Une mauvaise journée, une météo maussade, une période de fatigue et l’appel de la malbouffe est fort, très fort. Si nous avons tous conscience que le repas réconfort a tendance à nous faire grossir, ce serait encore pire en période de stress. Décryptage.

Malbouffe : encore pire pour les kilos en période de stress ?

L’équipe du Pr Herbert Herzog, de l’institut de recherche médicale Garvan, explique dans la revue Cell Metabolism l’origine de ce phénomène chez le rongeur ainsi que le circuit moléculaire responsable.

Pour rappel, la prise alimentaire est principalement liée à l’hypothalamus où de nombreux neurotransmetteurs vont affecter nos fringales. Les neurones à l’origine de l’expression desdits neurotransmetteurs reçoivent quant à eux des informations hormonales (leptine, insuline, ghréline) ou bien métaboliques via les neurones capteurs de glucose – régulés par les variations de la glycémie ou bien par les taux d’acides gras libres circulants.

Vous êtes en situation de stress ? Votre microbiote intestinal en a conscience !

Cerveau, amydgale et… émotions

Mais pour l’équipe du Pr Herbert Herzog, tout se passerait dans l’amygdale, cette petite mais très importante région du cerveau impliquée dans les stimuli menaçants et les émotions (dont l’anxiété fait partie). Au sein de l’amygdale donc, un neuromédiateur orexigène (capable de stimuler l’appétit) est sécrété suite à une situation de stress : le neuropeptide Y (NPY).

Or, la sécrétion de ce NPY a pour conséquence de dérégler l’insuline, hormone en charge de réguler le glucose dans le sang mais aussi de dégrader les sucres en graisses. L’équipe de recherche a également découvert que les neurones à NPY sont dotés de récepteurs à l’insuline et perdent leur sensibilité à l’insuline en situation de stress : les rongeurs stressés avaient des taux d’insuline près de 10 fois supérieurs à la normale. Conséquence ? Le rétrocontrôle usuellement géré par l’insuline ne peut fonctionner.

Une faim sans fin

Afin de vérifier leurs premières observations, l’équipe de recherche a, en quelque sorte, « arrêté » la production de NPY chez une partie des souris. Résultat ? Les souris avec un régime hypercalorique et soumises à une situation de stress ne prenaient pas davantage de poids que des souris au régime hypercalorique, mettant de fait en avant l’action dérégulatrice du NPY sur l’insuline.

Kenny Chi Kin Ip, le premier auteur de l’étude, révèle d’ailleurs : « quand la production de NPY était génétiquement éteinte dans l’amygdale, la prise de poids avec un régime hypercalorique sous stress était la même que dans un environnement calme. »

Le Pr Herbet Herzog, alerte sur les effets délétères de l’alliance malbouffe et stress : « c’est un cercle vicieux, où les taux élevés chroniques d’insuline en réponse au stress et à une alimentation hypercalorique conduisent à manger de plus en plus. »

3 minutes pour comprendre comment les hormones influencent le comportement alimentaire

Sources

Cell Metabolism,
Collège des enseignants en nutrition,
Agence Science Presse,
Le Quotidien du Médecin,
Ouest France.

LQDP

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