Si vous fumez et que vous ignorez la manière la plus efficace d’arrêter, la cigarette électronique semble être une option viable. En effet, une étude anglaise souligne que la cigarette électronique serait le plus efficace en cas de sevrage tabagique, même deux fois plus efficace que d’autres substituts nicotiniques. Explications.

Quels substituts nicotiniques pour arrêter la cigarette ?

Souvenez-vous des débuts de la cigarette électronique. Tout le monde ne jurait plus que par ces cigarettes en forme de stylo qu’il était d’usage d’avoir sans cesse en bouche. Après un passage par le creux de la vague, la cigarette électronique semble aujourd’hui reconquérir le cœur des Français : selon Santé Publique France, 3 millions des 15-75 ans l’utilisent, dont 57,3% quotidiennement. Une bonne chose ?

Il semblerait, oui. Un essai clinique mené par l’Université Queen Mary de Londres a veillé à déterminer l’arrêt de la nicotine chez 886 fumeurs avec une consommation approximative de 15 cigarettes par jour. Ces derniers, suivis par l’unité de sevrage tabagique du National Health Service du Royaume-Uni, ont été répartis dans deux groupes. Les premiers ont bénéficié d’un traitement classique de remplacement de la nicotine durant 3 mois (patch, vaporisateurs, gomme à mâcher ou bien l’ensemble de ces dispositifs). Les seconds ont pu utiliser la cigarette électronique à leur guise, avec un dosage de 18 mg/ml. Chacun des groupes a bénéficié d’un soutien psychologique hebdomadaire, et ce durant au moins 4 semaines.

Faut-il brûler la cigarette électronique ?

La cigarette électronique serait le plus efficace en cas de sevrage tabagique

Une année après le début de cette étude, 18 % des personnes ayant utilisé la cigarette électronique ont arrêté de fumer, contre 9,9 % de ceux qui se servaient de patchs, vaporisateurs et gommes à mâcher. Quant à ceux n’ayant pas complètement arrêté, les personnes du groupe vapotage ont davantage réduit leur consommation de tabac que l’autre groupe. Les auteurs de ladite étude soulignent que la cigarette électronique a en outre permis de diminuer les symptômes liés au sevrage, comme la constipation, les ulcères de la bouche ou encore la prise de poids.

Avant cet essai clinique, « les professionnels de la santé hésitaient à recommander leur utilisation, en raison de l’absence de preuves claires issues d’essais contrôlés et randomisés. Cela est maintenant susceptible de changer », souligne Peter Hajek, directeur de l’étude. S’il apparaît que le vapotage semble préférable à la cigarette, rappelons qu’il reste néanmoins nocif. Comme le rappelle Mohinder Vindhyal, co-auteur de l’étude, « le tabagisme entraîne une probabilité beaucoup plus grande de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral que les e-cigarettes, mais cela ne signifie pas que le vapotage est sûr. »

Quid de la dépendance à la nicotine ?

Mais le Dr Anne-Laurence Le Faou, présidente de la Société francophone de tabacologie, souligne au Figaro Santé que « 80 % de ces ex-fumeurs utilisent encore leur e-cigarette après un an, alors qu’ils ne sont que 9 % à conserver leur substitut nicotinique. Les utilisateurs de cigarette électronique sont certes plus nombreux à avoir arrêté de fumer, mais ils n’ont pas mis fin pour autant à leur dépendance à la nicotine. »

S’il est de notoriété publique que la cigarette électronique est beaucoup moins nocive que la fumée du tabac, toujours est-il que les tabacologues n’ont pas à ce jour pas suffisamment de recul pour affirmer que le vapotage contribue à la fin de la dépendance à la nicotine.

5 vérités qui dérangent sur la e-cigarette

Sources

The New England Journal Of Medicine,
Santé Publique France,
Le Figaro Santé,

jonathan Epaillard