La recherche tend à mettre en lumière ce que nous redoutons tous : les produits sucrés augmenteraient la mortalité sur le long terme. LQDP vous explique, ne bougez pas (et posez immédiatement ce soda) !

Une consommation excessive de boissons sucrées responsable d’une hausse de la mortalité, vraiment ?

Si le sucre est diabolisé depuis maintenant quelques années, il semblerait que ce soit légitime. Si nous savions déjà que la consommation de sucre a un impact sur l’obésité, le diabète ou les maladies cardiovasculaires, nous ne savions pas que le sucre, et plus particulièrement les boissons sucrées, exposaient à un risque accru de mortalité.

Une étude a été réalisée auprès de 30 183 américains de plus de 45 ans (issus de la cohorte Regards) afin de suivre leur consommation de sucre ajouté. Pour ce faire, ils ont pris en compte la quantité de boissons sucrées consommée ainsi que leur diversité (soda, boissons aux fruits). Ladite étude a exclu toute personne ayant des antécédents d’AVC, de maladie cardiovasculaire ou de diabète de type 2.  Les résultats de l’étude soulignent que le risque de décès, toutes causes confondues, est plus élevé chez les gros consommateurs de sucre (HR : 1,2 ; IC 95% 0,99 -1,52), tout en tenant compte de la multitude de variables (âge, IMC, activité physique, alcool…).

Est-ce valable uniquement pour les boissons riches en sucre ?

Julien Hernandez souligne à juste titre, pour La Nutrition, que la majorité des études menées sur le sucre se limitent aux boissons sucrées. Or, une équipe de recherche suédoise a souhaité y remédier en examinant l’association entre les sucres dits libres (sucres ajoutés aux aliments et aux boissons + sucres naturellement présents dans le miel, les jus de fruits et concentrés de jus de fruits) et d’autres types d’apports sucrés. L’équipe de recherche a ainsi analysé les données de deux cohortes :
The Malmo Diet and Cancer Study, menée auprès de 24 272 patients depuis plus de 30 ans,
The Northern Sweden Health and Disease Study, qui suit 24 475 participants depuis déjà 33 ans.

En croisant les données de ces études, l’équipe du Dr Stina Ramne a noté une augmentation du risque de mortalité de 30% en cas de consommation élevée en sucres toutes sources confondues – soit plus de 20% de l’apport énergétique quotidien. D’ailleurs, le risque de mortalité est le moins élevé chez ceux qui consomment entre 7,5 et 10 % de sucres ajoutés par jour, conformément aux recommandations de l’OMS.

Sucres et microbiote intestinal : une catastrophe annoncée

Fait déconcertant, les plus faibles consommateurs de sucre (moins de 5% par jour) ont également un risque de mortalité plus élevé. Or, les petits et grands consommateurs ont en commun un goût prononcé pour les boissons sucrées. L’étude souligne d’ailleurs que la mortalité est seulement mais directement corrélée à la consommation de boissons sucrées, peu importe la quantité.

Reste encore à savoir que 41% des Français consommeraient plus de sucres libres que les recommandations de l’OMS. Aussi est-il légitime de vous inviter à limiter les boissons sucrées et autres petits plaisirs autant que faire se peut.

Pour rappel, il s’agit là d’une étude dite d’observation, dont on ne peut tirer aucun lien de causalité évident. Néanmoins, les essais cliniques se multiplient et ne nous promettent pas de bonnes nouvelles…

Sugarland, l’Enfer du Sucre

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources

– Stina Ramne et al., « Association between added sugar intake and mortality is nonlinear and dependent on sugar source in 2 Swedish population–based prospective cohorts », The American Journal of Clinical Nutrition, décembre 2018,
– Lindsay Collin et al., « Sugar-Sweetened Beverage and Food Intake and Mortality Risk Among U.S. Adults« , Circulation, juin 2018,
INRA,
La Nutrition,
Pourquoi Docteur.

Jonathan Epaillard

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