Le dernier rapport sur la nutrition mondiale est formel : la malnutrition, aucun pays n’y échappe. Un fléau dont on parle peu, qui concerne pourtant les pays pauvres et les pays développés. Elle tuerait davantage que le tabac ou la pollution. Décryptage.

États de la malnutrition

Selon l’OMS, le terme malnutrition comprend :
la dénutrition, comprenant le retard de croissance, l’émaciation, l’insuffisance pondérale ainsi que les carences ou les déficiences en micronutriments (vitamines et minéraux essentiels).
Le surpoids, l’obésité et les maladies liées à l’alimentation, comme le diabète, l’AVC ou encore le cancer.

La malnutrition n’épargne personne, riches ou pauvres, jeunes ou plus âgés. Jessica Fanzo, chercheur à l’université Johns Hopkins et principale auteur de ce rapport souligne d’ailleurs que la malnutrition « constitue un des premiers facteurs de risque de maladie et de mort, pesant plus lourd que la pollution de l’air ou le tabagisme ».

Surpoids et obésité : quelles différences ?

La malnutrition, un combat déjà engagé…

L’OMS a défini 6 cibles à atteindre d’ici 2025 afin d’améliorer la malnutrition, cibles approuvées par les États Membres. D’ici sept ans, les pays membres devront :
1 – abaisser l’anémie chez 50% des femmes en âge de procréer,
2 – diminuer le retard de croissance de 40 % des enfants de moins de 5 ans,
3 – limiter l’insuffisance pondérale de 30% à la naissance,
4 – parvenir à diminuer l’émaciation chez l’enfant à 5%,
5 – contrôler le surpoids, l’OMS donne pour objectif qu’il n’y ait pas d’augmentation du pourcentage d’enfants en surpoids,
6 – porter le taux d’allaitement exclusif au sein lors des six premiers mois du nouveau-né à au moins 50%.

…Mais loin d’être gagné

Si entre 2012 et 2017 le nombre d’enfants de moins de 5 ans ayant un retard de croissance est passé de 165.2 millions à 150.8 millions, cela ne représente qu’une baisse de 8%, bien loin des 40% requis pour 2025. Quant à l’émaciation (le rapport poids/taille), elle a diminué de 0.4 point (de 7.9% à 7.5%), encore assez éloigné de l’objectif de 5% pour 2025. A contrario, la proportion d’enfants en surpoids augmente de 0.2 point entre 2012 et 2017, touchant 38.3 millions d’enfants. Plus d’un quart des jeunes enfants en surpoids (26.6%) sont en Asie du sud-est. Quant aux adultes en surpoids ou obèses, la prévalence ne cesse d’augmenter.

Les auteurs de l’étude confessent que la situation est « inacceptable » et que la malnutrition est loin de faire partie de notre passé : « sur toute la planète, le fléau de la malnutrition reste élevé et les progrès sont lents ».

Sur les 6 objectifs définis par l’OMS, l’étude souligne que seulement 94 pays devraient parvenir à atteindre un seul desdits objectifs et que 88% des pays connaissent plus d’une forme de malnutrition. À ce jour aucun pays n’est parvenu à faire en sorte que l’obésité et le surpoids n’augmentent pas.

Faut-il revoir en profondeur notre régime alimentaire ?

Des résultats si peu encourageants nous invitent à penser que notre régime alimentaire serait en cause. Une pensée corroborée par les auteurs qui estiment que « la population se nourrit mal », peu importe le pays et l’âge. Nous consommons trop de céréales raffinées, de boissons ou d’aliments sucrés contre trop peu de fruits, de légumes et de légumineuses. Il est donc nécessaire « d’accorder de toute urgence une attention particulière à l’amélioration des régimes alimentaires ».

À l’échelle française, les auteurs de l’étude considèrent que la situation est « stagnante » voire « détériorée » concernant plusieurs facteurs comme l’obésité chez l’adulte ou l’anémie chez la femme an âge de se reproduire.

Pourquoi la France compte encore 2 millions de personnes souffrant de dénutrition ?

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources

2018 Global Nutrition Report,
Organisation Mondiale de la Santé,
Le Figaro Santé.

LQDP