cellules cancéreuses.

Cette découverte apporte une meilleure connaissance des mécanismes mis en jeu entre cancer du sein et obésité. L’étude en question, publiée dans Cancer Research, a comparé des échantillons de sang de deux types de populations : une population de femmes en bonne santé et une population de femmes ayant développé un cancer du sein. Les tests comparatifs ont montré que :
– Les femmes en surpoids ou bien les femmes ayant développé un cancer du sein présentent toutes des concentrations sanguines élevées en certains types d’acides gras. Ces acides gras sont des métabolites de la décomposition de lipides provenant du tissu adipeux ;
In vitro, les cellules cancéreuses se développent rapidement en présence de ces mêmes acides gras ;
In vitro toujours, ces acides gras semblent augmenter l’agressivité du cancer, en activant une voie enzymatique stimulant la croissance des cellules cancéreuses
– L’effet ci-dessus observé est corrélé de façon positive à la concentration d’acides gras : plus ils sont en concentration importante, plus la voie enzymatique est stimulée.

Liens entre alimentation et cancer : info ou intox ?

Acides gras et cancer du sein : tous n’ont pas le même effet

L’étude montre que certains acides gras augmentent la croissance et la prolifération des cellules cancéreuses chez la femme en surpoids ménopausée. Mais attention, cela ne veut pas dire qu il faut supprimer la consommation de graisses ! Car tous les acides gras n’auront pas le même effet :

l’effet protecteur de l’acide oléique (issu de l’huile d’olive) sur le cancer du sein est observé dans les pays méditerranéens, et non ailleurs. Ce serait en réalité dû non pas à l’acide oléique lui-même mais à d’autres constituants de l’huile d’olive (composés phénoliques) ou à un comportement, alimentaire et non alimentaire, plus sain associé à une consommation importante d’huile d’olive ;
– les résultats des études sur la consommation d’acides gras polyinsaturés (oméga-3 et oméga-6) ne montrent pas de résultats clairs et ne permettent pas d’en tirer des conclusions. Les oméga-6 sembleraient être plutôt protecteurs, mais les études restent encore trop contradictoires ;
– les acides gras polyinsaturés à longue chaîne (EPA/DHA, issus de la consommation de poisson gras notamment) semblent diminuer le risque de cancer du sein ;
– les acides gras trans (présents notamment dans les produits ultra transformés) seraient associées à un risque plus élevé de cancer du sein.

Pour prévenir le cancer du sein, ayez les bons réflexes alimentaires

Le Fonds Mondial De Recherche sur le Cancer (FMRC ou en anglais WCRF pour world Cancer Research Fund) a établi des liens entre alimentation et cancer du sein en 2007 pour les réactualiser en 2017 . Pour prévenir l’apparition du cancer du sein, voici les principales recommandations :
– Etre à son poids de forme. Éviter la surcharge pondérale et l’excès de graisse abdominale ;
– Limiter les boissons alcoolisées ;
– Limiter les aliments à forte densité calorique ;
– Favoriser l’activité physique et la lactation.

Quelle alimentation pour minimiser les risques de cancer ou bien de rechute ?

Sources

Organisation Mondiale de la Santé,
Réseau NACRe -INRA,
Anses,
Cancer Research,
Institut National du Cancer,
– Fonds Mondial De Recherche sur le Cancer,
Santé blog.

Raphaëlle Santarelli, diététicienne WeCook

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