Dès que les beaux jours reviennent, nous sommes nombreux à souffrir de crises allergiques. Aujourd’hui, environ 1 français sur 4 souffrirait d’allergie respiratoire, surveillant ainsi de près les quantités de grains de pollens dans l’air. Pourtant, nous réagissons différemment selon le type de pollen et c’est ce qui devrait être surveillé, davantage que la quantité. Décryptage.

Allergies respiratoires : le type de pollen à vraiment prendre en compte

Chaque année, vous souffrez encore et encore de rhinite allergique, de rhume des foins ou de conjonctivite allergique ? Vous redoutez les pics de pollens autant que la gastro ? Si le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) nous alerte à chaque pic de grains de pollen dans l’air, le RNSA informe de la quantité totale de grains de pollens présents dans l’air. Or si certains souffrent des pollens de cyprès, d’autres vivent un calvaire à mesure que les pollens de graminées se dispersent. Comme le soulignent les Prs Simon Creer et Georgina Brennan pour The Conversation, l’allergie aux pollens de graminées est « l’aéroallergène le plus nocif – le nombre de personnes qui y sont allergiques dépasse celui de tout autre allergène atmosphérique. »

S’il est possible de repérer les pollens de nombreuses espèces de plantes allergènes grâce à une analyse au microscope, ce n’est néanmoins pas le cas des graminées, aux grains de pollens dont la composition et l’apparence sont trop proches. Quand on sait qu’il existe plus de 12 000 espèces de graminées, difficile donc de saisir les sensibilités des personnes allergiques aux différentes graminées.

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Reconnaître les différents types de graminées

Face à ce constat et cette impuissance, les Prs Simon Creer et Georgina Brennan ont récemment lancé au Royaume-Uni un ambitieux projet : développer des méthodes afin de reconnaître les types de pollen des graminées. Les professeurs espèrent parvenir à déterminer la répartition des pollens de graminées selon la période de floraison. Toujours selon The Conversation, les professeurs expliquent avoir tenté plusieurs approches afin d’identifier les pollens de graminées, notamment en « examin[ant] des millions de courtes sections d’ADN (ou marqueurs de code-barres à ADN). Ces marqueurs sont spécifiques à chaque espèce ou genre de pollen de graminées. » Approche nommée « metabarcoding », elle consiste en l’analyse de l’ADN en provenance de plusieurs types de sources environnementales comme le sol, les sources aquatiques ou encore l’air. Grâce à cette approche, ils ont pu analyser et comparer l’ADN des pollens prélevés dans l’air.

Les deux professeurs ont déjà pu établir que « la composition du pollen en suspension dans l’air reproduit la progression saisonnière de la diversité des graminées : d’abord des espèces à floraison précoce, puis floraison de mi- et fin de saison », ce qui va à l’encontre des idées reçues jusqu’alors. En effet, la communauté scientifique a longtemps eu des difficultés à déterminer si les différentes graminées se mêlaient entre elles ou si elles étaient à l’image de la floraison. Grâce à cette découverte, les traitements antiallergiques pourraient, à terme, être modifiés pour davantage d’efficacité.

Vers une adaptation des traitements antiallergiques selon le type de pollen ?

Avec  l’inventaire des différents types de graminées présents dans l’air selon la saison, les causes exactes des crises allergiques pourraient être déterminées. Autrement dit, les périodes de crises seraient davantage liées à « la présence d’un type de pollen donné dans l’air que d’une augmentation des quantités globales de pollens. » Les traitements antiallergiques – antihistaminiques en tête – pourraient ainsi être adaptés.

Les Prs Simon Creer et Georgina Brennan se penchent donc actuellement sur l’examen des liens existant entre la biodiversité des pollens présents dans l’air et les symptômes allergiques afin « d’améliorer à terme les prévisions, la planification et les mesures de prévention afin de limiter les allergies aux graminées. »

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Sources

L’intégralité des citations proviennent de l’article des professeurs Simon Creer et Georgina Brennan pour The Conversation.

– Nature,
– Réseau national de surveillance aérobiologique.

LQDP