Taxer le sucre et interdire les pubs de produits gras : ça vous incite vraiment à manger équilibré ?

Un rapport d’experts vient d’émettre une liste de recommandations afin d’encourager l’équilibre alimentaire. Taxes, fin des publicités, on vous explique tout !

Les limites de notre politique nutritionnelle actuelle

Nous connaissons tous les slogans créés par le Programme National Nutrition Santé (PNNS), diffusés en masse depuis plus d’une dizaine d’années. « Cinq fruits et légumes par jour » ou bien « manger bouger » sont les recommandations auxquelles nous sommes habitués.

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Mais des experts sollicités par le ministère de la Santé reconnaissent que les limites ont été atteintes. Dans un rapport de novembre 2017, ces professionnels recommandent de passer à un cran supérieur grâce à des mesures concrètes ayant pour dessein d’orienter les choix des consommateurs.

Le Pr Serge Hercberg, professeur de nutrition à l’université Paris 13, président du PNNS et coauteur du rapport au sein du Haut Conseil à la Santé Publique (HCSP), concède que durant des années, « la politique nutritionnelle a visé à informer l’individu », mais que les effets sont très largement limités si « l’environnement dans lequel il vit le pousse vers les mauvais choix ». Le rapport relève par exemple que la nourriture la moins chère est également la moins équilibrée.


Une nouvelle politique nutritionnelle

Un réel « changement d’orientation » est préconisé par les experts du HCSP grâce notamment à un bouleversement de l’environnement du consommateur afin que ce dernier améliore naturellement ses habitudes. Pour les déplacements du quotidien par exemple, le HCSP recommande de favoriser les mouvements dits « actifs », en suggérant aux entreprises qu’elles dédommagent les salariés utilisant leur vélo.

Les 5 grandes recommandations du HCSP pour notre assiette

1 – Attribuer des bons alimentaires sur critères sociaux pour l’achat de fruits et légumes frais, surgelés ou encore en conserve.
2 – Interdire la publicité et les offres promotionnelles type « deux pour le prix d’un » concernant les produits les moins bons pour la santé comme les sucreries ou les sodas.
3 – Taxer ces produits.
4 – Instaurer des quotas de produits sains dans les distributeurs de snacks et boissons.
5 – Installer des fontaines à eau gratuites à côté desdits distributeurs.

Une taxe à l’encontre des produits très gras et très sucrés

 

Pour ces mesures, le HCSP a choisi de s’appuyer sur la note nutritionnelle accordée à un produit alimentaire, le Nutriscore. La note A – en vert – correspondrait aux aliments les plus sains tandis que la note E – en rouge – informerait le consommateur de la nécessité de limiter ou éviter ces produits. Ainsi, la taxe nutritionnelle et l’interdiction de publicité concerneraient uniquement les produits notés D et E.

Néanmoins, cette taxe serait amoindrie si les producteurs s’engageaient à améliorer le Nutriscore, donc à revoir la composition des produits trop gras, ou trop sucrés.

La nécessite d’une intervention étatique croissante ?

Les efforts de la part des industriels sont certes encore faibles, mais doivent être soulignés. En effet, le rapport du HSCP constate que depuis 2008, des baisses de 5 à 25 % ont été observées sur les teneurs en sel, sucres ajoutés ou lipides des produits des entreprises ayant signé les chartes d’engagements volontaires avec le PNNS.

Mais le Pr Serge Hercberg estime que c’est à l’état d’intervenir, étant donné l’ampleur des coûts inhérents aux maladies liées à une mauvaise alimentation et à une faible activité physique comme l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires ou encore les cancers. Le professeur rappelle, à titre d’exemple, que 30 % des cancers pourraient être évités en suivant les recommandations nutritionnelles.

Sources

– http://www.mangerbouger.fr/PNNS
– https://www.santepubliquefrance.fr/Sante-publique-France/Nutri-Score
– http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=633
– http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_Hercberg_15_11_2013.pdf

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