Le régime sans gluten a le vent en poupe ! En France, pas moins de 5 millions de personnes suivraient ce régime, soit environ 8% de la population. Si certaines pathologies imposent ce type de régime (maladie cœliaque par exemple), d’autres adoptent ce régime pour des bienfaits intestinaux retrouvés. Une récente étude suggère que ce n’est pas l’absence du gluten qui explique ces bienfaits, mais plutôt l’augmentation de la consommation de fibres.

Une amélioration du bien-être intestinal liée aux fibres et non au gluten ?

L’étude a été réalisée sur le schéma suivant :
• Le premier groupe a suivi un régime pauvre en gluten (2 g de gluten/jour) sur 2 mois. Après cette période, les personnes ont suivi un régime de transition avec des apports « normaux » en gluten (12 g de gluten/jour). Enfin, ils ont suivi un régime riche en gluten sur 2 mois (18 g de gluten/jour)
• Le deuxième groupe a suivi le même protocole en commençant cette fois par la diète riche en gluten et en finissant par celle pauvre en gluten.

Tout d’abord, bonne nouvelle : ce régime est associé à une légère perte de poids de 0,8 ± 0,3 kg ! Minime certes, mais quand même ! Cette perte de poids serait liée à une thermogenèse accrue (production de chaleur par l’organisme, ce qui élève légèrement la dépense énergétique de l’organisme).
De même le régime pauvre en gluten limite les ballonnements et les inconforts digestifs. Par ailleurs, on constate une légère diminution de la réponse immunitaire inflammatoire, sans qu’on en connaisse les conséquences sur la santé.

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Le régime pauvre en gluten bénéfique au microbiote intestinal

Le microbiote intestinal est également modifié, ce qui est suggéré par une augmentation des taux de dégradation du lignane. Par exemple, la réduction des espèces du genre bifidobactérium s’explique par la diminution de la consommation du blé. Ces changements montrent donc l’impact qualitatif de la consommation des fibres sur le microbiote intestinal. L’absence du gluten n’est pas forcément le facteur principal expliquant ces changements, mais la modification de la consommation de fibres si.

Une altération de la fonction intestinale a aussi été observée, notamment une diminution de la dégradation de certains glucides, sans impact sur la glycémie. Des modifications physiologiques ont été constatées. Outre la perte de poids, on observe une augmentation du peptide YY, jouant un rôle dans la satiété.

On observe de plus une augmentation de composés jouant un rôle dans la dégradation des graisses, modifiant ainsi le métabolisme. On observe également des modifications dans le métabolisme urinaire et fécal.

Moins de gluten pour plus de fibres

Le régime pauvre en gluten a également un impact dans la fermentation microbienne : ce régime est associé à une augmentation de la consommation de dérivés en galactose, en rhamnose, en mannose et en acide galacturonique (fibres qu’on retrouve dans les légumes, baies, céréales autres que le blé, légumes secs) et des taux plus faibles d’arabinose et de xylose (fibres associées au blé et seigle) par rapport à un régime riche en gluten. Globalement, ce régime pauvre en gluten est associé à une augmentation de la consommation de ces fibres.

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Les perspectives d’application

Si ces résultats s’avèrent vérifiés par des études ultérieures, ils permettront d’améliorer la qualité de vie des personnes intolérantes au gluten. Et ce, en identifiant de nouveaux prébiotiques contenant les fibres citées ci-dessus (dérivé de galactose, de mannose, etc…) afin de stimuler le microbiote intestinal.
Par ailleurs, cette étude montre que le régime sans gluten peut tout à fait être adopté et adapté pour des sujets bien portants. Ils en retireront des bénéfices. D’ailleurs, cette étude ne montre pas d’effet néfaste pour la santé. Et l’étude suggère qu’il n’est pas indispensable de supprimer tout le gluten de son alimentation : un apport faible permet déjà d’observer des effets bénéfiques.

Sources

Journal International de Médecine,
– Hansen et al., « A low-gluten diet induces changes in the intestinal microbiome of healthy Danish adults. », Nature communications, 2018, 9 (1),
Because Gus,
Lanutrition.fr.

Raphaelle Santarelli, diététicienne WeCook

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