L’excès d’alcool est dangereux pour la santé et est associé à « une augmentation de l’incidence de plusieurs cancers » et chez les femmes à une augmentation de risque du cancer du sein. Des messages de prévention contre les dangers de l’alcoolisme existent mais ils ne sont malheureusement pas assez précis pour prévenir des effets de l’alcool contre les cancers du sein. De plus, l’alcool garde une image festive et conviviale partagée par beaucoup de Français.

Alcool et cancer du sein, un facteur de risque encore méconnu

Les Français savent aujourd’hui que le tabac est dangereux mais l’alcool n’est toujours pas identifié comme un facteur de risque alors que, depuis plus de 10 ans, les scientifiques nous alertent sur ses méfaits et notamment sur celui du cancer du sein chez la femme. C’est ce que montrent les résultats d’une petite étude parue en mars 2018 dans le British Medical Journal. Sur 205 femmes, environ 20  % seulement considèrent que l’alcool est un facteur de risque.

Deuxième facteur de risque évitable

Après le tabac, l’alcool est le deuxième facteur de risques évitable. En France, selon les dernières statistiques de 2015, environ 28 000 cancers étaient dus à l’alcool, soit 8% de l’ensemble des nouveaux cas de cancers entraînant 15 000 morts chaque année. Et ce risque est proportionnel aux doses consommées. Ainsi, les résultats d’une étude publiés en août 2018 par la revue Lancet montrent qu’un verre (10 g d’alcool pur) par jour augmenterait de 0,5% le risque de développer des maladies liées à l’alcool, comme le cancer, le diabète et la tuberculose.

D’ailleurs, depuis 1988, l’alcool est officiellement considéré par le Centre International de la Recherche contre le Cancer (CIRC) comme cancérigène avéré. Catherine Hill, épidémiologiste et biostatisticienne est formelle : «consommer un verre d’alcool par jour augmente le risque de développer un cancer du sein de 10% ». C’est ainsi qu’en janvier 2019, Santé publique France publiait ses nouvelles recommandations : « Pas plus de 10 verres par semaine ; pas plus de 2 verres par jour ; et des jours sans alcool ». Recommandations résumées par laformule : « Pour votre santé, maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours ». 

Près de 4 cancers sur 10 pourraient être évités en limitant les facteurs de risque

Histoire d’image ?

Malgré tout, l’alcool est toujours beaucoup consommé en France (11,7 litres par an et par habitant de plus de 15 ans), elle est derrière la Belgique (13,2) et la Grande Bretagne (12,3), mais devant l’Allemagne (11,4) l’Espagne (9,2), la Suisse (7,8 litres), et l’Italie (7,6). 14 % des Français boivent de l’alcool tous les jours ; 56 % de la consommation se fait en vin. On le voit, l’alcool bénéficie en France d’une image plus positive que d’autres drogues. Boire un verre contribue à donner aux autres une image de bon-vivant et de gaieté et surtout permet de s’intégrer à un groupe, celui qui ne boit pas est en décalage par rapport aux autres. 

Mais si l’alcool bénéficie d’une bonne image en France, c’est surtout grâce au vin qui fait partie de notre grande tradition culinaire. C’est ainsi que le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, déclarait le 16 janvier 2019 sur RMC que « le vin n’est pas un alcool comme les autres. Je n’ai jamais vu un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu’il a bu du côtes-du-rhône, du crozes-hermitage, du bordeaux ou du costières de nîmes.» Propos auxquels Agnès Buzyn, ministre de la Santé, répondait en précisant : « La molécule d’alcool contenue dans le vin est exactement la même que celle contenue dans n’importe quelle boisson alcoolisée. » et rappelait que l’alcool est responsable de 50 000 morts chaque année.   

Alcool et microbiote : le mauvais cocktail

Sources

British Medical Journal,
–  The Lancet,
Santé Publique France,
OFDT,
Institut national du Cancer,
Intervin.
Le Figaro Santé.

Léa Coulanges

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