Voilà des années que les acides gras saturés sont pointés du doigt pour leurs effets néfastes sur la santé, et plus particulièrement la santé cardiovasculaire. Pourtant, cette incrimination serait injustifiée. Décryptage.

Les acides gras saturés, de quoi parle-t-on ?

Les acides gras sont les constituants permanents des lipides, des chaînes avec 4 à 22 atomes de carbone. On dit qu’ils sont saturés quand ils ne comportent aucune double liaison.

Pour bien comprendre les lipides et les acides gras :

Tout savoir sur les lipides

Les acides gras saturés sont surtout présents dans les graisses animales (lait, beurre, fromage, viande…) ou dans des huiles comme l’huile de palme ou de coco. Mais, depuis l’industrialisation de masse, on en retrouve aussi dans les aliments ultra-transformés.

Les acides gras saturés mauvais pour la santé cardio-vasculaire ?

Depuis les années 70 et l’étude de Framingham, les chercheurs clament haut et fort que les acides gras saturés (AGS) sont nocifs pour l’homme, notamment en raison de leur impact sur la santé cardiovasculaire. Les AGS auraient tendance à accroître le LDL cholestérol (le mauvais cholestérol) dans le sang. Puis une succession de séries métaboliques provoquant des dépôts dans les artères empêcheraient le sang de bien circuler. Ladite étude soulignait en outre la corrélation entre l’incidence des maladies coronariennes et la concentration en cholestérol total, cette dernière étant liée à la part des AGS représentés dans l’apport énergétique total.

Cette étude a fait du bruit, les professionnels de santé l’ont entendue et insistent depuis sur la nécessité de limiter les AGS. Cette pensée est rentrée dans les normes. Depuis, l’American Heart Association et la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC (Canada) recommandent de limiter l’apport en AGS à moins de 7% de l’énergie totale.

Quand le mythe s’effondre

Les études se sont multiplié ces dix dernières années afin de vérifier les conséquences des AGS sur la santé cardio-vasculaire. Une méta-analyse datant de 2009 a regroupé 280 000 participants. Les résultats n’ont démontré aucun lien significatif entre les AGS et la santé cardiovasculaire. Un ans plus tard une deuxième méta-analyse, regroupant 347 747 personnes, en est arrivée à des conclusions similaires. Et en 2012, la méta-analyse du groupe Cochrane ne parvenait à fournir aucune preuve d’une hausse de la mortalité globale ou de la mortalité liée aux maladies cardio-vasculaires liée aux AGS.

Le cardiologue Aseem Malhotra s’est d’ailleurs insurgé sur cette diabolisation des AGS sans réelle preuve dans le British Medical Journal. Il souligne en outre que la réduction des AGS liée aux multiples recommandations nutritionnelles a surtout entraîné une dégradation du goût des aliments compensée par une augmentation des apports en glucides et en sucres. Le cardiologue rappelle d’ailleurs qu’une consommation excessive de sucre augmente le risque de syndrome métabolique, ce dernier touchant plus de deux tiers des patients hospitalisés pour un infarctus aigu du myocarde.

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Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources

British Medical Journal,
Cerin,
Centre de la référence sur la nutrition de lUniversité de Montréal.

LQDP