Et si demain, les médecins nous prescrivaient un arrêt de travail pour dormir ? Car pour booster votre système immunitaire et lutter contre les infections, le sommeil a des vertus reconnues. Alors, peut être verrons-nous de nouvelles thérapies fleurir à base de bonnes nuits et de grandes siestes ! 

Quand mauvais sommeil et système immunitaire ne font pas bon ménage

Un sommeil de moindre qualité est associé à un risque d’infections plus important, et notamment des infections dues à des parasites et aux champignons. Une étude menée durant quatre ans sur presque 10 000 volontaires montre en effet que les personnes qui ont une qualité de sommeil moindre (plus de réveil nocturne ou quantité de sommeil insuffisante) prennent plus de médicaments, et notamment des anti-parasitaires et anti-fongiques. Néanmoins, il est suggéré que cela augmente également les infections virales et bactériennes. Donc si les bienfaits sont déjà largement connus pour lutter contre certaines pathologies, pour la mémorisation ou l’apprentissage chez l’enfant, ou bien même pour la réparation du système nerveux, l’étude souligne que le sommeil aide également à reconstituer son système immunitaire.

7 heures de sommeil pour optimiser ses défenses immunitaires

Dans un précédent article, des chercheurs avaient évoqué qu’il fallait dormir au moins 6 heures par nuit pour éviter les risques d’athérosclérose. Pour optimiser vos défenses naturelles et revigorer votre système immunitaire, il faudrait dormir idéalement 7 heures. En effet, des chercheurs ont comparé le sommeil de jumeaux, pour exclure les problèmes liés à la prédisposition génétique. Et là encore, le verdict est sans appel : pour une même paire de jumeaux, celui qui dort au moins 7 heures possède un système immunitaire qui fonctionne mieux. Par ailleurs, les petits dormeurs ont un risque d’inflammation plus élevé et une réponse immunitaire plus importante.
D’autres études vont dans le même sens : les petits dormeurs se faisant vacciner ont une réponse immunitaire moins adaptée que les plus gros dormeurs. De même, des études montrent qu’une nuit de moins de 6 heures multiplie par 4 le risque de tomber malade suite à une exposition virale.

Dormir moins de 6 heures par nuit augmente le risque d’athérosclérose

Les hormones impliquées dans la restructuration immunitaire nocturne

Il semblerait en réalité que le système immunitaire se restructure durant la nuit, et ce sous contrôle hormonal. La dopamine et la prolactine sont deux hormones jouant un rôle clé dans cette optimisation immunitaire. Par ailleurs, la production de médiateurs impliqués dans la réponse immunitaire suit un rythme circadien, c’est-à-dire un rythme lié à l’alternance jour/nuit. Par voie de conséquence, un manque de sommeil a un impact non seulement sur la quantité mais également sur la qualité des globules blancs.

Le sommeil : une habitude millénaire

De façon très intéressante, certains auteurs montrent que le sommeil est conservé chez presque toutes les espèces animales, et depuis des milliers d’années. Et pourtant, le sommeil augmente la vulnérabilité des animaux, puisqu’ils sont plus exposés aux prédateurs. Mais les auteurs suggèrent que si le sommeil a été conservé durant l’évolution animale, c’est que les organismes en tirent des bienfaits non négligeables et indispensables au bon fonctionnement de l’organisme.

Alors ne négligez pas votre sommeil ! On est pressé tout le temps, on se met des contraintes sur tout, et du coup, on se couche tard pour faire les choses que l’on n’a pas le temps de faire en journée. Sauf que vous vous abîmez à mettre votre sommeil entre parenthèses. Et ce, dès le plus jeune âge. Car si les adultes ne dorment pas assez, les enfants ne sont guère mieux lotis. D’où l’importance de se ré-organiser pour faire de vraies nuits !

Le sommeil, c’est sacré ! Notre cerveau en a conscience, nous un peu moins !

Sources

Inserm,
Science et vie,
Inserm,
Pourquoi Docteur,
– Frédérique Corre Montagu, Aider son enfant à bien dormir et à surmonter ses angoisses, Larousse éditions, 2018.

Raphaelle Santarelli