Faut-il brûler la cigarette électronique ?

La cigarette électronique provoque des cancers, des maladies cardio-vasculaires. Mieux : aux dernières nouvelles, elle rend sourd ! Pourtant, aucune de ces affirmations basées sur de la science-poubelle ne résiste à deux minutes d’investigations. Ce qui résiste, en revanche, ce sont les chiffres des fumeurs de tabac français, toujours au beau fixe malgré les campagnes de publicité et les augmentations tarifaires. Alors que s’ouvre à Lille le Vapexpo pour trois jours d’un salon international consacré à la « vape », on est en droit de se poser la question : faut-il brûler la cigarette électronique ?

Junk Science

Qu’il est difficile, de nos jours, de résister à la « junk science » : la science-poubelle. Autour de la cigarette électronique, comme auparavant autour du sucre ou du tabac, les études-bidon se multiplient. À propos de l’étude récente de l’Académie des sciences américaine qui prêtait à la « e-cig » des effets cancérigènes, le Dr. Eric Blouin, toxicologue, déclarait que les doses de produits auxquelles on avait exposé les souris étaient « non conformes avec la réalité de l’utilisation et de l’exposition à la vapeur d’e-cigarette ». Des doses toxiques, voire létales. Il précisait aussi que « le modèle animal utilisé n’est pas pertinent, il développe spontanément des tumeurs. »

Pour le dire autrement, si on fait manger 70 kg de pommes par jour à des souris, elles tomberont malades et on pourra en déduire que la pomme est cancérigène.

L’INCa et les Anglais

Pourtant, de la science sérieuse autour de l’e-cigarette, il n’en manque pas. Ainsi, l’Institut National du Cancer (INCa), l’agence d’expertise scientifique de l’Etat français sur le cancer, s’époumonne au travers de ses documents officiels. Dès 2016, il affirme : « La cigarette électronique, une opportunité pour réduire les cancers liés au tabac. » Et à nouveau en mai 2017, l’institut inclut sans ambiguïté la e-cig parmi les moyens d’arrêter de fumer. « Sans tabac, sans fumée et sans combustion, [la e-cigarette] doit être utilisée dans la perspective de l’arrêt définitif du tabac », rappelle la vidéo officielle de l’INCa.

L’INCa n’est pas le seul. Santé Publique France, l’organisme derrière Tabac Info Service, ne dit pas autre chose. Dans un silence assourdissant.

Pendant ce temps, en Angleterre, c’est depuis 2015 que les plus hautes autorités sanitaires multiplient les études pour savoir de quoi on parle. Leurs conclusions, précisées davantage chaque année, sont sans appel. En substance :

La cigarette électronique est 95% moins dangereuse que la cigarette de tabac. Elle doit être mise à la disposition des fumeurs qui souhaitent arrêter.

Difficile d’écarter les Britanniques d’un revers de la manche. Avec leurs 15% de fumeurs et leurs chiffres en baisse constante, ils donnent aux 36% de fumeurs français, bons avant-derniers de l’Europe, quelques complexes.

Trop de désinformation tue… le citoyen.

La cigarette de tabac est le seul produit de consommation courante, le seul produit taxé par l’Etat, qui tue un consommateur sur deux. 78 000 morts en France, chaque année. C’est vingt fois plus que sur les routes. 50% de plus que l’alcool.

Il est alors désarmant de constater à quel point le tabac est mal connu du grand public. Neuf adultes sur dix pensent que l’ennemi, c’est la nicotine. La nicotine, rappelons-le, n’est pas plus toxique que la caféine. C’est le CO2 contenu dans la fumée, et les 70 molécules cancérigènes du tabac brûlé, qui en font le premier serial killer en vente libre de France.

Les politiques publiques n’aident guère à y voir plus clair. Dans un pays où l’augmentation des prix du tabac tient lieu de politique sanitaire, la publicité pour la e-cigarette est interdite, comme il est interdit aux fabricants de la présenter comme un outil de sevrage. Alors que même le Haut conseil de la santé publique (HCSP), notoirement timoré, inclut la e-cig dans ses recommandations aux fumeurs souhaitant décrocher.

Qu’en pense notre ministre ? Pour l’instant, alors qu’elle reçoit les buralistes, elle refuse de rencontrer les représentants des vapoteurs. Pourtant, avant de décrocher son portefeuille, Mme Buzyn était à la tête d’un organisme de recherche sur le cancer, baptisé… INCa.

La désintoxication par le plaisir.

Résumons-nous. En Europe, selon l’Eurobaromètre 2017, 7,5 millions de fumeurs ont arrêté la cigarette et 9 millions de plus ont réduit leur consommation grâce à la cigarette électronique. Aucun autre produit n’affiche des résultats approchants.

Pour de bonnes raisons. Seule la e-cigarette remplace à la fois l’effet de la fumée en gorge, le geste du fumeur et la stimulation orale. Elle apporte une dose de nicotine réglable qui permet au vapoteur de se désintoxiquer à son rythme. Et grâce à des liquides d’excellente qualité sanitaire et gustative, un marché sur lequel la France occupe une position de pointe, la cigarette électronique propose ce qu’aucun substitut médical ne peut offrir : un plaisir gourmand.

S’il n’est pas possible de la déclarer scientifiquement sans risques, on constate tout de même que la e-cig, en dix ans d’existence, n’a tué personne. Elle n’a provoqué aucune pathologie documentée, aucune épidémie. À comparer une fois de plus aux 780 000 morts du tabac dans la même période.

Lors du Vapexpo de Lille, un pôle santé animé par le tabacologue Jacques Le Houezec permettra aux visiteurs de poser toutes les questions autour de la vape. Pour tous les autres, un dialogue fructueux s’ouvre sur Internet. Notamment à travers le groupe Vape Info Service sur Facebook. L’information demeure, somme toute, la meilleure arme contre le tabac.

Vapexpo Lille : du 24 au 26 mars 2018, Grand Palais, Lille. Entrée : 10 Euros.

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Crédits Photo :

home : D.R / Photo : X.
1 : Razlan Yusof
2 : Ruthlessvapor.com / D.R.
3 : Dailydot / D.R.
4 : Rpavich

Claire Dixsaut

0 réponses à “Faut-il brûler la cigarette électronique ?”

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