Exhausteur de goûts, nitrates, E152, E950, colorants, mono-et diglycérides d’acides gras, lecithines, E1451, E 472b, dioxyde de silicium, acide sorbique, E417, sucralose, jaune de quinoléine… Bienvenue dans le monde obscur des additifs alimentaires !

Les additifs alimentaires, qu’est-ce que c’est ?

D’après la réglementation européenne, les additifs alimentaires sont des substances ajoutées volontairement dans les produits alimentaires dans un but technologique tel que colorer les aliments, conférer une texture particulière, améliorer la conservation, … En-dehors de cela, ils n’ont pas d’intérêt nutritionnel (ils ne sont pas ajoutés dans le but d’améliorer la qualité nutritionnelle du produit).

Il existe 26 catégories d’additifs alimentaires, parmi lesquelles :

– Les édulcorants, qui servent à donner une saveur sucrée ;
– Les colorants, utilisés pour colorer un aliment ou renforcer une coloration déjà existante ;
– Les conservateurs, qui aident à prolonger la durée de conservation des produits alimentaires par exemple en limitant le développement de micro-organismes ;
– Les antioxydants, qui empêchent l’altération due à l’oxygène de l’air ambiant et qui peut se traduire par le rancissement d’une matière grasse, le brunissement des fruits et légumes coupés, etc. ;
– Les acidifiants, qui vont augmenter l’acidité ou la saveur acide d’un aliment ;
– Les anti-agglomérants, utilisés pour limiter l’agglomération des particules et donc la formation de blocs ou de grumeaux ;
– Les émulsifiants utilisés pour mélanger et maintenir stable un mélange de substances qui ne sont pas dispersibles l’une dans l’autre (par exemple l’huile et l’eau) ;
– Les exhausteurs de goût, qui aident à renforcer le goût et/ou l’odeur d’un aliment ;
– Les stabilisants, qui vont permettre de maintenir l’état physico-chimiques des produits alimentaires (par exemple, retarder la fonte des crèmes glacées, maintenir le moelleux des gâteaux, …).

Pour aller plus loin :

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Comment reconnaître les additifs alimentaires ?

Les additifs ne sont pas des ingrédients en tant que tels mais ils doivent être mentionnés dans la liste des ingrédients présente sur l’emballage des produits alimentaires. Deux informations doivent être indiquées :
La catégorie à laquelle appartient l’additif (édulcorant, antioxydant, exhausteur de goût, …)
Le nom de l’additif ou son numéro E.

Ce numéro E correspond à un code européen qui permet d’identifier les additifs alimentaires. Dans ce code, la lettre E est suivie de 3 à 4 chiffres compris entre 100 et 1521. Pour autant il n’existe pas 1420 additifs mais 334 autorisés en Europe.

Peut-on avoir confiance ?

Les additifs alimentaires ne peuvent être introduits dans les produits alimentaires que s’ils en ont reçu l’autorisation au niveau européen. Pour tout nouvel additif ou lorsque des données nouvelles sont disponibles, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) réalise une évaluation du composé et rédige un rapport avec ses conclusions. La Commission Européenne s’appuie ensuite sur ce rapport pour autoriser ou non l’utilisation du composé comme additif dans l’alimentation humaine. La décision de la Commission Européenne prend notamment en compte 3 éléments :
1 – le composé ne doit pas poser de problème de sécurité pour la santé du consommateur aux doses établies, sur la base des données scientifiques disponibles au moment de l’évaluation,
2 – l’effet technologique est démontré et ne peut être obtenu par un autre moyen,
3 – l’emploi du composé en tant qu’additif n’induit pas le consommateur en erreur.

Lorsqu’un composé est autorisé comme additif alimentaire, son autorisation porte à la fois sur le composé en lui-même, les aliments dans lesquels il peut être incorporé, et la dose maximale à laquelle il peut être ajouté. On est ici dans le cadre d’une liste positive : seuls les additifs alimentaires présents sur la liste sont autorisés, les autres sont par défaut interdits.

Une pincée d’additifs dans mon assiette sans le savoir ? C’est vrai ou faux ?

Prudence reste de mise

Ce système d’évaluation n’empêche pas les doutes émis sur la sécurité d’emploi des additifs. Les publications régulières de nouvelles données scientifiques viennent constamment remettre en question les connaissances existantes sur tel ou tel composé. Dans ce cas, l’additif X est-il sûr pour la santé ? Pourquoi l’additif Y est-il autorisé alors que des études le disent nocif ? Il faut alors garder en tête deux éléments :
La publication d’une étude scientifique démontrant tel ou tel effet d’un additif, ou plus largement d’un composé, sur la santé ne peut être suffisante à elle seule pour conclure sur la sécurité ou la nocivité dudit composé. L’évaluation de la sécurité ne peut se faire que sur l’ensemble des données disponibles, en confrontant les résultats et les conditions d’expérimentation.
La procédure d’évaluation et d’autorisation est un processus long, qui conduit généralement à un décalage entre les données scientifiques disponibles (plus avancées) et la décision réglementaire. Pour cette raison, des réévaluations régulières sont réalisées afin d’actualiser les conclusions, et si besoin la réglementation, en prenant en compte les dernières données disponibles.

Pour permettre de se faire un avis sur le sujet, l’UFC Que Choisir a établi et mis en ligne une grille d’appréciation des additifs alimentaires sur la base des avis EFSA et des données scientifiques actuellement disponibles.

Dans la pratique, sachez que la présence d’additifs dans les produits alimentaires révèle généralement un haut niveau de transformation du produit. Et vous savez maintenant que les Aliments Ultra Transformés ne sont pas vos meilleurs amis…

Tout savoir (pour les éviter !) sur les aliments ultra-transformés (AUT)

Sources :

– Economie.gouv.fr, « Colorants, édulcorants, conservateurs… : tout savoir sur les additifs alimentaires »,
 Règlement (CE) No 1333/2008 du Parlement Européen et du Conseil du 16 décembre 2008 sur les additifs alimentaires,
Règlement (UE) No 1169/2011 du Parlement Européen et du Conseil du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires
– Anses, « Le point sur les additifs alimentaires ».

Béatrice Février, diététicienne WeCook