En plein boom du numérique, les professionnels de santé voient leurs fonctions évoluer et leurs méthodes de travail bouleversées. La santé connectée s’invite aujourd’hui dans les officines, comme le souligne Laëtitia Joret, pharmacienne du Calvados. Mais à qui s’adresse cette santé 2.0 ?

Quelle place pour les pharmacies dans la santé connectée ?

« C’est sûr, les pharmacies seront un vecteur de la santé connectée, assure Laëtitia Joret. Je suis déjà démarchée par un laboratoire pharmaceutique pour des produits connectés pour la prise en charge de l’hypertension ou du diabète notamment. » L’implication des pharmacies dans la santé connectée, ce peut être dans la mise en place d’appareils connectés ou dans l’accompagnement des patients pour leur utilisation. Si la santé connectée implique que le patient se prenne de plus en plus en charge tout seul pour son suivi, l’interlocuteur principal sera le pharmacien dont la disponibilité restera la même pour ses patients. L’accessibilité des pharmacies ainsi que leur temps d’accueil permettront aux patients un temps d’écoute et même d’analyse de leurs résultats.

Néanmoins, la patientèle de Laetitia n’est pas la cible de la santé connectée. Elle le voit bien : les patients ont en moyenne plus de la soixantaine, ils ne se sentent pas rassurés par ces objets connectés. Ils sont encore réticents à les utiliser et sont tranquillisés par des objets plus traditionnels dans la prise en charge de leur pathologie. Ces appareils connectés à des fins médicales sont plus destinés à la nouvelle génération à son sens.

Quel avenir pour les petites pharmacies ?

Une observation récente a lieu : le désert médical est suivi par le désert pharmaceutique. Le premier syndicat des pharmaciens le pressent : une pharmacie sur deux va mourir. En France, on compte 22 000 pharmacies, et en 2017 déjà 237 pharmacies ont fermé soit près de 1%. Dans son dernier rapport, la Cour des comptes souhaite même la suppression de 10 435 pharmacies ! Le maillage des pharmacies actuellement est extraordinaire pour couvrir le territoire français, et les patients peuvent encore se réjouir d’avoir une pharmacie de proximité. Mais Laetitia l’a déjà vécu : « à Orbec, il y avait 3 pharmacies il y a 10 ans, nous ne sommes plus que 2. Et l’avenir nous dira si finalement il n’en restera plus qu’une pour notre commune ». Les fermetures se feront forcément dans les campagnes, là où le désert médical existe déjà. Les pharmaciens se mobilisent d’ores et déjà pour éviter cette pénurie pharmaceutique.

Le pharmacien et ses missions de demain

raphaelle Santarelli

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