Un nouveau probiotique contre la maladie de Crohn est actuellement en phase de tests cliniques. Son principe ? Il permettrait de désolidariser les biofilms présents dans notre microbiote intestinal, responsables d’une altération de ce dernier. Explications.

Maladie de Crohn et biofilm : quels rapports ?

Le biofilm correspond à une communauté vivante de micro-organismes (bactéries, levures…) fixée à une surface et maintenue par la sécrétion d’une matrice adhésive et protectrice. Bactéries et levures vont s’associer au sein du microbiote intestinal pour former un biofilm et provoquer une réponse inflammatoire rapide avec pour conséquences des douleurs abdominales, des diarrhées, de la fatigue… Il faut savoir qu’un biofilm constitue un véritable refuge pour les microbes et résiste aux antibiotiques.

Il est admis qu’en cas de maladie de Crohn, les biofilms se développant au sein de notre microbiote intestinal contiennent des taux significativement élevés des bactéries Escherichia coli et Serratia marcescens et de la levure Candida tropicalis. Cette dernière, du genre Candida, est d’ailleurs la plus à même de former un biofilm épais et nuisible à l’équilibre de notre microbiote.

Tout savoir sur la maladie de Crohn

Vers un nouveau probiotique contre la maladie de Crohn ?

L’équipe de recherche ayant développé ce probiotique, dirigée par Christopher L. Hager, a donc créé des biofilms équivalents à ceux présents dans le microbiote des personnes souffrant de la maladie de Crohn pour ensuite les exposer à une nouvelle formule de probiotiques, créée à partir de levures, de bactéries et d’amylase. Cette dernière, une enzyme présente dans la salive, est connue pour son activité antibiofilm et a donc été ajoutée au mélange probiotique.

Les résultats de l’étude, publiés dans le journal de l’American Society for Microbiology, sont plutôt encourageants. Les biofilms, au contact de ce nouveau mélange probiotique, deviennent plus fins et surtout plus vulnérables que les biofilms non traités. De plus, les levures des jeunes biofilms voient leur croissance retardée et ne sont plus en mesure de pérenniser ces nouveaux biofilms. Ce nouveau probiotique pourrait, à terme, participer à la prévention et au traitement des biofilms intestinaux, « utile dans la gestion des maladies gastro-intestinales liées aux biofilms, comme la maladie de Crohn ou le cancer colorectal. »

Quel est l’intérêt des probiotiques dans le traitement des MICI ?

Sources

Journal de l’American Society for Microbiology,
Collège de France,
Santé Log.

Jonathan Epaillard

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