Si les aliments fermentés ont autant le vent en poupe, ce n’est pas pour rien, on leur prête en effet un grand nombre de vertus. Et les recherches se multiplient afin de démontrer leurs bienfaits : une équipe allemande a récemment découvert que les aliments fermentés déclenchent le système immunitaire. Explications.

Aliments fermentés, plus qu’un effet de mode ?

Choucroute, kéfir, kombucha, yaourt, kimchi… Pour la plupart inconnus du grand public il y a encore quelques années, la notoriété de ces aliments les précède aujourd’hui. Nous sommes de plus en plus nombreux à consommer chaque jour ces aliments et boissons issus de la fermentation, autrement dit transformés par des bactéries lactiques.

Et leurs bienfaits seraient multiples : activité anti-microbienne, amélioration de la digestibilité des aliments, production de vitamine B, anti-inflammatoires, anti-allergiques… les aliments fermentés sont en outre riches en substances dites prébiotiques. Et récemment, une équipe de chercheurs allemands a compris que les aliments fermentés ont un autre atout pour la santé.

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Les aliments fermentés déclenchent le système immunitaire

Nous savons depuis une quizaine d’années que nous possédons des récepteurs à la surface de nos cellules immunitaires, notamment le récepteur d’acide hydroxycarboxylique (HCA), qui sont propres à l’Homme et aux grands singes. Mais jusqu’alors, nous en ignorions l’utilité, ainsi qu’en témoigne Claudia Staübert, coordinatrice de l’étude : « nous avions remarqué un récepteur présent uniquement sur les cellules immunitaires humaines humaines et celles des grands singes, mais pas chez les autres primates […]. Intrigués, nous avons cherché sa fonction […]. »

Et l’équipe allemande a finalement compris que ces récepteurs réagissent « très fortement »  à la présence d’un métabolite produit par les bactéries lactiques : l’acide D-phényllactique (DPLA). Ils ont pu le vérifier grâce à des prélèvements de l’échantillon sanguin de personnes ayant mangé de la choucroute. En effet, cet aliment s’est avéré suffisant pour activer et attirer nos cellules immunitaires jusqu’à la source de ce produit bactérien.On retrouve notamment et en grande quantité le DPLA dans la choucroute, le yaourt ou même dans le levain du pain. Bon à avoir : le DPLA est aussi produit par notre microbiote intestinal.

Si l’effet exact sur l’organisme du DPLA est actuellement à l’étude, l’équipe de recherche pense qu’il réduit l’inflammation et active le métabolisme.

Nos ancêtres consommaient déjà des aliments fermentés

L’équipe de recherche a en outre également veillé à comprendre la raison de l’apparition de ce récepteur. Tout aurait commencé lorsque les ancêtres des grands singes sont descendus des arbres pour se nourrir au sol, où ils ont consommé des fruits tombés des arbres qui avaient déjà initié leur processus de fermentation sans être pour autant dangereux.

En mangeant ces fruits, nos ancêtres auraient favorisé le développement dudit récepteur, le système immunitaire pouvant dès lors se protéger des bactéries étrangères. Claudia Staübert estime qu’il est « fort probable » que ce récepteur « ait permis à nos ancêtres de diversifier leur alimentation au moment de l’évolution où ils sont descendus des arbres », et d’ajouter « à cette époque en effet, les fruits frais étaient moins abondants et il devenait avantageux de pouvoir digérer ceux qui commençaient à pourrir au sol ».

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Sources

PLOS Genetics,
Sciences et vie,
Société Radio-Canada.

jonathan Epaillard

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