La forteresse semblait si bien gardée : l’estomac est un milieu tellement acide qu’on pensait qu’aucune bactérie ne pouvait y survivre. Et pourtant… une bactérie a relevé le défi. Helicobacter pylori s’y sent tellement à son aise qu’elle s’y installe sans gêne, au risque de provoquer ulcères et cancers. Mais la Haute Autorité de Santé veille, et renouvelle ses recommandations avec 2 nouveaux documents d’information à destination des patients. LQDP fait le point sur le sujet :

Helicobacter pylori, bactérie inflammatoire

Helicobacter pylori est une bactérie relativement commune dans nos estomacs, puisque 15 à 30% des adultes en seraient porteurs. Dans les faits, cette colonisation peut passer relativement inaperçue. Pourtant au contact de la paroi de l’estomac, H. pylori entraîne une inflammation chronique : la gastrite. Celle-ci peut provoquer quelques troubles digestifs tels que gêne et douleurs, sans plus. Mais selon le terrain de la personne, cette inflammation peut évoluer vers un ulcère gastro-duodénal voire un cancer gastrique, respectivement 10% et 1% des personnes infectées par H. pylori seraient touchées.

La chasse à Helicobacter pylori est lancée

En présence de symptômes ou d’antécédents personnels ou familiaux, le médecin généraliste ou le gastro-entérologue peut prescrire des examens pour rechercher une infection à H. pylori. Deux approches sont possibles :
– La fibroscopie digestive, ou endoscopie digestive, qui permet notamment de prélever un échantillon de la paroi gastrique pour y rechercher la présence d’H. pylori

Tout savoir sur l’endoscopie digestive haute

– La prise de sang, qui vise à rechercher des anticorps (des composants du système immunitaire) dirigés contre la bactérie. En cas de résultat positif, une fibroscopie est réalisée pour confirmer le diagnostic.

Le traitement est ensuite relativement simple : face à une infection bactérienne, seuls les antibiotiques peuvent apporter la solution. En complément, un médicament anti-acide est prescrit pour réduire l’acidité de l’estomac pendant la durée du traitement.

Le patient, acteur clé du traitement contre Helicobacter pylori

Actuellement, le traitement permet d’éliminer H. pylori, et donc l’infection associée, dans 80 à 90% des cas. Un examen de contrôle (généralement un test respiratoire à l’urée) permet de confirmer l’éradication de la bactérie. Aucun suivi particulier n’est ensuite nécessaire en raison du très faible risque de ré-infection.
A contrario, le traitement s’avère inefficace dans 10 à 20% des cas. Les échecs de traitement s’expliquent par deux causes principales : soit la bactérie est résistante à l’antibiotique prescrit et alors celui-ci n’a aucun effet sur H. pylori, soit le patient n’a pas correctement respecté le traitement prescrit et il existe un risque que la bactérie développe une résistance à l’antibiotique prescrit. Dans les 2 cas, le traitement est renouvelé mais avec un nouvel antibiotique.

Antibiorésistance : quand les bactéries font de la résistance

Même sans signes d’ulcère ou de cancer, une infection à H. pylori doit être traitée afin de réduire les risques de complications et améliorer les troubles digestifs liés à l’inflammation.

Sources

– Haute Autorité de Santé, « La recherche et le traitement de Helicobacter pylori »,
Le Webzine de la Haute Autorité de Santé, 20 mars 2019,
– Haute Autorité de Santé, fiche patient, « La recherche de Helicobacter pylori »,
– Haute Autorité de Santé, fiche patient « Le traitement de Helicobacter pylori ».

Béatrice Février

Laisser un commentaire

Bienvenue
Inscrivez-vous à notre newsletter, afin de recevoir toutes vos actualités.