Les canneberges ou cranberries sont souvent mises sur le devant de la scène lorsqu’il est question d’infections urinaires. Mais celles-ci ne seront peut-être plus que cantonnées aux traitements des cystites et autres infections du système urinaire. Les canneberges pourraient venir à la rescousse des antibiotiques ! LQDP vous en dit plus sur cette possible future utilisation !

La canneberge et ses bienfaits connus depuis des millénaires

Ces petites baies rouges font fureur depuis quelques années. Leurs vertus médicinales et leur bienfaits antibactériens ne sont plus à démontrer. Plus connue sous le nom de cranberry, ce petit fruit acidulé cousin de la myrtille et du bleuet, a longtemps été considéré comme un don du ciel par les Indiens d’Amérique. Elle leur servait notamment à soigner les blessures, sous forme de cataplasme. Dons ses bienfaits sont reconnus depuis des lustres !

D’où proviennent ses vertus ?

Les canneberges sont riches en polyphénols et notamment en proanthocyanidines, des anti-oxydants très puissants. Ce sont ces antioxydants qui lui procurent ses bienfaits et notamment la capacité de la canneberge à empêcher les bactéries d’adhérer aux parois de la vessie, sur les dents ou les gencives. La canneberge est notamment utilisée en cas d’infection urinaire.

Canneberge : un nouveau bienfait découvert ?

La résistance aux antibiotiques ou antibiorésistance, est l’une des plus grandes menaces qui pèse sur la santé humaine. Lorsque nous mettons en contact une bactérie avec un antibiotique, à force, celle-ci développe bien souvent une résistance aux antibiotiques. Il nous faut donc trouver de nouvelles molécules qui permettraient de lutter contre les infections bactériennes sans pour autant générer d’antibiorésistance sur le long terme.

Antibiorésistance : quand les bactéries font de la résistance

Canneberge et antibiorésistance ?

Les chercheurs ont pensé que la canneberge pourrait renforcer l’efficacité des antibiotiques. Une étude a donc été lancée pour valider ou non ce postulat. Ils ont donc mis au contact de bactéries différentes molécules extraites des canneberges. Cette mise en contact a été également associée à l’exposition à un traitement antibiotique. Résultat, certaines bactéries deviennent plus sensibles au traitement antibiotique si on y associe des extraits de canneberge.

Cette efficacité accrue semble provenir des polyphénols et particulièrement des proanthocyanidines. Les proanthocyanidines rendraient les bactéries plus sensibles aux antibiotiques en facilitant le passage de l’antibiotique à l’intérieur même de la bactérie. De plus, ces puissants antioxydants inhiberaient aussi les mécanismes qui évacuent les antibiotiques à l’extérieur des bactéries. Ainsi les antibiotiques se retrouvent piégés à l’intérieur même de la bactérie.

Les premiers essais sur les insectes semblent être concluants et aller dans le sens d’une baisse de l’antibiorésistance lorsque l’on expose la bactérie aux canneberges, en même temps que le traitement antibiotique. Cependant, avant de valider définitivement ce travail, les chercheurs devront aussi identifier les synergies possibles entre les différentes proanthocyanidines et vérifier l’innocuité et l’efficacité in vitro et in vivo, des extraits de canneberges. Un nouvel espoir donc pour réduire les doses d’antibiotiques nécessaires dans la médecine humaine afin de combattre la résistance aux antibiotiques.

Les antibiotiques c’est la panique !

Sources

– Vimal B. Maisuria, Mira Okshevsky, Eric Déziel, Nathalie Tufenkji, « Proanthocyanidin Interferes with Intrinsic Antibiotic Resistance Mechanisms of Gram-Negative Bacteria ? », Advanced Science, 28 mai 2019,
– Santé sur le Net, Résistance aux antibiotiques : un allié nommé canneberge ?
– ConsomGlobe, Le cranberry : le fruit santé,

Amandine BONNET

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