Le régime Seignalet, vous connaissez ? Il s’agit d’un régime alimentaire dans lequel nous excluons certains aliments. L’objectif est de limiter l’apport d’aliments qui favoriseraient le risque de maladies inflammatoires chroniques. Toujours dans l’air du temps, de nombreux autres régimes s’inspirent de ce régime pour limiter l’apport de certains aliments dits pro-inflammatoires. Alors, qu’en est il des régimes anti-inflammatoires ?

L’inflammation chronique : un mal sournois et indolore

L’inflammation chronique est une inflammation qui fait suite à une inflammation dite « aiguë ». Elle est aussi appelée inflammation silencieuse ou de bas grade. L’inflammation aiguë est une réaction normale de l’organisme, pour se défendre contre des corps étrangers. Mais quand cette inflammation persiste, elle devient chronique. Et c’est là le hic : bien que le corps se défende, il n’est pas sans mal pour l’organisme. C’est comme une défense naturelle à double tranchant. Car cette inflammation persistante peut durer plusieurs jours, voire semaines, années, et même toute la vie. Et elle n’est pas sans conséquence.

En réalité, l’inflammation chronique correspond à un échec de l’inflammation aiguë. Cette inflammation peut toucher des articulations ou des vaisseaux, ou même des tissus. Et les séquelles qu’elle laissera détermineront la gravité de la maladie inflammatoire chronique associée (arthrose, cancer, eczéma, diabète, Parkinson, Alzheimer…). Et c’est comme si on avait un bruit de fond dans l’organisme, correspondant à une émission d’agent pro-inflammatoire continue liée à cette inflammation chronique. Un bruit parasitaire qui abîme notre organisme petit à petit.
On ne connaît pas exactement tous les mécanismes mis en jeu pour passer de l’inflammation aiguë à l’inflammation chronique. Plusieurs hypothèses sont avancées :
– Soit l’agent pathogène persiste dans l’organisme du fait d’une résistance importante face aux cellules immunitaires ;
– Soit le mécanisme de défense de l’organisme est défaillant.

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L’alimentation anti-inflammatoire à la rescousse des personnes inflammées

Tout le monde est concerné par l’inflammation. Le stress, la sédentarité et le manque de sommeil ne peuvent qu’augmenter ce risque inflammatoire. Une mauvaise alimentation également favorise une inflammation de l’organisme. A l’inverse, de bonnes habitudes alimentaires pourraient freiner le processus d’inflammation car certains aliments contiennent naturellement des éléments anti-inflammatoires. Et depuis quelques années, des études montrent que les aliments jouent un rôle dans l’inflammation, avec des aliments dits pro-inflammatoires (qui favorisent l’inflammation) et des aliments dits anti-inflammatoires (qui limitent l’inflammation).

Les aliments pro-inflammatoires :

Pas de surprise néanmoins : les aliments pro-inflammatoires sont les aliments qui de toute façon doivent se consommer avec modération :
– Les sucreries ;
– Les aliments ultra-transformés (avec notamment la présence d’acides gras trans) ;
– Les plats préparés ;
– Les desserts ;
– L’alcool ;
– Les graisses saturées (viandes et charcuteries, beurre, fromage)
– Les aliments raffinés, dépourvus de sels minéraux et de fibres ;

Les aliments anti-inflammatoires :

Pas de réelle surprise non plus :

– Les fruits ;
– Les légumes ;
– Les épices, dotées d’une richesse en polyphénols qui seraient anti-inflammatoires ;
– Les graines oléagineuses ;
– Les acides gras poly-insaturés, avec notamment les aliments riches en oméga-3 (et plus particulièrement, avoir un bon ratio dans notre alimentation entre notre apport en oméga-6 et oméga-3)
– Les aliments riches en vitamine D : beurre, œuf, huile, poisson gras

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Certains médecins déplorent un peu cette idée d’aliments pro et anti-inflammatoires. Car en soit, une alimentation variée, équilibrée et diversifiée pourrait suffire à limiter le risque d’inflammation. Enfin, selon le docteur Serfaty-Lacrosnière, nutritionniste, d’autres facteurs peuvent jouer sur le processus inflammatoire. Une activité physique régulière aide à limiter le risque inflammatoire, car les cellules musculaires fabriquent des médiateurs anti-inflammatoires.
Le sommeil aide également à lutter contre l’inflammation : un sommeil de mauvaise qualité active en effet la production de médiateurs de l’inflammation. Et enfin, limiter le stress réduit l’exposition à l’inflammation.

Mais attention aux régimes excessifs

Le terme inflammation fait peur. Mais il ne faudrait pas que cette peur nous fasse manger tout et n’importe quoi, et n’importe comment ! Les médecins proposent de faire preuve de bon sens si l’on veut adopter un régime anti-inflammatoire. Et surtout d’avoir en tête que :
– Non un régime anti-inflammatoire ne vous guérira pas, mais atténuera ou soulagera vos douleurs liées à l’inflammation
– Exclure ou modifier ses habitudes alimentaires ne doit pas se faire sans avoir demandé d’aide auprès de professionnels de santé. Car l’exclusion de certains aliments peut apporter des carences alimentaires.

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Sources

Faculté de médecine de Toulouse,
Allodocteurs,
L’Express,
Le Temps.

Raphaelle Santarelli, diététicienne WeCook

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