Le cancer de l’estomac ne déroge pas à la règle. Tabagisme, surpoids et obésité, alimentation trop salée ou trop pauvre en fibres, manque d’activité physique… nos modes de vie ont une part à jouer dans la survenue d’un cancer. Le point sur ce cancer mal connu.

Le cancer de l’estomac en chiffres

Il ne fait pas partie des cancers principaux en France (prostate, sein, côlon-rectum, poumon). On en parle peu. Le cancer de l’estomac, c’est :
– le 8e sur la liste des cancers les plus meurtriers en France ;
– 6616 nouveaux cas diagnostiqués en 2017, un chiffre relativement stable voire en légère baisse depuis une vingtaine d’années ;
– 66% des nouveaux cas touchent la population masculine ;
– 70 ans : l’âge moyen de survenue de ce cancer.

Il agit dans l’ombre, personne ne veut en entendre parler… le cancer colorectal !

Dans 90% des cas, le cancer est lié au développement anarchique des cellules qui tapissent l’intérieur de l’estomac : la muqueuse. Ces cancers sont appelés des adénocarcinomes. Les 10% restants constituent des cas de cancers plus rares pour lesquels la prise en charge diffère.

Quelles sont les causes du cancer de l’estomac ?

Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés pour le cancer de l’estomac. La (seule) bonne nouvelle : on peut agir sur plusieurs d’entre eux pour diminuer son niveau de risque !

– En premier lieu, l’infection à la bactérie Helicobacter pylori. Cette bactérie présente chez 20 à 50% de la population adulte française est à l’origine d’une inflammation chronique au niveau de l’estomac, cette même inflammation pouvant évoluer vers un cancer gastrique.

Attention, même si Helicobacter pylori serait responsable de 80% des cas de cancer de l’estomac, on estime que seulement 1% des personnes infectées développeront un cancer de l’estomac. Donc, on surveille, on en parle à son médecin (un traitement antibiotique existe pour enrayer cette infection) et on ne panique pas !

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– Ensuite les habitudes de vie. Le tabagisme, la surcharge pondérale (surpoids ou obésité), la consommation de boissons alcoolisées et une alimentation riche en sel et en aliments salés sont des facteurs identifiés comme augmentant le risque de développer un cancer gastrique. À l’inverse, la consommation régulière de fruits et légumes serait associée à un effet protecteur.

Face à ces constats, pas de nouveauté : on suit les recommandations de santé publique.
À savoir : avoir une alimentation équilibrée et diversifiée, pratiquer une activité physique régulière, prévenir le surpoids et l’obésité, limiter sa consommation de boissons alcoolisées et arrêter le tabac !

– L’histoire familiale entre aussi en jeu. Le risque de développer un cancer de l’estomac est plus élevé pour les proches (parents, frères, sœurs, enfants) d’une personne ayant eu elle-même un cancer gastrique. Ce serait le cas dans 10 à 15% des cancers de l’estomac. Et Helicobacter pylori n’est pas innocent dans tout ça… Là encore, parlez-en à votre médecin.

– La prédisposition génétique, c’est-à-dire la présence d’une mutation au niveau de l’ADN qui favoriserait le développement d’un cancer gastrique est aussi à envisager. Une étude génétique familiale peut alors s’avérer intéressante.

– Un antécédent de chirurgie gastrique (telle que la sleeve gastrectomie réalisée pour le traitement de l’obésité) augmente également le risque de cancer de l’estomac, à partir de 10-15 ans après l’opération.

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Les signes d’alerte

Malheureusement les symptômes associés au cancer gastrique sont assez peu spécifiques à la maladie. Mais si plusieurs symptômes sont observés conjointement, et comme toujours, en cas de doute, une consultation chez le médecin reste la meilleure des solutions !

On notera malgré tout quelques signes évocateurs :
– des douleurs au niveau de l’estomac ou plus globalement le haut du tube digestif,
– des nausées, des vomissements,
– une difficulté à avaler les aliments,
– une grande fatigue, une perte de poids, une perte d’appétit,
– des saignements gastro-intestinaux, une anémie.

En complément de l’interrogatoire médical et de l’auscultation réalisés par le médecin, une endoscopie est effectuée pour examiner l’état de la muqueuse, identifier de possibles lésions et réaliser des prélèvements de tissus si des tumeurs sont observées. L’analyse de ces tissus permettra de définir s’il s’agit de tumeurs bénignes ou malignes (cancéreuses).

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Les traitements

Comme dans tous les cas de cancer, le traitement est adapté à la situation du patient et à son cancer (localisation, étendue, tissus touchés…). Pour le cancer de l’estomac, 3 types de prise en charge sont possibles :
– La chirurgie, qui, selon les cas, visera à enlever la tumeur, une partie de l’estomac ou tout l’organe. Rassurez-vous, il est tout à fait possible de vivre sans estomac. Bon, on vous le concède, ceci nécessite quelques adaptations, notamment au niveau de l’alimentation mais c’est peut-être un moindre mal…
– La chimiothérapie,
– La radiothérapie.

Même sans un cas extrême d’ablation complète de l’estomac, le traitement du cancer de l’estomac entraîne quelques effets indésirables, plus ou moins importants selon les situations et les patients.

Il peut s’agir :
– des effets secondaires de la radiothérapie : fatigue, rougeur de la peau…
– des effets secondaires de la chimiothérapie : fatigue, nausées, vomissements…
– des effets secondaires de la chirurgie du fait de l’ablation de tout ou partie de l’estomac : malabsorption de nutriments et diarrhée, carence en vitamine B12, dumping syndrome (malaise général lié à l’arrivée rapide des aliments dans l’intestin grêle), hypoglycémie…

Tenez compte du conseil, valable pour tous les cancers, d’éviter la dénutrition. Auxquels peut s’ajouter une supplémentation vitaminique (B12) en cas de gastrectomie totale.
Dans tous les cas, un accompagnement et des conseils hygiéno-diététiques vous aideront à surmonter ces effets indésirables.

Sources

Institut national du cancer,
La Ligue contre le cancer,
Fondation ARC pour la recherche sur le cancer,
INRA,
Institut national du cancer.

Béatrice Février